Terrorisme |

2018-02-12

Tahrir al-Sham envoie sa « police religieuse » à Idlib

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Des membres de Tahrir al-Sham en patrouille dans Idlib. [Photo fournie par Moussab Assaf]
Des membres de Tahrir al-Sham en patrouille dans Idlib. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Ces derniers jours, Tahrir al-Sham a fait circuler des équipes de sa al-hesba (sa « police religieuse »), connues sous le nom de Sawaed al-Khair, qui patrouillent dans la ville d'Idlib, ont expliqué des habitants et des militants de la ville à Diyaruna.

Ces équipes ne sont pas différentes de celles de l'al-hesba envoyées par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) pour infliger de dures punitions aux civils soupçonnés d'infractions, ont-ils ajouté.

Dimanche 11 février, une patrouille de Sawaed al-Khair a ainsi arrêté six jeunes de la ville d'Idlib parce qu'ils portaient des jeans, a expliqué à Diyaruna le militant local Moussab Assaf, utilisant un pseudonyme par crainte pour sa sécurité.


Le rond-point d'al-Saa, dans la ville d'Idlib, après une explosion survenue samedi 10 février qui a tué sept personnes. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Le rond-point d'al-Saa, dans la ville d'Idlib, après une explosion survenue samedi 10 février qui a tué sept personnes. [Photo fournie par Moussab Assaf]


Un poste de contrôle de Tahrir al-Sham près de la ville d'Idlib. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Un poste de contrôle de Tahrir al-Sham près de la ville d'Idlib. [Photo fournie par Moussab Assaf]

Ces jeunes hommes étaient accusés de ne pas respecter le code vestimentaire imposé par l'alliance extrémiste, et ont été emmenés jusqu'à un poste de Tahrir al-Sham, où ils ont reçu 20 coups de fouet, dix dans le dos et dix sur les jambes.

Ce type d'incident se produit régulièrement, a ajouté Assaf.

Par exemple, la veille, le 10 février, dix étudiants avaient été éloignés d'un établissement d'enseignement, a-t-il poursuivi, avec un professeur qui avait tenté de les défendre, et fouettés pour ne pas avoir respecté le code vestimentaire ni la coiffure imposée.

« Les habitants d'Idlib sont abasourdis par de tels actes », a-t-il ajouté, soulignant qu'ils rejettent complètement Tahrir al-Sham et « sont convaincus que l'alliance extrémiste cherche à les assujettir pour les punir de leur rejet ».

Un état d'anarchie

Des éléments de l'al-hesba de Tahrir al-Sham ont également suspendu un programme caritatif qui avait permis de transporter gratuitement des civils dans la ville d'Idlib, a encore indiqué Assaf.

L'alliance a confisqué les bus et arrêté les chauffeurs, les accusant de permettre à des hommes et des femmes de voyager ensemble et laissant monter à bord des femmes portant du maquillage, a-t-il poursuivi.

On a toutefois appris par la suite que cette décision avait été appliquée alors qu'un membre de Tahrir al-Sham exploite une flotte de bus concurrente dans la ville, a précisé Assaf.

Ces récentes interventions de la « police religieuse » de Tahrir al-Sham interviennent dans un état permanent d'anarchie, notamment des attentats à la bombe et des cambriolages.

Des attentats à la bombe ont été perpétrés coup sur coup samedi et dimanche, le premier faisant sept morts près du rond-point d'al-Saa de la ville, et le second tuant un émir de Tahrir al-Sham, ressortissant asiatique, dans les faubourgs de la ville.

Les éléments de Tahrir al-Sham agissent maintenant comme des « gangsters », a ajouté Assaf, et certains ont même été impliqués dans un récent vol de carburant destiné au chauffage des écoles.

Les patrouilles de l'alliance ont cambriolé à de nombreuses reprises des maisons et des magasins du village d'al-Halba, dans les zones rurales de Maarrat al-Numan, et une patrouille a volé de la farine dans une boulangerie du village de Tel Mardikh, a-t-il rapporté.

Selon des militants et des civils de la ville, a-t-il conclu, cette farine a été par la suite revendue dans un village voisin.

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