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Terrorisme |

2018-11-07

Plus de 200 charniers découverts dans l'ancien territoire de l'EIIS en Irak, selon les Nations unies

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Sur cette photo d'archive prise le 12 avril 2015, un membre des forces de sécurité irakiennes portant des vêtements de protection inspecte un charnier contenant les restes de dizaines de personnes dont on pense qu'elles ont été assassinées par l'EIIS dans le camp Speicher à Tikrit. L'EIIS a laissé derrière lui plus de 200 charniers en Irak, qui contiennent les restes de 12 000 victimes et qui pourraient renfermer des preuves manifestes de crimes de guerre, ont indiqué les Nations unies le 6 novembre  2018. [Ahmed al-Rubaye/AFP]
Sur cette photo d'archive prise le 12 avril 2015, un membre des forces de sécurité irakiennes portant des vêtements de protection inspecte un charnier contenant les restes de dizaines de personnes dont on pense qu'elles ont été assassinées par l'EIIS dans le camp Speicher à Tikrit. L'EIIS a laissé derrière lui plus de 200 charniers en Irak, qui contiennent les restes de 12 000 victimes et qui pourraient renfermer des preuves manifestes de crimes de guerre, ont indiqué les Nations unies le 6 novembre 2018. [Ahmed al-Rubaye/AFP]

Plus de 200 charniers contenant un total qui pourrait aller jusqu'à 12 000 victimes ont été découverts à ce jour en Irak et qui pourraient renfermer des preuves manifestes des crimes de guerre commis par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), ont indiqué les Nations unies mardi 6 novembre.

La Mission d'assistance des Nations unies pour l'Irak (MANUI) et son office pour les droits de l'homme ont expliqué avoir répertorié un total de 202 fosses communes dans des régions de l'ouest et du nord de l'Irak occupées par l'EIIS entre 2014 et 2017.

D'autres sites pourraient être découverts dans les mois qui viennent, a averti ce rapport, demandant aux autorités irakiennes de les préserver et d'excaver les corps avec le plus grand soin pour permettre aux familles des victimes de faire leur deuil.

« Les sites de ces charniers documentés dans notre rapport témoignent de pertes humaines déchirantes, de profondes souffrances et d'une cruauté choquante », a déclaré Jan Kubis, représentant des Nations unies en Irak.

« Déterminer les circonstances entourant ces nombreuses morts constituera une étape importante dans le processus de deuil des familles et pour faire valoir leur droit à la vérité et à la justice », a-t-il ajouté.

L'EIIS s'était emparé de vastes régions de l'Irak en 2014, exécutant en masse civils et combattants et utilisant d'autres formes de répression pour s'emparer du territoire dans le nord et l'ouest du pays et le conserver.

Ces charniers pourraient « contenir des données essentielles pour les enquêtes scientifiques », qui pourraient permettre de faire la lumière sur les détails de ces abus, ainsi que sur l'identité des victimes, ont poursuivi les Nations unies.

En août, les enquêteurs de l'ONU avaient commencé à rassembler des preuves sur des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou un génocide pour que les tribunaux irakiens les utilisent durant les procès des militants de l'EIIS qui comparaîtront.

Le gouffre de l'infamie

Sur les 202 charniers documentés dans ce nouveau rapport onusien, seuls 28 ont été fouillés et 1 258 corps en ont été exhumés par les autorités irakiennes.

Près de la moitié de ces sites se trouve dans la province de Ninive, où se situe Mossoul, qui fut un temps la capitale irakienne de l'EIIS et où les extrémistes commirent de nombreuses atrocités contre la minorité yézidie.

Selon la Haute-Commission irakienne pour les droits de l'homme, plus de 3 000 yézidis sont toujours portés disparus à Ninive, en plus de 4 000 autres personnes.

Le reste de ces sites est réparti entre les régions nord des provinces de Kirkouk et de Salaheddine, et de l'Anbar à l'ouest.

Certains doivent encore être être excavés par les forces armées irakiennes, mais les autres sont toujours en danger à cause des combats ou contaminés par les engins explosifs que l'EIIS a laissés derrière lui.

Selon ce rapport, le plus important de ces sites devrait être le gouffre d'al-Khasfa, au sud de Mossoul, où près de 4 000 personnes auraient été tuées.

L'EIIS avait posé des explosifs à al-Khasfa, qui ont tué un journaliste et trois membres des forces irakiennes l'an dernier.

Après avoir repris Mossoul, les troupes du gouvernement irakien ont chassé l'EIIS de ses autres bastions urbains et ont déclaré la victoire contre le groupe fin 2017.

« Une reconnaissance totale »

Mais de nombreuses familles irakiennes pensent que certains de leurs proches disparus ont été tués par l'EIIS, ou cherchent désespérément des restes de leurs proches dont elles savent qu'ils ont été exécutés par le groupe.

« Les familles de ces victimes doivent effectuer ce signalement à plus de cinq organismes d'État pour valider les exigences légales en vue de connaître le sort de leurs proches portés disparus », a précisé ce rapport, appelant à la création d'un organisme unique pour ce processus.

La Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet a estimé que connaître la vérité sur ces charniers sera « déterminant pour assurer une reconnaissance totale des atrocités commises par l'EIIS ».

« Les crimes horribles de l'EIIS en Irak ne font plus les gros titres, mais le traumatisme persiste pour les familles des victimes, et des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants sont toujours portés disparus », a-t-elle conclu.

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