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Terrorisme |

L'Irak accentue sa lutte contre le financement de l'EIIS

Khalid al-Taie

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Un employé de la banque Rafidayn aide un client. L'Irak a renforcé ses mesures visant à tarir les sources de financement des groupes terroristes. [Photo fournie par la banque Rafidayn]

Le gouvernement irakien intensifie ses efforts pour tarir les sources de financement de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), en collaboration avec la communauté internationale.

Ces efforts gouvernementaux portent sur l'intensification de la surveillance des mouvements d'argent et des sources de financement, et sur le renforcement de la collaboration et des échanges d'information avec d'autres pays.

Les forces des opérations spéciales irakiennes et les forces antiterroristes kurdes appuyées par la coalition internationale ont récemment arrêté dix membres du réseau financier al-Rawi, un maillon vital des opérations financières de l'EIIS.

Ces arrestations, facilitées par le gouvernement irakien et les autorités régionales kurdes, ont été effectuées par des forces partenaires lors d'opérations conduites à Bagdad et à Erbil entre le 7 et le 9 octobre.

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La Banque centrale d'Irak a organisé en septembre 2017 un atelier pour ses employés et les sociétés de change destiné à améliorer leurs connaissances des opérations de blanchiment d'argent et de financement des opérations terroristes. [Photo fournie par la Banque centrale irakienne]

L'Irak avait auparavant gelé les avoirs d'un certain nombre d'entités et de sociétés de change qui avaient financé l'EIIS et al-Qaïda.

Ces efforts irakiens s'accompagnent d'efforts internationaux destinés à tarir les sources de financement des groupes terroristes.

Le 17 octobre, le Trésor américain a annoncé avoir imposé des sanctions contre Afaq Dubai, une entreprise de services monétaires (ESM) basée en Irak qui faisait transiter de l'argent pour l'EIIS.

Il a expliqué qu'Afaq Dubai faisait partie d'un vaste « réseau financier qui compte un grand nombre d'autres ESM, de sociétés de hawalas et d'intermédiaires financiers au Moyen-Orient ».

« Un volet essentiel » de la guerre contre le terrorisme

Ces dernières années, les autorités irakiennes ont ainsi intercepté les opérations de près de « 400 sociétés de change et de services financiers », a expliqué à Diyaruna l'économiste Majid al-Suwari.

La plupart de ces sociétés se sont vu interdire de mener leurs opérations et ont été inscrites sur la liste noire en raison du soutien qu'elles apportent aux groupes terroristes en facilitant les transferts bancaires et les opérations de blanchiment d'argent, a-t-il déclaré.

L'Irak a imposé une surveillance étroite et stricte de tous les transferts et de toutes les transactions passant par les banques et les entreprises de services financiers locales, a-t-il poursuivi.

Le gouvernement est par ailleurs sur le point de faire voter une nouvelle loi limitant les capacités de transactions des sociétés de change, et les obligeant à n'autoriser que les transferts effectués via la Banque centrale irakienne et les banques publiques, a ajouté al-Suwari.

« Les agences de lutte contre le blanchiment d'argent, le ministère de l'Intérieur et les services de renseignement irakiens s'efforcent tous de veiller à ce que les terroristes ne puissent avoir accès à des liquidités », a-t-il expliqué.

« Il s'agit-là d'un volet essentiel de la guerre contre le terrorisme », a-t-il encore indiqué.

Législation antiterroriste

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté plusieurs résolutions (2170, 2199, 2178) en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations unies afin de couper les sources de financement du terrorisme, a expliqué Khaled Abdoul Illah, professeur de science politique à l'université de Bagdad.

« Toutes ces résolutions viennent soutenir les efforts de l'Irak pour assécher les sources de financement du terrorisme provenant du blanchiment d'argent et du trafic de pétrole », a-t-il indiqué à Diyaruna.

Le gouvernement irakien porte aujourd'hui une plus grande attention à ces questions qui ont trait à la sécurité nationale, a-t-il poursuivi, soulignant que les autorités accentuent leurs efforts de surveillance étroite de toutes les transactions financières et leur coopération avec d'autres gouvernements pour traquer les moyens de financement des individus et des groupes terroristes.

L'Irak a promulgué une législation post-2014 visant à bloquer les flux de financement des groupes terroristes, a précisé Abdoul Ilah, par exemple la loi de 2015 sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Par ailleurs, « la Banque centrale travaille pour fusionner des sociétés de change afin de tenter d'empêcher le blanchiment d'argent et l'évasion fiscale », a-t-il ajouté.

« La guerre contre l'EIIS a été gagnée sur le plan militaire, et nous avons obtenu une victoire historique en le chassant de nos villes », a déclaré Abdoul Khaliq al-Azzawi, député de Diyala.

« Les choses ne sont toutefois pas terminées, et nos forces et nos services de renseignement poursuivent leurs opérations pour traquer les éléments de l'EIIS et cibler leurs flux de financement », a-t-il poursuivi pour Diyaruna.

Mi-octobre, les forces irakiennes ont arrêté un réseau de quinze éléments de l'EIIS qui distribuait de l'argent aux familles des combattants de l'EIIS de la ville de Mossoul, dans la province de Ninive.

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