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Terrorisme |

Le déminage progresse en Irak

Khalid al-Taie

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Un membre de la Direction du déminage explique à des femmes et des enfants de la province de Ninive comment éviter les mines et les résidus explosifs de la guerre, sur cette photo publiée en ligne le 29 mai. [Photo fournie par la Direction du déminage] 

Des équipes de démineurs irakiens travaillent aux côtés d'agences internationales spécialisées pour retirer les mines posées par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) avant son départ et d'autres résidus explosifs de la guerre, ont expliqué des responsables.

En lien avec ces efforts, ces équipes irakiennes et internationales travaillent également à sensibiliser aux dangers des explosifs.

« Nous cherchons à renforcer nos efforts de sensibilisation de la population civile locale », a déclaré Issa al-Fayadh, chef de la Direction du déminage.

Des enfants brandissent des affiches mettant en garde de ne pas s'approcher d'objets suspects, sur cette photo publiée en ligne le 29 mai. [Photo fournie par la Direction du déminage] 

« Notre unité mobile organise actuellement plusieurs campagnes pour alerter les familles déplacées et celles qui ont pu rentrer sur leur lieu de résidence sur les dangers des engins explosifs, des mines et des résidus de la guerre », a-t-il précisé à Diyaruna.

Cette unité fournit conseils et instructions sur ce qu'il convient de faire en cas de découverte d'objets suspects, a-t-il poursuivi, et donne un numéro d'appel gratuit, le 182, que les habitants peuvent appeler pour joindre la Direction du déminage.

La Direction de la défense civile peut être contactée au numéro d'appel gratuit 115.

Des actions de sensibilisation, des séminaires et des conférences ont été proposés dans divers lieux de cultes, dans des écoles et sur l'espace public, et des visites sur le terrain ont été effectuées dans des maisons particulières et des camps de déplacés, a précisé al-Fayadh.

Des affiches et des brochures éducatives ont également été distribuées, a-t-il indiqué.

Désamorçage des engins explosifs

Des membres de la Direction du déminage et d'autres institutions nationales et internationales travaillent également à désamorcer les engins explosifs souterrains qui ont été cachés, a poursuivi al-Fayadh.

Ce problème est omniprésent, a-t-il souligné, en particulier dans l'Anbar et dans la province de Ninive.

« Nos efforts continus et quotidiens de fouille et de nettoyage des zones contaminées nous ont permis d'enregistrer des résultats positifs », a-t-il ajouté.

« Nous avons réussi à neutraliser des milliers d'engins explosifs. »

Les combattants de l'EIIS avaient dissimulé des explosifs partout, dans les quartiers résidentiels comme au milieu des infrastructures publiques, pour tenter de bloquer la progression des véhicules militaires, et par la suite d'entraver les efforts de reconstruction et de porter atteinte à la stabilité.

Mouamar Saladin Abdoul Salam, directeur du centre nord de la Direction du déminage, a souligné que plus de 10 000 engins explosifs et mines avaient été retirés de la seule ville de Mossoul.

Le restant des zones contaminées de la province de Ninive se limite maintenant à environ deux kilomètres carrés, a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Nous avons fait des progrès significatifs, et nous travaillons jour et nuit pour éliminer la menace de ces résidus et fournir un environnement plus sûr », a-t-il poursuivi.

« Il y a encore peu de temps, de nombreuses villes libérées étaient infestées d'explosifs et de mines. Aujourd'hui, elles sont propres et grouillent de vie », s'est-il félicité.

Cela est en grande partie dû à la coopération entre les diverses entités qui travaillent à retirer ces explosifs, a estimé Abdoul Salam.

Effort conjoint

« Nous travaillons avec la Direction du génie militaire du ministère de la Défense et avec la Direction du retrait des munitions du ministère de l'Intérieur », et avec plusieurs organisations internationales spécialisées, a-t-il continué.

Parmi elles, le Mines Advisory Group (MAG), la fondation HALO, la Fondation suisse de déminage (FSD), Handicap International, le Groupement danois de déminage (DDG) et l'association norvégienne People's Aid (NPA).

« Non seulement nous travaillons avec ces agences au déminage, mais aussi à des projets conjoints visant à assurer la sécurité contre les explosifs », a poursuivi Abdoul Salam.

Des programmes éducatifs d'information ont réussi à mieux sensibiliser à cette problématique, encouragé les gens à fournir des informations, et les ont empêchés de manipuler des objets suspects, a-t-il indiqué.

Toutes ces mesures permettront de sauver des vies, a-t-il poursuivi, ajoutant que malgré tous ces efforts, la menace des explosifs est toujours présente.

Le 22 novembre, une bombe artisanale a explosé près de la ville d'al-Shura, dans la province de Ninive, tuant quatre élèves et en blessant sept autres qui se rendaient à l'école.

Début novembre, des pluies torrentielles ont mis à jour une cache d'armes souterraine dans la zone Kilo-160 dans le désert de l'Anbar.

Tahseen al-Khafaji, porte-parole du ministère de la Défense, a expliqué à Diyaruna qu'après les fortes pluies et les inondations, l'armée travaille sans relâche à secourir les personnes touchées à les garder en sécurité.

« Nous avons concentré nos efforts sur l'évacuation et l'aide aux civils affectés, et nous avons érigé des murs de terre qui empêcheront l'eau d'envahir leurs terres, charriant avec elle des résidus dangereux », a-t-il ajouté.

Des unités du génie militaire ont fouillé le terrain pour s'assurer que ces zones sont vides de munitions et pour renforcer les campagnes de sensibilisation des populations civiles, a-t-il conclu.

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