http://diyaruna.com/fr/articles/cnmi_di/features/2019/02/20/feature-01

×
×

Politique |

Les Irakiens désapprouvent l'ingérence de l'Iran dans leurs affaires

Faris Omran

Se connecter via Twitter Se connecter via Facebook

Qassem Suleimani, commandant de la force d'élite Qods, est devenu le visage de l'ingérence iranienne en Irak, rapportent des observateurs. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Les Irakiens rejettent de plus en plus l'ingérence flagrante de l'Iran dans les affaires souveraines de leur pays, ont fait savoir des observateurs irakiens à Diyaruna.

La personnalité la plus importante associée à l'ingérence iranienne en Irak est toujours le major général Qassem Suleimani, commandant de la force Qods, qui fait partie du « Corps des Gardiens de la révolution islamique » (CGRI-FQ).

Les apparitions publiques fréquentes de Suleimani dans les villes irakiennes sont une provocation pour les civils irakiens, car elles soulignent la forte influence de Téhéran en Irak, ont indiqué des observateurs.

Qassem Suleimani, commandant de la force d'élite Qods, rencontre un groupe de leaders de milices irakiennes en 2016. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Les médias et les comptes de réseaux sociaux favorables à l'Iran publient régulièrement des photos de Suleimani en Irak, rencontrant les dirigeants de milices soutenues par l'Iran et travaillant pour le compte du CGRI.

L'Iran encourage Suleimani à se rendre en Irak lorsqu'il y a des tensions « pour confirmer que le pays est l'acteur principal sur la scène irakienne et qu'il détient toutes les solutions aux problèmes les plus difficiles », a expliqué Hilal al-Obeidi, auteur et politologue irakien.

« Nous avons vu Suleimani [en public] à plusieurs occasions, dernièrement lors des élections législatives en mai 2018 et pendant les négociations pour former le gouvernement et nommer les ministres », a-t-il précisé à Diyaruna.

« L'Iran et le CGRI ont autorisé Suleimani à s'occuper de l'Irak, car il est influent dans ce pays et a de bonnes relations avec les chefs de milices », a-t-il indiqué.

Suleimani est considéré comme « le commandant de fait de toutes les factions activistes pro-Iran dans le pays », a ajouté al-Obeidi, notant qu'il est globalement considéré comme le dirigeant iranien le plus influent d'Irak.

Mécontentement des Irakiens

Il y a « beaucoup de mécontentement dans les rues d'Irak en ce qui concerne l'ingérence de Suleimani dans les affaires politiques, économiques et de sécurité du pays », a déclaré à Diyaruna l'analyste stratégique et militaire Rabie al-Jawary.

« Les Irakiens sont inquiets de la domination de Suleimani sur plusieurs partis politiques et factions armées d'Irak », a-t-il rapporté, notant que le commandant iranien cherche toujours à exercer son influence sur l'Irak et dans son processus de prise de décisions.

Les milices armées d'Irak directement liées à l'Iran comprennent l'Organisation Badr, Kataeb Hezbollah, Harakat al-Nujaba et Assaib Ahl al-Haq.

« Les Irakiens ne considèrent pas Suleimani comme un ami, et ils savent pertinemment que ses visites successives en Irak et ses activités et réunions avec [Abou Mahdi] al-Muhandis [chef adjoint des FMP], et d'autres commandants de milices ne sont pas dans l'intérêt de leur pays », a-t-il indiqué.

« L'Iran compte placer Suleimani en tant que leader ayant le dernier mot dans toutes les décisions irakiennes », a-t-il ajouté, et envoyer un message fort au monde pour dire qu'il continuera à saper la souveraineté irakienne et à épuiser les ressources du pays.

L'hégémonie de l'Iran et ses attaques continues contre ses opposants politiques en Irak ont atteint un niveau critique, a-t-il fait savoir, « la seule solution étant une position ferme de la part de la communauté internationale pour mettre fin aux plans de l'Iran ».

L'ingérence iranienne est « répréhensible »

Le CGRI a de nombreux conseillers répartis dans les milices irakiennes soutenues par l'Iran, a indiqué al-Jawary.

« Ces conseillers iraniens ont des milliers d'activistes sous leur commandement, lesquels sont prêts à faire tout ce que l'Iran leur demande de faire », a-t-il poursuivi.

« Les actions de Suleimani et son ingérence dans nos affaires internes sont répréhensibles », a affirmé à Diyaruna Muhannad al-Fahdawi, âgé de 41 ans.

« Il devrait se concentrer sur les affaires de son pays et nous laisser gouverner le nôtre, sans tutelle iranienne », a-t-il déclaré.

« Nous ne sommes pas optimistes en ce qui concerne les responsables iraniens, que ce soit Suleimani ou un autre », a fait savoir Ayman Ali, fonctionnaire de 35 ans.

« Tout ce qu'ils veulent, c'est affaiblir et détruire l'Irak », a-t-il affirmé à Diyaruna.

Ali a appelé à des mesures dissuasives pour mettre fin aux « activités suspectes des responsables iraniens et pour adopter des positions fortes contre leur influence et leur ingérence flagrante » dans les affaires irakiennes.

Se connecter via Twitter Se connecter via Facebook
Aimez-vous cet article?
106
37

5 COMMENTAIRE (S)

Politique Commentaire Captcha
| 2019-03-21

Merci pour la publication de la vérité.

Répondre
| 2019-03-18

Est-ce qu'il y a vraiment une vacance officielle dans toutes les provinces demain? Ou est ce que la nouvelle n'est pas vraie?

Répondre
| 2019-03-12

Malheureusement, la plupart de ceux qui parlent de politiques n'y comprennent pas grand-chose. Tous les pays du monde y compris l'Iran, cherchent leurs intérêts au détriment des autres pays. Cela est dans le cas où ces pays sont faibles, comme l'Irak. Alors que pour les États égaux, ils adoptent le principe d'intérêts communs. C'est comme cela que les pays sont depuis qu'ils ont été créés pour la première fois.

Répondre
| 2019-02-20

Que Dieu se venge de l'Iran du mal!

Répondre
| 2019-03-21

Vous parler de quoi? Vous dites des absurdités, ce n'est pas la malveillance, c'est le pouvoir et la corruption.

Répondre