http://diyaruna.com/fr/articles/cnmi_di/features/2019/03/05/feature-03?di_exp_001=true

×
×
Terrorisme |

Les Irakiens demandent une enquête sur un charnier syrien

Khalid al-Taie

Des manifestants à Sinjar dénoncent le massacre de dizaines de femmes yézidies par l'EIIS sur cette photo publiée sur internet vendredi 1er mars. [Photo tirée de la page Facebook d'Omar Kato]

Le gouvernement irakien a reçu des rapports concernant le massacre par « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) de dizaines de femmes yézidies en Syrie, et se prépare à poursuivre l'enquête, ont indiqué des responsables irakiens mardi 5 mars.

La semaine dernière, des responsables kurdes ont fait savoir que des corps et des têtes avaient été trouvés dans un charnier près d'al-Baghouz, dernier bastion de l'EIIS dans la province de Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie.

Celui-contenait des corps d'hommes et les têtes d'une cinquantaine de femmes qui seraient des Yézidies enlevées, selon plusieurs articles de presse.

Cette annonce a déclenché une vague de colère en Irak.

Des manifestants demandant que les femmes yézidies enlevées soient libérées se rassemblent dans la rue al-Mutanabi du centre-ville de Bagdad vendredi 1er mars. [Photo tirée de la page Facebook d'Hadi Nayef Mohsen al-Zubeidi]

Des dizaines d'Irakiens ont participé aux manifestations vendredi, et plusieurs organisations et partis du pays ont publié des communiqués avec des leaders communautaires yézidis condamnant ce crime.

Depuis, la Haute commission indépendante des droits de l'homme irakienne a reçu des signalements d'agences internationales et de groupes yézidis « confirmant qu'un crime a eu lieu », a rapporté le porte-parole Ali al-Bayati à Diyaruna.

« Dès que ces signalements sont arrivés, nous avons exprimé notre condamnation et notre rejet de ce crime, qui démontre la brutalité et la barbarie de ce gang terroriste », a-t-il indiqué.

« Nous avons ensuite écrit aux agences gouvernementales concernées, les appelant à assumer leurs responsabilités, et nous attendons avec hâte une réponse officielle sur cette question pour entamer les procédures d'enquête », a-t-il déclaré.

Enquête sur le crime

Le gouvernement irakien avait déjà mis en place une commission chargée d'enquêter sur le sort des Yézidis et des autres Irakiens enlevés par l'EIIS, a fait savoir al-Bayati.

« Une fois que le gouvernement aura donné son approbation, cette commission se chargera de l'enquête et recueillera des détails pour déterminer ce qui s'est passé », a-t-il expliqué.

En fonction des conclusions, il est probable que la Haute commission pour les droits de l'homme rejoigne par la suite les membres de cette commission pour extraire les corps découverts et procéder à des tests pour identifier les victimes, a-t-il précisé.

La Haute commission irakienne pour les droits de l'homme « documentera également ce crime dans le cadre d'une série de crimes terroristes », a-t-il fait savoir.

« L'équipe des Nations unies chargée d'enquêter sur les méfaits de l'EIIS est aussi chargée de la question des victimes yézidies », a rapporté al-Bayati.

« Nous sommes confrontés à un nouveau crime contre le droit international commis par une organisation terroriste, constituant un crime de guerre », a-t-il déclaré, ajoutant que poursuivre de tels crimes dépasse le cadre de la loi irakienne.

« Nous voulons donc que la communauté internationale agisse avec nous pour enquêter et mettre en place des tribunaux spéciaux pour juger les auteurs de ces crimes », a-t-il fait savoir.

Le sort des Yézidis est toujours inconnu

Selon des statistiques officielles, 6417 hommes, femmes et enfants yézidis ont été enlevés par l'EIIS après son invasion de la ville irakienne de Sinjar le 3 août 2014.

Ces dernières années, plusieurs personnes enlevées ont été libérées, mais le sort d'environ la moitié d'entre elles est toujours inconnu.

Le Bureau des affaires des Yézidis enlevés a réussi à libérer « 45 Yézidis enlevés par l'EIIS en Syrie depuis le début de l'année », a indiqué mardi à Diyaruna son directeur Hussein al-Qaidi.

« Parmi eux se trouvaient quatorze enfants, trois femmes, les autres étant des hommes libérés la semaine dernière en territoire syrien et transférés vers leurs proches à Sinjar », a-t-il conclu.

Aimez-vous cet article?
0

0 COMMENTAIRE (S)

Politique Commentaire
Captcha