Santé

Les restes pourrissants de l'EIIS jonchent les rues de Mossoul

Par Alaa Hussain à Bagdad

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Sur cette photo publiée en ligne le 6 janvier, des membres de la défense civile irakienne mènent une opération de sauvetage à Mossoul. [Photo tirée de la page Facebook de la défense civile irakienne]

Des dizaines de cadavres de « l'Etat islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) n'ont toujours pas été enterrés dans l'ouest de Mossoul, créant un risque sanitaire et empêchant les habitants de revenir chez eux et de reprendre une vie normale.

Des centaines de combattants de l'EIIS ont été tués par les forces irakiennes lors de leurs combats pour reprendre la ville en juin, et de nombreux cadavres sont encore cachés sous les décombres ou à découvert sur les rives du Tigre, ont rapporté à Diyaruna des responsables de la santé et du gouvernement local de Ninive.

« Il est tout à fait possible que ces cadavres répandent de nombreuses maladies graves lors de leur décomposition », a expliqué Salah al-Tai, directeur du service de santé de Ninive.

Jusqu'ici, la situation sanitaire à Mossoul est sous contrôle, a-t-il rapporté, mais les mauvaises odeurs émanant de ces corps ont repoussé les habitants qui souhaitaient revenir et les ont empêchés de lancer des actions de reconstruction.

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Des membres de la défense civile irakienne extraient des corps des débris dans la ville de Mossoul. [Photo tirée de la page Facebook de la défense civile irakienne]

Retrait des cadavres

Des équipes de la défense civile chargées de retirer les corps des civils des décombres ont officiellement terminé leur tâche le 10 janvier, a rapporté l'AFP le 21 janvier.

Mais il relève de la responsabilité du conseil municipal de retirer les corps des combattants de l'EIIS, certains portant encore des explosifs non déclenchés.

« Nous avons déjà retiré 450 corps des débris, mais il en reste encore des centaines », a fait savoir à l'AFP Abdel Sattar al-Habbu, chef des services municipaux.

Le service de santé a développé un plan pour enlever les corps et a commencé à le faire, enterrant des centaines d'entre eux dans des cimetières en dehors de Mossoul, a rapporté al-Tai à Diyaruna.

Mais ce processus présente « d'énormes défis », a-t-il déploré.

« Il est impossible d'atteindre beaucoup des corps sous les décombres, et nous avons besoin d'équipement lourd, d'efforts laborieux et de financement dont le service de santé ne dispose pas actuellement », a-t-il indiqué.

Le service de santé a demandé de l'aide au service de la municipalité de la province et au gouvernement local afin d'acquérir l'équipement et les ressources financières nécessaires pour mener à bien cette tâche le plus rapidement possible, a-t-il indiqué.

Le service municipal a déplacé au moins 400 corps de l'ouest de Mossoul vers des cimetières en dehors de la ville, a expliqué à Diyaruna Hossam al-Abbar, membre du conseil provincial.

Mais le service « ne peut pas continuer à travailler dans d'autres zones plus difficiles et a besoin d'équipement lourd qui manque au service à l'heure actuelle », a-t-il ajouté, appelant à un soutien du gouvernement fédéral.

Inquiétudes sur l'empoisonnement de l'eau

Al-Abbar a fait part de ses craintes que les cadavres, surtout ceux qui jonchent les rives du Tigre, puissent contaminer la source d'eau potable de la ville.

« Le danger est que de nombreux cadavres sont actuellement dispersés près des [stations d'épuration] de Dandan et de Ghazlani », a-t-il expliqué.

Elles approvisionnent toute la ville de Mossoul, a-t-il fait savoir, expliquant que si les corps restent là pendant les pluies, ils poseront un réel danger sanitaire.

D'autres menaces pour la situation environnementale et sanitaire de la ville sont les engins explosifs improvisés (EEI), les restes qui n'ont pas explosé, les déchets médicaux et les appareils radioactifs qui se trouvent encore sous les ruines des hôpitaux, a-t-il poursuivi.

La province dispose de peu de ressources pour faire face à la situation générale, a-t-il déploré, appelant Bagdad à renforcer son soutien pour la période à venir.

« Les équipes de la défense civile jouent un rôle important dans le retrait des cadavres de l'ouest de Mossoul, mais elles doivent relever les défis de l'étroitesse des rues qui interdit l'accès à beaucoup de leurs véhicules », a indiqué Rabih Ibrahim, agent de sauvetage du service de la défense civile de Mossoul.

Des équipes de la défense civile travaillent également à retirer tous les restes de la guerre et les EEI, et à désamorcer les explosifs laissés par le groupe, a-t-il conclu.

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