Terrorisme |
2018-03-02

Al-Baghdadi a perdu sa capacité à diriger, selon des analystes


Le leader de l'EIIS Abou Bakr al-Baghdadi avait fait une rare apparition publique en 2014, lorsqu'il avait déclaré son soi-disant « califat » depuis la mosquée al-Nouri de Mossoul. [Image largement diffusée en ligne]
Le leader de l'EIIS Abou Bakr al-Baghdadi avait fait une rare apparition publique en 2014, lorsqu'il avait déclaré son soi-disant « califat » depuis la mosquée al-Nouri de Mossoul. [Image largement diffusée en ligne]

Le leader de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) Abou Bakr al-Baghdadi a perdu la capacité à diriger directement son groupe, estiment des analystes irakiens, soulignant qu'il ne dispose plus de l'autorité nécessaire pour maintenir sa position au sommet de la hiérarchie du groupe.

Al-Baghdadi, qui fait l'objet d'un mandat de recherche international et des autorités irakiennes pour des accusations de terrorisme, est soupçonné se cacher dans la région frontalière de Syrie.

Il est possible qu'il ait été grièvement blessé, peut-être même qu'il soit paralysé, par suite d'une frappe aérienne, a expliqué la cellule de renseignement Falcons du ministère irakien de l'Intérieur le 12 février.

Des rapports des renseignements indiquent que le leader de l'EIIS est toujours vivant et qu'il a peut-être été blessé lors d'une frappe aérienne destinée à le neutraliser, a expliqué l'expert en sécurité Saeed al-Jayashi à Diyaruna.

D'autres rapports indiquent la possibilité qu'al-Baghdadi se cache dans la région (désertique) orientale de Badiya en Syrie, non loin de la frontière irakienne, a-t-il poursuivi.

Affaibli, mais toujours menaçant

« Nous sommes certains que ce criminel souffre et est affaibli, depuis qu'il a perdu un nombre important de ses lieutenants, de ses territoires et de ses financements », a poursuivi al-Jayashi.

Néanmoins, « il compte encore autour de lui des gens qui l'aident et lui permettent de communiquer avec les membres d'autres groupes terroristes qui lui ont apporté leur soutien », a-t-il ajouté.

Parmi eux, Boko Haram au Nigeria, Wilayat Sinai en Egypte et Abou Sayyaf aux Philippines, des affiliés de l'EIIS, a-t-il poursuivi.

L'EIIS a été moins actif sur le terrain, mais son idéologie et son prosélytisme restent influents dans les pays où sont basés le groupe et ses affiliés.

En dépit des pertes et des perturbations subies par le groupe, a poursuivi al-Jayashi, certains de ses sites web et de ses publications en ligne sont encore actifs. Parmi ceux-ci se trouvent sa lettre d'informations al-Naba et son agence de propagande Amaq, qui ont toutes deux connu quelques périodes d'interruption de publication.

Al-Jayashi a mis en garde que le leader de l'EIIS compte sur son influence dans les médias pour insuffler une nouvelle vie à son groupe, et a appelé à une vigilance renforcée et à des efforts permanents pour éliminer al-Baghdadi et son commandement.

Le terroriste le plus recherché

Le 6 février, les autorités irakiennes ont publié une liste des « chefs terroristes internationalement recherchés ». Al-Baghdadi figurait en tête de cette liste.

Il apparaît maintenant qu'al-Baghdadi n'est plus directement responsable de la gestion ou de la direction de l'EIIS, a indiqué le chercheur Hashim al-Hashimi, spécialiste de l'étude des mouvements extrémistes.

« Il est certain qu'il est vivant et qu'il se déplace dans la région syrienne de Badiya sous une forte protection qui lui permet de passer sous les radars », a-t-il expliqué à Diyaruna. « Quant à son rôle au sein du groupe, il ne fait que superviser par le biais d'un haut comité».

Celui-ci, baptisé commission déléguée, « est maintenant responsable de l'ensemble des trente-cinq affiliés que compte le groupe dans le monde, et gère les affaires militaires, financières, légales et médiatiques », a précisé al-Hashimi.

Cela montre la fin du leadership direct d'al-Baghdadi, a-t-il ajouté, soulignant que les leaders de ces affiliés « considèrent al-Baghdadi comme un atout et un leader spirituel ».

« Incapable de diriger »

« L'ambiguité entourant le sort d'al-Baghdadi ne nous permet pas d'exclure certaines hypothèses le concernant personnellement », a expliqué le député irakien Iskandar Witwit, membre de la commission parlementaire pour la défense et la sécurité.

Elles incluent notamment la possibilité qu'il ait été « contourné ou écarté du pouvoir » par suite de la défaite du groupe, a-t-il expliqué à Diyaruna, ou que par suite de blessures sérieuses, il soit « dans l'incapacité de diriger opérationnellement ses partisans ».

Selon Witwit, il est parfaitement possible qu'al-Baghdadi se cache en Syrie.

« Au final, nous espérons que la vie de ce criminel viendra bientôt à sa fin », a-t-il conclu.

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