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Droits de l'Homme |

En Irak, l'enterrement de corps non identifiés relance les appels en faveur des enquêtes

Faris al-Omran

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Des combattants de la milice irakienne Harakat al-Nujaba, soutenue par l'Iran, le 24 juillet dans les faubourgs de Bagdad, sur cette photo postée en ligne par la milice.

Des groupes de défense des droits de l'homme irakiens ont dit espérer que les efforts se poursuivront pour identifier les corps découverts dans diverses parties de la province de Babil après que des dizaines d'entre eux ont été enterrés cette semaine, dont ceux de femmes et d'enfants.

Leur sort ne peut être enterré avec les victimes, ont-ils poursuivi, appelant le gouvernement à continuer à travailler pour identifier à la fois les victimes et les auteurs, et demandant aux familles des personnes portées disparues à se faire connaître.

Les corps non identifiés enterrés ce week-end « ont été trouvées durant ces trois dernières années dans différentes parties de la province de Babil », a ajouté Ali al-Bayati, porte-parole de la Haute Commission irakienne indépendante pour les droits de l'homme.

Ils avaient été déposés au service de police scientifique de Babil avant qu'une organisation caritative ne les prenne en charge samedi 10 août et les enterre dans un cimetière de la province de Kerbala, a-t-il rapporté dans un communiqué.

« Des tests DNA ont été effectués sur les restes, et ils ont été enterrés conformément à la loi », a poursuivi al-Bayati.

« Une commission des autorités concernées de la province de Babil a été mise en place pour suivre l'évolution de cette affaire », a-t-il ajouté, et la Haute Commission indépendante pour les droits de l'homme « assurera le suivi avec cette commission ».

Le porte-parole des tribus de Ninive Cheikh Muzahim al-Huweit, a expliqué mardi à Diyaruna que 31 corps avaient été enterrés, selon un décompte public.

Aucun des corps n'a été identifié, a-t-il indiqué, à l'exception d'un seul, un Irakien nommé Mohammed Hamed Ghaith.

« Parmi ces corps se trouvaient ceux de femmes et d'enfants, très probablement originaires de régions du nord de Babil, certainement de Jarf al-Sakhr, et d'autres provinces comme Ninive et l'Anbar », a-t-il ajouté.

Selon lui, il est probable que ces victimes aient être visées par des milices irakiennes appuyées par l'Iran.

Les milices soupçonnées de meurtres

« Durant la guerre contre 'l'État islamique en Irak et en Syrie' (EIIS) et après, ces milices ont enlevé de grands nombres d'habitants de Jarf al-Sakhr et d'al-Razaza (dans l'Anbar) et des Plaines de Ninive », a ajouté al-Huweit.

Ils les avaient transférés vers des prisons secrètes tenues par ces milices, notamment une administrée par le Kataib Hezbollah aligné sur l'Iran dans la région de Jarf al-Sakhr.

L'on pense que certaines des personnes portées disparues auraient été assassinées à différentes époques, a-t-il poursuivi, soulignant que la découverte de ces corps « indique que ces milices ont commis de nombreux massacres contre des civils ».

« Nous disposons d'informations montrant que certains d'entre eux sont peut-être enterrés dans des charniers dans la région de Jarf al-Sakhr, mais nous ne savons pas combien ni l'emplacement exact de ces charniers », a-t-il ajouté.

Dans une déclaration publiée lundi, Thamir al-Shammari, membre de la Haute Commission indépendante pour les droits de l'homme, a demandé « une enquête pour découvrir les circonstances, le sort et les faits relatifs à ces corps ».

Pour sa part, la coalition al-Qarar al-Iraqi a exhorté le gouvernement à « ouvrir une enquête sur les raisons de la perte de ces vies ».

Il est nécessaire de découvrir « qui sont les criminels responsables de ces massacres loin du contrôle de l'État et de la loi », a conclu la coalition dans un communiqué.

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