Criminalité et Justice |
2018-02-07

L'Irak identifie 120 charniers de victimes de l'EIIS


Une équipe du ministère irakien de la Santé ouvre une fosse commune près de Tikrit contenant les restes de victimes de « l'État islamique en Irak et en Syrie » sur cette photo d'archive publiée en ligne le 15 avril 2015. [Photo fournie par le ministère irakien de la Santé]
Une équipe du ministère irakien de la Santé ouvre une fosse commune près de Tikrit contenant les restes de victimes de « l'État islamique en Irak et en Syrie » sur cette photo d'archive publiée en ligne le 15 avril 2015. [Photo fournie par le ministère irakien de la Santé]

« L'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) a été battu en Irak, mais son héritage de violence subsiste, comme le prouve le grand nombre de personnes déplacées, d'infrastructures endommagées et de charniers – cent-vingts au total.

La Haute commission indépendante irakienne pour les droits de l'homme a identifié cent-vingts fosses communes depuis le lancement des opérations de libération, début 2015, a déclaré le porte-parole de la commission Ali al-Bayati à Diyaruna mercredi 7 février.

La plupart de ces sites se trouvent dans la province de Ninive, a-t-il précisé.

Ces charniers contiennent les restes de civils et de soldats tués par des combattants de l'EIIS lors des campagnes d'exécution menées par le groupe pendant que celui-ci contrôlait de vastes territoires dans le nord et l'ouest de l'Irak, a-t-il ajouté.

« Soixante-dix charniers ont été découverts à Ninive », a fait savoir al-Bayati, la plupart étant situés dans les villes de Tal Afar et Sinjar, dans l'ouest de la province.

La recherche de charniers se poursuit, a-t-il déclaré, et d'autres sites sont découverts de temps à autre.

Le nombre total de victimes n'est pas encore connu, car de nombreuses fosses n'ont pas encore été ouvertes et exhumées, a expliqué al-Bayati.

Mais il y en a sans aucun doute des milliers.

« Les restes de mille huit cents victimes de la base aérienne de Camp Speicher (Académie aérienne de Tikrit) ont été exhumés, tout comme les restes de six cents corps dans un charnier de la région de Badush (au nord de Mossoul) », a-t-il ajouté. « Mais de nombreuses victimes attendent encore d'être retirées des charniers et des sites encore fermés. »

De nombreux charniers en attente d'exhumation

À al-Khasfa, un charnier près du district de Hammam al-Alil au sud de Mossoul, les habitants racontent que des éléments de l'EIIS ont jeté les corps de milliers de victimes d'exécutions sur les lieux en plusieurs fois, a rapporté al-Bayati.

Ce site, considéré comme l'un des pires charniers, est une grande fosse naturelle, a-t-il précisé.

De nombreuses fosses communes n'ont pas encore été ouvertes ou exhumées à cause d'un « manque de ressources disponibles », a-t-il fait savoir, car cette tâche « requiert des ressources matérielles et un grand nombre d'équipes techniques spécialisées, disposant d'expérience et de compétences ».

Il a exhorté les agences gouvernementales concernées à faire tout leur possible pour « accélérer le processus d'extraction et d'identification des victimes, pour mettre fin aux souffrances de leurs familles ».

Il a appelé à la création de tribunaux spéciaux pour répondre à ce problème, et à l'adoption de nouvelles lois nationales pour déclarer ces crimes de génocide et de crimes contre l'humanité.

Ces mesures aideront à traduire en justice les coupables et à donner aux familles les droits qu'elles méritent, a-t-il conclu.

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