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Terrorisme

Les miliciens pro-syrien s'en prennent aux civils après la suspension des salaires

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Firas Jaham, un commandant des FDN, a récemment été accusé d'avoir vendu de grandes quantités de munitions et d'armes, mais il a été retrouvé son poste après une période de détention. [Photo fournie par l'Euphrates Post]

Les membres de la milice des Forces de défense nationale (FDN), qui est favorable au régime, deviennent de plus en plus violents dans la ville syrienne de Deir Ezzor et mènent des activités illégales pour compenser leurs pertes financières, ont rapporté des militants à Diyaruna.

Le régime est dans une situation financière difficile, ce qui entraîne une pause dans le versement des salaires aux membres de la milice. Cela a conduit à une augmentation des exactions contre les habitants locaux et à des troubles dans les rangs des combattants.

Le militant de Deir Ezzor Jamil al-Abed a déclaré à Diyaruna que l'anarchie règne parmi les éléments des FDN dans la ville de Deir Ezzor après que les salaires n'aient pas été versés pour le troisième mois consécutif.

Il a attribué l'arrêt des paiements aux « graves difficultés financières rencontrées par le régime syrien à cause des sanctions et de la longue guerre ».

Les milices fidèles au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et à la Russie souffrent également d'un manque de liquidités, a-t-il déclaré, notant que les différends publics entre les éléments de la base et leurs officiers sont devenus quotidiens.

De nombreux éléments refusent d'exécuter les ordres ou d'accomplir les tâches qui leur sont assignées, a fait savoir al-Abed, notant que certains se sont retirés de la milice jusqu'à ce que le versement des salaires reprenne.

De plus, des dizaines de membres des FDN qui travaillent dans divers secteurs gouvernementaux et militaires dans la ville de Deir Ezzor ont été démobilisés.

Les milices des FDN opèrent sous le régime syrien, le CGRI et les forces russes. Celles qui sont stationnées dans la ville d'Albou Kamal reçoivent des ordres du CGRI, tandis que d'autres milices dans la ville de Deir Ezzor sont affiliées à la Russie et aux forces du régime, a expliqué al-Abed.

Les officiers des milices se livrent à des activités illégales pour gagner de l'argent, a-t-il indiqué, notamment la récente tendance qui vise à faire sortir clandestinement des jeunes des zones contrôlées par le régime en échange d'argent, et la vente de cartes d'identité de la milice pour des sommes exorbitantes pouvant atteindre un million de livres syriennes (2 150 dollars).

Les cartes d'identité sont précieuses, car leurs détenteurs sont dispensés d'effectuer le service militaire obligatoire dans l'armée du régime, alors que les arrestations se poursuivent contre les personnes éligibles au service militaire dans la province de Deir Ezzor, a-t-il expliqué.

Plusieurs fonctionnaires syriens ont volé des fonds qui étaient alloués au versement des salaires, a indiqué al-Abed. Trois d'entre eux ont été arrêtés, tandis qu'un quatrième a réussi à s'échapper ; il se serait enfui avec 15 millions de livres syriennes (29 000 dollars).

« Bandes de mercenaires »

Saleh al-Afisi, officier de l'Armée syrienne libre (ASL) dans la campagne d'Alep, a déclaré à Diyaruna que les FDN avaient été créées par le régime syrien pour compenser la perte de ses combattants dans la guerre et suite aux défections au début du soulèvement.

Mais avec le temps, les membres de la milice se sont transformés en « bandes de mercenaires qui changent d'allégeance entre l'Iran, la Syrie et la Russie » en fonction de qui paie le plus et qui a le plus d'influence dans les zones où ils sont présents, a-t-il déclaré.

Firas Jaham, un commandant des FDN, également connu sous le nom de Firas al-Iraqi, entretient des liens étroits avec le CGRI, mais reçoit ses ordres des forces russes et serait financé par le régime syrien, a indiqué al-Afisi.

Jaham a récemment été accusé de vendre de grandes quantités de munitions et d'armes, mais il a retrouvé son poste après une période de détention.

Le militant de Deir Ezzor Ammar Saleh a expliqué à Diyaruna que l'arrêt des paiements pour les miliciens des FDN a entraîné une augmentation des vols et l'imposition de tributs.

Dans la région de Deir Ezzor, où ils sont le plus fortement déployés, des tributs sont imposés aux points de contrôle de sécurité et aux propriétaires de magasins, a-t-il fait savoir, ajoutant que des dizaines de cambriolages ont eu lieu dans les zones où les FDN sont chargées de la sécurité.

Les objets volés sont systématiquement vendus sur des marchés désignés, la majeure partie de l'argent allant aux officiers de la milice et à leurs associés.

Selon Saleh, la situation s'est « détériorée au point que certains responsables des FDN pillent les dépôts d'armes et vendent leur contenu pour compenser la perte des salaires ».

D'autres sont également engagés dans des opérations de trafic de drogue et de stupéfiants à grande échelle, a-t-il conclu.

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