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Société |

2018-11-15

La Syrie entame les démolitions dans un faubourg de Damas

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Le faubourg d'al-Qaboun, dans l'est de Damas, qui avait été un bastion majeur de l'opposition, est en cours de démolition. [Photo fournie par Mohammed al-Beik]
Le faubourg d'al-Qaboun, dans l'est de Damas, qui avait été un bastion majeur de l'opposition, est en cours de démolition. [Photo fournie par Mohammed al-Beik]

Le régime syrien a commencé à mettre en œuvre un processus de changement démographique dans les faubourgs de Damas, a rapporté un militant syrien à Diyaruna.

À al-Qaboun, quartier de l'est de la ville qui avait été un bastion majeur de l'opposition, un processus de démolition à grande échelle est en cours, a fait savoir le militant Mohammed al-Beik.

Al-Qaboun a été remis au régime conformément aux récents accords conclus, et a été entièrement vidé de ses habitants, a-t-il rapporté à Diyaruna.


Les travaux de démolition concernent tous les bâtiments et les établissements commerciaux d'al-Qaboun, un faubourg de l'est de Damas. [Photo fournie par Mohammed al-Beik]

Les travaux de démolition concernent tous les bâtiments et les établissements commerciaux d'al-Qaboun, un faubourg de l'est de Damas. [Photo fournie par Mohammed al-Beik]

Il y a quelque temps, les institutions du gouvernement syrien ont commencé à évacuer le district d'al-Qaboun, à commencer par les usines qui fonctionnaient depuis des décennies, puis les domiciles privés, a raconté al-Beik.

Ceci a été fait sous le prétexte de réaménager la zone et de détruire les structures construites sans permis, en vertu de la loi sur la rénovation urbaine, communément appelée Décret 10 et qui détaille la réorganisation et le réaménagement de la région de Damas.

Ce Décret 10 permet au gouvernement de saisir des propriétés privées pour créer des zones de développement, indemnisant les propriétaires avec des parts dans les nouveaux projets.

Mais des experts internationaux et des agences des droits de l'homme ont dit craindre que son application en Syrie ne comporte de nombreuses infractions.

Si leur terre fait partie d'un nouveau projet de développement, les propriétaires perdent inévitablement leur propriété, et ils doivent suivre des mesures bureaucratiques dans un délai très court pour obtenir des parts en échange, ont-ils déclaré. Mais les propriétaires sont souvent déplacés, il leur manque des papiers, ils sont en difficulté financière, et ils ne découvrent parfois pas à temps les conditions nécessaires.

« Une stratégie évidente »

Selon al-Beik, la fermeture des usines, des zones industrielles et des ateliers était une stratégie évidente visant à couper toutes les sources de revenu des habitants de la zone.

« Les propriétaires d'usines et d'ateliers n'ont touché aucune indemnisation », a-t-il précisé.

Et bien que les propriétaires de grandes usines aient été invités à se relocaliser dans la zone industrielle d'Adra, encore plus à l'est de Damas, ils doivent payer pour les terrains sur lesquels les nouvelles usines seront construites, a-t-il fait savoir.

« Mais le prix des terres dépasse les moyens de la plupart des industriels », a-t-il ajouté, notant que le régime veut de toute évidence « les chasser de la zone avec ces conditions impossibles ».

Quant à la population civile, a poursuivi al-Beik, ils ont tous été évacués, et on leur a promis qu'ils recevraient des parts financières comme compensation pour les terres où se trouvaient leurs constructions.

« Cela a poussé de nombreuses personnes à vendre leur propriété à bas prix, afin de ne pas se retrouver sans rien si le régime décidait de saisir leurs biens », a-t-il rapporté.

Le régime a profité de la situation, a-t-il déclaré, notant que des fidèles du régime ont acheté les propriétés à un prix réduit pour ensuite les revendre aux institutions du régime.

La démolition de tout le district d'al-Qaboun a commencé, a affirmé al-Beik, et il sera reconstruit en accord avec le nouveau plan démographique mis en œuvre par le régime syrien, selon lequel seuls des partisans du régime y habiteront.

Les entreprises irano-syriennes présentes dans la zone se chargeront de bâtir la nouvelle ville, a-t-il ajouté, ce qui suggère que des factions alliées au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) y seront aussi logées.

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