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Sécurité |

L'EIIS perd son territoire mais reste une menace, préviennent des experts irakiens

Khalid al-Taie

Des combattants des FDS participent le 23 mars à un défilé de célébration près du champ pétrolier d'Omar, dans la province de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, après avoir annoncé l'élimination totale du dernier bastion de l'EIIS à al-Baghouz. [Delil Souleiman/AFP]

Cette photo prise le 24 mars montre des combattants de l'EIIS montant dans des pick-up après s'être rendus aux FDS dans le village al-Baghouz, dans la province de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie. [Giuseppe Cacace/AFP]

Des membres des FDS marchent dans le village d'al-Baghouz le 24 mars, un jour après que l'EIIS a été déclaré vaincu par les FDS. [Delil Souleiman/AFP]

Cette photo prise le 24 mars montre de la fumée s'élevant derrière des véhicules détruits et des bâtiments endommagés dans le village d'al-Baghouz, un jour après que l'EIIS a perdu son dernier territoire en Syrie. [Delil Souleiman/AFP]

La fin de la guerre contre « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) ne signifie pas pour autant « la fin de ce groupe terroriste », ont mis en garde des experts irakiens lundi 25 mars.

La perte par le groupe du village syrien dal-Baghouz, dernière poche de territoire qu'il contrôlait encore, est un choc violent pour les éléments de l'EIIS, ont-ils concédé, mais la « menace terroriste demeurera ».

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont prononcé la mort du « califat » autoproclamé de l'EIIS samedi, après avoir remporté dans l'est de la Syrie une guerre de près de cinq ans contre les extrémistes.

Mais l'alliance arabo-kurde et ses soutiens de la coalition internationale ont mis en garde que la lutte était cependant loin d'être terminée.

Cette photo prise le 24 mars montre un livre abandonné écrit en arabe et en russe à côté d'une arme cassée posés à même le sol dans le village d'al-Baghouz un jour après que les FDS ont déclaré la défaite de l'EIIS. [Giuseppe Cacace/AFP]

L'EIIS maintient une présence dans le vaste désert syrien et dans d'autres régions du pays sous la forme de cellules dormantes, et continue de revendiquer des attaques meurtrières dans les zones contrôlées par les FDS.

« Dans un avenir proche, nous verrons l'EIIS se concentrer exclusivement sur l'insurrection et les attaques rapides, plutôt que tenter de récupérer son territoire » en Syrie, a expliqué à l'AFP l'expert en groupes extrémistes Tore Hamming.

« La défaite militaire subie à al-Baghouz est un choc violent pour les terroristes, et elle marque la fin de leur groupe, qui a désormais perdu tout le territoire dont il s'était emparé [en 2014] », a déclaré à Diyaruna l'expert en stratégie Ahmed al-Sharifi.

« La bataille de libération dans son aspect général est terminée, car l'EIIS ne contrôle plus un seul pouce de terrain, que ce soit en Syrie ou en Irak », a-t-il indiqué.

« Guérilla secrète »

« Mais nous ne pouvons cependant pas affirmer que c'est la fin du groupe, parce que la menace règne toujours par le biais de ses résidus et de ses cellules dormantes », a-t-il ajouté.

« Vaincre ces derniers éléments ne sera pas une tâche facile et de court terme », a-t-il poursuivi, soulignant qu'après sa défaite, l'EIIS va vouloir se regrouper et mener des opérations de « guérilla secrète ».

Les responsables ont également mis en garde contre le danger continu que représentent les milliers de combattants étrangers détenus dans les prisons des FDS.

« Ces milliers de combattants, de femmes et d'enfants venus de 54 pays, auxquels viennent s'ajouter les Irakiens et les Syriens, représentent un lourd fardeau et un grand danger pour nous et pour la communauté internationale », a déclaré à l'AFP Abdel Karim Omar, haut responsable des affaires étrangères pour la région semi-autonome kurde du pays.

« Ce chiffre a grandement augmenté au cours des vingt derniers jours de l'opération à al-Baghouz », a-t-il indiqué.

Dimanche, des dizaines de combattants de l'EIIS, pour la plupart des hommes, sont sortis de tunnels pour se rendre aux FDS, a rapporté le porte-parole Jiaker Amed.

« D'autres pourraient encore être cachés », a-t-il ajouté.

Nouvelle phase de travail de sécurité et de renseignements

« La lutte contre le groupe passe maintenant de la confrontation militaire à une nouvelle phase de pur travail de sécurité et de renseignement fondé sur la surveillance, la reconnaissance et le contrôle grâce à des technologies avancées », a expliqué al-Sharifi.

« Les forces irakiennes progressent dans ce sens », a-t-il rapporté, soulignant le rôle que joue la coalition internationale pour apporter « une aide très efficace » qui a affaibli les éléments terroristes restants.

« Négliger ce rôle serait une erreur stratégique qui doit être à tout prix évitée par les preneurs de décision irakiens, car nous avons encore besoin du soutien de la coalition », a-t-il affirmé.

« Par soutien, nous n'entendons pas seulement la formation et l'armement, mais aussi la coordination pour les informations et les opérations conjointes contre les éléments restants de l'EIIS », a déclaré al-Sharifi.

« Grâce à ses capacités militaires non conventionnelles, la coalition fournit à nos forces des informations sur les repaires de l'ennemi et nous aide à mieux les cibler. »

« Nous avons affaire à des terroristes répartis en petits groupes sur une vaste zone au terrain naturel complexe, et leur élimination dépend de la disponibilité de technologies sophistiquées pour la surveillance aérienne et radar et les opérations tactiques », a-t-il détaillé.

« À l'heure actuelle, nous ne disposons pas de cette capacité, et nous dépendons principalement de l'aide de la coalition internationale pour appuyer nos efforts visant à détruire les cellules et les repaires des terroristes », a-t-il poursuivi.

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