Terrorisme

Une cour d'école à Ninive commémore des victimes de l'EIIL

Par Khalid al-Taie

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Des jeunes d'al-Hod ont peint une fresque sur l'exécution par « l'État islamique en Irak et au Levant » en décembre 2015 dans la cour de l'école primaire d'al-Hod pour conserver le souvenir des sept jeunes victimes. [Photo fournie par Ninawa Liberation Battle/War Media]

Un jour froid de décembre 2015 dans la province de Ninive, des hommes armés de « l'État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) ont exécuté sept jeunes hommes dans la cour d'école d'un village dans le quartier d'al-Qayyarah, au sud de Mossoul.

Des villageois ont indiqué à Diyaruna qu'ils n'oublieront jamais cette date, le 28 décembre, lorsqu'ils ont été convoqués sous la menace des armes à l'école primaire d'al-Hod.

Sous les yeux des villageois, y compris les familles et les proches des sept jeunes, un homme de l'EIIL a lu un arrête de mort , les accusant d'avoir « quitté les terres du califat ».

Puis, une pluie de balles a touché les victimes à l'arrière de la tête, a rapporté Saleh al-Jubury, directeur du district d'al-Qayyarah et habitant d'al-Hod.

Les combattants de l'EIIL avaient arrêté les jeunes la veille alors qu'ils tentaient de s'échapper du village en traversant le Tigre, a-t-il précisé à Diyaruna.

« Ce crime a provoqué l'indignation des résidents contre l'EIIL », a-t-il indiqué. « C'était la première étincelle d'une lutte populaire contre les terroristes qui a duré près d'un an, jusqu'à la libération du village ».

Les forces irakiennes, soutenues par la population locale, ont recapturé al-Hod au début de la campagne de libération de Ninive, qui avait commencé le 17 octobre.

Souvenir des jeunes vies

La cour d'école a été transformée en mémorial de cette tragédie.

Les jeunes hommes du village ont peint l'histoire de la brutalité du groupe sur des panneaux sur le mur de l'école, a fait savoir al-Jubury.

« Certaines des peintures montraient des éléments de l'EIIL avec des corps humains et des têtes de loups noirs pointant leurs armes dans le dos des jeunes hommes qui étaient attachés et jetés au sol, portant des vêtements oranges », a-t-il décrit.

Le nom et l'âge de chaque victime sont affichés sur la peinture.

« Les habitants ont également nettoyé la cour de l'école, y ont planté des fleurs et des arbres et ont hissé le drapeau irakien au milieu de la place », a ajouté al-Jubury.

Grâce à cette initiative bénévole, les résidents d'al-Hod espèrent informer le monde sur l'un des massacres de l'EIIL contre des civils non armés, a déclaré à Diyaruna Mahmoud Abdoul-Rahman, président du conseil du district d'al-Qayyarah.

« Ils ont voulu montrer une fraction de la brutalité de ce groupe », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il est « dénué d'humanité et ne fait preuve d'aucune pitié ».

« La cour d'école est maintenant appelée la Place des martyrs d'al-Hod », a-t-il fait savoir. « Ce lieu verra désormais un service commémoratif pour les âmes des victimes chaque année le jour de leur exécution, pour rappeler ce crime et tous les crimes des terroristes. »

Le conseil du district d'al-Qayyarah va transformer le parc public à l'entrée du district en un lieu de rencontre populaire qui comprendra des ouvrages d'art, des plaques et des photos commémorant les habitants du district tués par l'EIIL, a-t-il fait savoir.

Brutal jusqu'à la fin

Le groupe a continué à commettre des crimes jusqu'à son dernier jour dans le quartier, a rapporté Tabour, lorsqu'il a tué neuf anciens membres des forces de sécurité irakiennes, dont un officier de haut rang handicapé, les accusant d'avoir collaboré avec les forces de libération.

Les villageois d'al-Hod ont été très mal traités lors de l'occupation de l'EIIL car ils rejetaient le groupe et résistaient à son contrôle, a déclaré à Diyaruna Abdoul Rahman al-Wakka, membre du conseil provincial de Ninive.

« En plus du meurtre des [sept] jeunes, le groupe a tué des résidents du village et en a déplacé d'autres, qui ont été forcés de vivre dans la nature sans même le minimum nécessaire pour vivre », a-t-il rapporté.

« Plus de 170 habitants d'al-Hod sont morts, et environ 2 500 familles ont été déplacées de force de leurs maisons », a précisé al-Wakka.

L'exécution des sept jeunes est symbolique des souffrances que les villageois ont subies aux mains de l'EIIL, a-t-il ajouté, et les « sacrifices qu'ils ont faits pour être sauvés de leur injustice ».

« Ce jour de décembre ne sera pas oublié par ces gens, car c'est le jour pour tous les martyrs du village et un symbole de la résistance de son peuple contre l'EIIL », a affirmé al-Wakka.

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