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Ninive s'efforce de restaurer l'harmonie sociale

Khalid al-Taie

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Les jeunes de Ninive se rassemblent en signe de solidarité lors du festival Jeunesse et Paix organisé à Mossoul le 6 septembre 2017. [Photo fournie par la Société du Croissant-Rouge irakien]

Des efforts sont en cours à Ninive pour rebâtir la confiance et renforcer les liens sociaux entre les différents groupes ethniques et religieux de la province après l'ère de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), ont expliqué des responsables à Diyaruna.

Les autorités locales travaillent à restaurer les relations sociales harmonieuses qui ont caractérisé la province au cours de son histoire, ont-ils indiqué.

Jusqu'à ce que l'EIIS prenne le contrôle de Ninive, « les membres de plusieurs sectes vivaient pacifiquement côte à côte à Sinjar », a expliqué le maire de Sinjar Fahd Hamed, décrivant le district comme un « microcosme de l'Irak ».

Des militants civiques participent à un atelier de renforcement de la paix à Ninive, le 12 janvier. [Photo extraite de la page Facebook de « Construire des passerelles entre les communautés à Ninive »]

Les Yézidis, un groupe minoritaire qui constituait la majorité de la population dans le district de Sinjar, coexistaient « aux côtés des Turkmènes, des Shabaks, des chrétiens et des musulmans ».

« Les gens vivaient en bon voisinage et veillaient les uns sur les autres, et ces liens avaient été tissés depuis des centaines d'années », a-t-il poursuivi. « Puis les terroristes sont arrivés et ont commis leurs crimes d'assassinats, d'expulsion et de viol de Yézidies».

La plupart des Yézidis sont certes conscients que l'EIIS « ne représente ni une tribu, ni une secte ni une religion », a-t-il précisé, mais ces exactions « ont causé une fracture dans la société et de profondes blessures parmi les Yézidis, qui souffrent encore des conséquences de ces actes ».

« Nous organisons des réunions pour rassembler les gens et renforcer la paix et la coexistence au sein de nos communautés à Sinjar », a-t-il expliqué. « Mais nous devons reconnaître que faire revenir les choses à ce qu'elles étaient auparavant exigera beaucoup de temps et d'efforts».

Depuis que l'EIIS a été chassé, de nombreuses familles musulmanes qui avaient été déplacées sont revenues chez elles à Qayrawan et dans les villages d'Abou Khashab, Um al-Thiban, Karana et al-Kolat, dans les faubourgs de Sinjar, a ajouté Hamed.

« La réconciliation est possible, et nous avons pris des mesures positives en ce sens avec les individus et les familles dont les mains n'ont pas été souillées par le sang de personnes innocentes », a-t-il poursuivi.

Celles qui ont été impliquées dans des actes de terrorisme ont été rejetées par la communauté et leur sort se trouve désormais entre les mains de la justice, a ajouté Hamed, appelant les chefs des tribus locaux à bannir leurs membres affiliés à l'EIIS.

Guérir dans les Plaines de Ninive

Dans les Plaines de Ninive, les habitants travaillent également à rétablir l'harmonie sociale, a expliqué à Diyaruna Faisal Iskandar, le président du conseil de district d'al-Hamdaniya.

« Au début, ce fut compliqué, mais nous voyons maintenant des résultats à la suite de réunions et de communications avec les habitants locaux », a-t-il précisé.

« Nous avons organisé plusieurs conférences et séminaires publics sur la coexistence, qui avaient pour thèmes la solidarité, la fraternité, la clôture du chapitre sur le terrorisme et ses conséquences psychologiques », a-t-il poursuivi.

Les personnalités publiques, les universitaires, les autorités locales et les militants civiques ont un rôle important à jouer dans l'éducation de la population locale et l'aide à apporter pour militer en faveur de la tolérance et de l'esprit d'ouverture entre les membres de la société, a-t-il souligné.

Le conseil de district d'al-Hamdaniya « veille à ce que toutes les personnes et les familles déplacées, quelle que soit leur origine, aient un droit au retour », a-t-il expliqué, à l'exception de celles dont il est avéré qu'elles avaient appartenu à l'EIIS.

Musulmans, chrétiens, Shabaks et Kakais font partie de ces revenants, a-t-il indiqué.

« L'EIIS a laissé un immense fossé sociétal dans la mesure où de nombreuses personnes ont perdu un être cher et leurs biens par suite des exactions commises par ce groupe, et nous nous efforçons maintenant à tout faire pour réparer ce qui a été brisé », a-t-il indiqué.

Esprit de coexistence

Le conseil provincial de Ninive s'efforce à restaurer un esprit de coexistence dans la province, a expliqué Khalaf al-Hadidi, membre du conseil, à Diyaruna.

Les commissions de réconciliation composées de responsables, de dignitaires et d'activistes locaux s'efforcent à réparer ces fractures sociales par « un dialogue direct avec les communautés locales et par le renforcement de l'identité nationale », a-t-il ajouté.

Al-Hadidi a appelé le gouvernement à indemniser les victimes de l'EIIS et à veiller à ce que justice soit rendue concernant les auteurs des exactions du groupe.

Ces efforts aideront à « maintenir la sécurité et assurer le respect de la loi dans les zones libérées, en particulier dans les lieux connus pour leur diversité sociale », a-t-il conclu.

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