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Une ville frontalière d'Irak « débarrassée des mines », selon ses responsables

Khalid al-Taie

Des campagnes sont en cours dans les écoles de l'Anbar pour sensibiliser aux dangers des mines enterrées par l'EIIS dans la province. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

La localité frontalière d'al-Qaim, dans l'ouest de l'Anbar, a été entièrement débarrassée des mines et des résidus explosifs de la guerre laissés par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), selon les autorités locales.

« Le district est désormais débarrassé des mines et des explosifs qui avaient été enterrés par l'EIIS lorsqu'il occupait notre région », a déclaré en septembre à Diyaruna Ahmed al-Dulaimi, le maire d'al-Qaim.

« Nous avons nettoyé le centre du district, ses villages et sa campagne, en plus du désert et des zones proches de la bande frontalière avec la Syrie », a-t-il précisé.

Les opérations de déminage de la zone avaient débuté peu après sa libération de l'EIIS il y a deux ans, « grâce aux efforts des unités du génie de l'armée de terre », a-t-il poursuivi.

Des unités du génie militaire désamorcent les engins explosifs laissés par l'EIIS dans la province de l'Anbar, le 7 août 2018. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

« Des spécialistes de la détection et du retrait des bombes venus d'organisations nationales et internationales s'étaient également joints à ces efforts », a ajouté al-Dulaimi.

Des recherches de terrain très poussées dans les maisons d'habitation, les bâtiments et les terrains publics que l'on pensait avoir été contaminés par des mines ont été conduites, a-t-il continué.

Elles ont permis de retirer et de faire exploser des explosifs, a-t-il expliqué, soulignant que « débarrasser nos régions de milliers de résidus de la guerre et de bombes non explosées a facilité nos efforts pour rapatrier les déplacés internes (DI) dans leurs foyers dans toute la province ».

Plus de 75 % des quelque 190 000 habitants qui avaient été contraints de quitter le district en 2014 ont pu rentrer à ce jour, a-t-il souligné.

« Énormes sacrifices »

Les équipes du génie des forces de sécurité « ont fourni des efforts colossaux pour débarrasser les villes et les villages de l'Anbar de ces explosifs, en consentant d'énormes sacrifices dans ce but », a expliqué à Diyaruna Naeem al-Koud, président de la commission pour la sécurité du conseil provincial de l'Anbar.

Selon lui, sécuriser al-Qaim est une réalisation importante et une étape essentielle dans le déminage et le retrait des explosifs de l'Anbar.

« Lorsqu'il contrôlait notre province, le groupe terroriste de l'EIIS avait consacré la majeure partie de ses activités à piéger maisons et bâtiments avec des explosifs », a-t-il expliqué.

Les terroristes n'avaient pas ménagé leurs efforts pour infester de vastes régions par des explosifs, en plus de stocker des engins explosifs et des armes dans les villes et les zones désertiques, a-t-il ajouté.

Et d'ajouter que les forces de sécurité ont réussi à retirer la plupart de ces résidus de la guerre, mais que le danger « n'est pas encore totalement éliminé » dans le désert de l'Anbar et dans certains villages reculés.

Al-Kouda appelé les organisations internationales à accentuer leurs efforts à cet égard en apportant des compétences techniques, des appareils et une assistance technologiques pour retirer ces mines et sensibiliser aux dangers qu'elles représentent.

Les citoyens ont pour instruction d'appeler le numéro d'appel gratuit de la Direction du déminage (182) ou celui de la Direction de la Défense civile (115) lorsqu'ils découvrent un objet étrange.

Sécurité renforcée

« Les mines terrestres sont l'un des plus gros défis dans nos efforts visant à permettre aux familles déplacées de rentrer dans leurs foyers », a expliqué Moustafa Hamid, directeur du bureau dans l'Anbar du ministère des Migrations et des Déplacements.

Les forces de sécurité ont cependant relevé ce défi avec détermination, a-t-il déclaré, et ont travaillé avec le bureau et d'autres ministères du secteur des services pour faciliter le tour des déplacés internes (DI) dès lors que leurs quartiers sont débarrassés des explosifs.

Ces trois dernières années, le ministère a ainsi réussi à faire rentrer quelque 225 000 DI dans les régions qui étaient les leurs dans l'Anbar et a fermé plusieurs camps, en particulier dans la partie orientale de la province, a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Les rapports actuels indiquent qu'il subsiste encore moins de 100 000 DI, dont tous ne se trouvent d'ailleurs pas dans les camps dans la mesure où un grand nombre d'entre eux se sont installés dans d'autres provinces ou ont quitté le pays », a-t-il précisé.

Par ailleurs, ministères et autorités locales s'efforcent de remettre en état les infrastructures endommagées et de faire revivre l'ensemble des secteurs des services et du développement, a-t-il conclu.

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