Terrorisme |
2018-05-18

Une vie normale est un rêve encore lointain pour les Syriens déplacés par l'EIIS


Les civils de la province syrienne de Deir Ezzor fuient « l'État islamique en Irak et en Syrie » pour le camp d'al-Sadd, dans la province d'al-Hasakeh. [Photo fournie par les Forces démocratiques syriennes]
Les civils de la province syrienne de Deir Ezzor fuient « l'État islamique en Irak et en Syrie » pour le camp d'al-Sadd, dans la province d'al-Hasakeh. [Photo fournie par les Forces démocratiques syriennes]

Bien que « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) n'occupe désormais plus qu'une petite fraction du territoire qu'il contrôlait autrefois en Syrie, de très nombreuses familles continuent de souffrir des effets de son invasion.

À l'époque où le groupe avait pris le contrôle de larges portions de la Syrie, notamment dans les provinces d'al-Raqqa et de Deir Ezzor, de nombreux habitants avaient été contraints de fuir, a expliqué Mohammed Hesso, travailleur humanitaire dans le nord de la Syrie.

Après avoir été chassé des régions qu'il occupait, l'EIIS a laissé derrière lui un champ de ruines qui empêche de nombreux déplacés internes (DI) de rentrer, a-t-il ajouté pour Diyaruna.

La ville d'al-Raqqa a été transformée en un champ de mines, a-t-il ajouté, soulignant que la plupart des quartiers sont truffés d'engins explosifs improvisés (EEI) posés par le groupe avant son départ.

Cela empêche le retour des habitants de la ville, dont la plupart restent encore dans des camps de déplacés, a poursuivi Hesso.

« Les décombres des bâtiments détruits durant la guerre contre le groupe doivent également être retirés, tout comme les corps, dont beaucoup se trouvent encore sous les gravats », a-t-il ajouté.

La même situation se retrouve dans d'autres parties d'al-Raqqa, de Deir Ezzor et d'al-Hasakeh, a-t-il expliqué.

L'EIIS a conservé un bout de territoire le long de l'Euphrate, à proximité d'Albou Kamal, et certaines petites zones dans le désert de l'est de la Syrie et à la frontière avec l'Irak, bien qu'il soit de plus en plus pilonné dans ces zones.

L'EIIS continue de souffrir

Mayada Abboud Salman, native d'al-Mayadine qui vit maintenant dans le camp de déplacés d'al-Sadd, a expliqué à Diyaruna que son mari avait insisté pour fuir la ville après que celle-ci fut tombée aux mains de l'EIIS, par peur pour la sécurité de leurs deux filles, âgées de 15 et 16 ans.

« Tout le monde sait que les jeunes filles sont un trésor précieux pour les activistes du groupe et que [beaucoup] sont mariées de force à des activistes », a-t-elle poursuivi.

Un « funeste sort » est ce qui attendait ses filles si cela s'était produit, a-t-elle ajouté.

Salman a expliqué que sa famille n'avait pas réussi à vendre ses affaires personnelles avant de fuir, ce qui aurait signalé leur intention de s'enfuir.

En attendant de pouvoir regagner leur maison, les Syriens présents dans les camps « souffrent d'un manque d'aide humanitaire », a expliqué Azad Dudeki, l'un des responsables du Croissant-Rouge kurde à Afrin.

« La plupart des organisations humanitaires ne fournissent pas d'aide par peur pour la vie de leurs membres », a-t-il expliqué à Diyaruna, et les habitants des camps souffrent avant tout du manque de services médicaux.

Les enfants, les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques sont les plus exposées, a-t-il poursuivi, soulignant que les problèmes de santé viennent s'ajouter « à la pénurie d'eau et aux difficultés financières ».

« La plupart des habitants des régions saisies par l'EIIS travaillaient dans l'agriculture et l'élevage, et quelques-uns occupaient des postes dans l'administration », a précisé Dudeki, ajoutant qu'ils ont perdu leur principale source de revenus lorsqu'ils ont fui le groupe.

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