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Sécurité |

Opération américaine en Irak contre le cercle rapproché du leader de l'EIIS

Khalid al-Taie

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Le département d'État américain a offert cinq millions de dollars à quiconque fournira des renseignements permettant de localiser trois hauts dirigeants de l'EIIS. [Photo extraite de la page Facebook de l'ambassade des États-Unis à Bagdad]

Après que « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) eut perdu la plupart de ses hauts commandants, les efforts se concentrent maintenant sur la capture des membres restants du cercle rapproché du leader du groupe, Abou Bakr al-Baghdadi, ont expliqué des experts irakiens à Diyaruna.

Le 21 août, les États-Unis ont offert des récompenses financières à quiconque fournira des informations permettant de localiser trois leaders de l'EIIS connus pour être les principaux lieutenants d'al-Baghdadi.

Le département d'État a promis une récompense de cinq millions de dollars en échange d'informations permettant de localiser Amir Mohammed Saeed Abdoul Rahman al-Mawla, Sami Jassim Mohammed al-Jubouri et Moataz Noman Abd Nayef Najm al-Jubouri dans le cadre de son programme Rewards for Justice (Récompenses pour la Justice).

Al-Mawla, haut dirigeant de l'EIIS et possible successeur d'al-Baghdadi, avait supervisé plusieurs des opérations majeures du groupe. Il est également connu sous les pseudonymes d'Abou Abdoullah Qardash et Hajji Abdoullah.

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Le 17 juillet, les forces irakiennes ont capturé un leader de l'EIIS dans la province de l'Anbar, qui était accusé d'avoir commis des actes terroristes pour le compte du groupe. [Photo fournie par la police de l'Anbar]

Sami al-Jubouri, alias Hajji Hamid, était chargé des transactions financières de l'EIIS, notamment de la vente du pétrole volé, d'essence et d'antiquités, et Moataz al-Jubouri, alias Hajji Taysir, supervisait quant à lui la fabrication des engins explosifs.

Ces récompenses financières sont destinées à « resserrer l'étau autour d'al-Baghdadi » en ciblant les derniers de ses proches lieutenants et associés, a précisé Issam al-Fayli, professeur de science politique à l'Université al-Mustansiriyah.

« La perte des hauts commandants chargés de diriger les efforts de propagande et de renforcement de l'idéologie, le commandement sur le terrain et les médias est la perte la plus importante du groupe », a-t-il déclaré à Diyaruna.

L'EIIS a perdu la plupart de ses commandants influents pendant la guerre et les opérations de sécurité qui ont suivi, a-t-il poursuivi, ajoutant que les efforts en cours perturbent la dernière ligne de commande et permettent de capturer les principaux leaders.

En promettant des récompenses aussi importantes, les États-Unis réitèrent leur engagement envers la communauté internationale de lutter contre la menace mondiale que représente l'EIIS, a-t-il précisé.

En avril, les avions de la coalition internationale avaient largué des tracts sur plusieurs régions de la province de l'Anbar qui promettaient 25 millions de dollars de récompense à quiconque fournirait des informations permettant de localiser al-Baghdadi.

Le cercle rapproché d'al-Baghadi se resserre

« Des incitations financières attractives sont parmi les manières les plus efficaces de viser la structure de commandement du groupe », a expliqué à Diyaruna le spécialiste de la sécurité Jassim Hanoun.

Elles ont permis de débusquer certains des commandants de l'EIIS, leurs réseaux et leurs sources de financement, ainsi que les éventuels liens qu'ils entretenaient dans le monde, a-t-il ajouté.

Les renseignements irakiens, aidés par la coalition internationale, ont réussi ces dernières années à viser d'importants leaders de l'EIIS considérés comme des agents d'al-Baghdadi.

Parmi eux se trouvaient Ayad Hamed al-Jumaili (alias Abou Yahya), le « ministre de la guerre » de l'EIIS, Abdoul Wahid Khudhayer Sayer al-Jouan (alias Abou Luay) et Hashim Nasif Jassim al-Hayali.

D'autres ont également été arrêtés, notamment Ismail Alwan Salman al-Ithawi, le commandant en second d'al-Baghdadi, par la suite condamné à mort en Irak, et Shaaban Nasser Arzik Hammadi, le « chef militaire » du secteur de Heet, arrêté le 19 août dans cette ville de l'Anbar.

« Le premier cercle du terroriste al-Baghdadi qui comprend quelques-uns de ses plus proches lieutenants et commandants se resserre en permanence, et ils sont en voie d'extinction à la lumière des campagnes de sécurité et de renseignements », a poursuivi Hanoun.

Il a souligné que « le ciblage intensif et continu des leaders de l'EIIS est ce qu'al-Baghdadi redoute le plus, car il est actuellement confronté à un état débilitant d'isolement et d'incapacité à reprendre le contrôle et arrêter la destruction du groupe ».

« Le groupe est structurellement et militairement mort, mais son idéologie représente encore une menace », a-t-il poursuivi, soulignant que des problèmes sociaux tels que le chômage qui peuvent rendre les gens plus vulnérables au recrutement par les extrémistes doivent être traités.

La perte par l'EIIS de ses hauts commandants est importante, a expliqué à Diyaruna Hassan Shubeib al-Sabawi, membre du conseil provincial de Ninive.

Al-Baghdadi, autrefois entouré d'une importante clique de lieutenants, de conseillers et de hauts commandants, « n'a plus désormais qu'une poignée d'entre eux, qui sont progressivement éliminés par les opérations de traque en cours », a-t-il indiqué.

Pour renforcer encore la défaite du groupe, a-t-il ajouté, les autorités irakiennes doivent créer un environnement répulsif pour l'idéologie extrémiste, en plus de « renforcer les opérations de sécurité et de renseignement pour détruire les résidus du terrorisme ».

Et de conclure en indiquant que les récentes récompenses américaines viennent en soutien à ces efforts et servent de « pas important dans le sens de l'éradication de ce groupe une bonne fois pour toutes ».

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