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Économie |

L'Iran cherche à diversifier ses intérêts en Syrie par le biais des efforts de reconstruction

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Mohammed al-Haj, citoyen libanais (à gauche), l'un des responsables de Jihad al-Bina, rencontre un officiel du gouvernement syrien pour coordonner les nouveaux accords de coopération économique. [Photo fournie par Mohammed al-Beik]

Les habitants s'inquiètent de plus en plus de voir une organisation dirigée par le Hezbollah et financée par l'Iran étendre son influence dans les projets de travaux publics de la ville, ont affirmé des militants locaux.

La fondation Jihad al-Bina a repris des projets de reconstruction et de réhabilitation dans la capitale syrienne, a expliqué le militant Mohammed al-Beik.

Cette initiative, qui a servi à resserrer le contrôle de la fondation sur les travaux publics, a été préjudiciable aux intérêts tant des employés du gouvernement syrien que des sous-traitants, et elle n'est « pas appréciée par les habitants de la ville », a-t-il ajouté pour Diyaruna.

Des ouvriers embauchés par Jihad al-Bina reçoivent leurs instructions sur le travail à faire dans la région de Damas. [Photo fournie par Mohammed al-Beik]

Jihad al-Bina a supervisé le retrait des décombres et des gravats à la place des institutions affiliées au gouvernement, a-t-il souligné, même si ces dernières disposent de bureaux locaux et du personnel et des équipements nécessaires pour mener à bien ces tâches.

Des dizaines de petits sous-traitants qui se chargeaient autrefois de ces missions pour le gouvernement au moyen d'affectations directes ou d'appels d'offres ont porté plainte, a-t-il expliqué, car ils se retrouvent sans travail et leurs employés sont inactifs.

Une expansion régulière des intérêts iraniens

Jihad al-Bina, bras du Hezbollah en matière de construction et qui bénéficie d'un financement direct de l'Iran, a été inscrit en février sur la liste des organisations terroristes par le Trésor américain et soumis à de nouvelles sanctions en 2017.

Selon la désignation du Trésor, « Jihad al-Bina a utilisé des moyens trompeurs pour rechercher des financements pour des projets d'organisations internationales de développement ».

« Le Hezbollah utilise Jihad al-Bina pour ses propres besoins de construction et pour s'attirer un soutien populaire en fournissant des services de construction civils », a expliqué Stuart Levey, ancien secrétaire chargé de la lutte contre le terrorisme et des renseignements financiers.

C'est notamment le cas à Damas, a poursuivi le militant al-Beik, où l'activité renforcée de la fondation « semble être une tentative évidente de la part des Iraniens d'apparaître comme les sauveurs et d'être prompts à servir les intérêts du peuple syrien ».

« Jihad al-Bina ouvre des bureaux dans la plupart des quartiers de Damas au prétexte de suivre le travail qu'il y effectue », a-t-il ajouté.

« Il est très prompt à brandir des drapeaux iraniens et les slogans de la fondation dans les rues, accompagnés d'une couverture médiatique exagérée », a poursuivi al-Beik.

La fondation est résolue à assumer tous les travaux publics, a-t-il expliqué, s'attachant même à collecter les ordures, laissant les précédents employés syriens sans travail.

Il semble que Jihad al-Bina ait pour ambition de « contraindre les travailleurs à travailler pour la fondation et à collecter leurs salaires dans le but de resserrer son étreinte sur la société syrienne », a-t-il ajouté.

La plupart ont toutefois été réticents à succomber à ces pressions, et ceux qui le font sont avant tout motivés par leur situation financière, a-t-il précisé.

« Un agenda clair » derrière la reconstruction

Un agenda clair se cache derrière les activités de Jihad al-Bina à Damas et dans les autres provinces, a expliqué à Diyaruna l'avocat syrien Bashir al-Bassam.

Le but premier de la fondation est de faciliter et d'accélérer la propagation de l'influence de l'Iran en Syrie, par la fourniture de services sociaux et la mise en œuvre de projets publics, a-t-il indiqué.

« La deuxième raison, la plus importante, tient à l'intention de l'Iran de mettre la main sur autant de projets de reconstruction que possible avant l'arrêt définitif des opérations militaires », a expliqué al-Bassam.

Cela tient au fait que l'Iran reconnaît qu'un grand nombre de pays cherchent à profiter de la reconstruction post-conflit en Syrie, a-t-il ajouté.

Un grand nombre d'entrepreneurs iraniens sont également entrés sur le marché syrien en créant des sociétés avec des ressortissants syriens, a-t-il ajouté.

Quant à Jihad al-Bina, « le travail réalisé par cette fondation n'est pas entièrement gratuit », a-t-il conclu, soulignant qu'elle avait monté des projets au travers de ministères syriens sur la base de contrats conjoints dans les domaines des infrastructures, de l'électricité et des routes.

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1 COMMENTAIRE (S)

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Comment bubble | 2019-02-10

Quand Israël et l’Amérique reconstruisent ce qu’ils ont détruit lors de leurs frappes aériennes et aux mains de l’EIIS et de ses agents qui reçoivent de l’argent pour acheter des armes et recruter de l’Arabie Saoudite et des cochons du Golfe ; l’Iran et le Hezbollah ne sont pas les bienvenus! Cela inclut les obscurantistes du takfir et de l’extrémisme, qui sont les restes de l’esclavage de Saul et les petits-enfants de tribus israéliennes se cachant parmi les peuples de la région.

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