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Sécurité

La Syrie et la Russie sous pression à l'organisme de surveillance des armes chimiques

Par l'équipe de Diyaruna et l'AFP

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Un Syrien montre des restes de roquettes qui auraient été tirées par les forces du régime sur la ville assiégée de Douma dans la Ghouta orientale le 22 janvier 2018. Le régime a été à plusieurs reprises accusé par les enquêteurs de l'ONU d'utiliser du chlore gazeux ou du gaz sarin dans des attaques chimiques parfois mortelles. [Hasan Mohamed / AFP]

La Syrie et la Russie ont fait face à de nouvelles pressions sur les allégations d'utilisation d'armes chimiques alors que les pays membres de l'oganisation de la surveillance mondiale des armes chimiques se sont réunis lundi 30 novembre.

La réunion a coïncidé avec la Journée annuelle en commémoration de toutes les victimes de la guerre chimique.

« L'ombre projetée par les armes chimiques a fait d'innombrables victimes, à la fois des civils et des soldats à travers le monde », a déclaré l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) dans un article publié sur les réseaux sociaux.

Dans un message commémorant l'occasion, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a déclaré que l'utilisation de telles armes n'importe où, par quiconque, en toutes circonstances, « est intolérable et constitue une grave violation du droit international ».

« Il ne peut y avoir aucune justification à l'utilisation de ces armes odieuses », a-t-il souligné. « Nous devons rester unis et déterminés à empêcher leur utilisation, ou la menace de leur utilisation. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous y habituer ».

Il a également mis en exergue que l'impunité pour l'utilisation d'armes chimiques est inacceptable.

« Il est impératif que ceux qui utilisent ou ont utilisé des armes chimiques soient identifiés et tenus pour responsables. C'est la seule façon de faire face à notre responsabilité morale envers les victimes de la guerre chimique », a-t-il ajouté.

Appels à des sanctions contre le régime syrien

Lors de la réunion de lundi des pays membres de l'OIAC, la Russie a été exhortée à révéler « en toute transparence » les circonstances de l'empoisonnement par l'agent neurotoxique de Novichok de la personnalité de l'opposition Alexei Navalny en août.

Le régime syrien a fait face à des appels à des sanctions à l'OIAC après que les enquêteurs l'ont accusé d'attaques au sarin en 2017.

La Russie et la Syrie ont rejeté à plusieurs reprises les accusations.

La Syrie n'a pas respecté le délai de 90 jours fixé en juillet pour déclarer les armes utilisées dans les attaques contre le village d'al-Lataminah et pour révéler ses stocks restants, a déclaré le chef de l'OIAC, Fernando Arias.

« La République arabe syrienne n'a achevé aucune de ces mesures », a indiqué Arias.

Il a déclaré que « des lacunes, des incohérences et des divergences » persistaient dans le compte-rendu du régime syrien au sujet de ses progrès sur son accord de 2013 d'abandonner toutes les armes chimiques suite à une attaque présumée au sarin qui a tué 1 400 personnes dans la Ghouta.

La France a proposé que l'OIAC « suspende les droits et privilèges » de la Syrie pour ne pas avoir respecté le délai, a déclaré l'ambassadeur français Luis Vassy, ajoutant que la proposition était soutenue par 43 États.

Celles-ci incluraient le droit de vote de la Syrie au sein de l'OIAC, la privant d'une voix devant un organe où elle détourne les allégations d'utilisation d'armes toxiques depuis des années.

La Russie sous pression à l'OIAC

La Russie, quant à elle, a subi des pressions pour l'empoisonnement de Navalny, que le politicien et les gouvernements occidentaux ont imputé au Kremlin.

L'OIAC a confirmé des traces de l'agent neurotoxique de l'époque soviétique Novichok dans des échantillons prélevés à Navalny à l'hôpital en Allemagne, où il se rétablit.

Arias a déclaré que l'OIAC était toujours en pourparlers avec la Russie pour y envoyer une équipe d'enquête pour jeter la lumière sur l'incident, a-t-il indiqué.

Dans une déclaration commune, 55 pays dont les États-Unis, le Japon, le Canada, l'Australie et de nombreux pays d'Europe ont déclaré qu'ils « condamnaient dans les termes les plus forts » l'attaque contre Navalny.

Ils ont exhorté la Russie « à apporter son aide ... en révélant de manière rapide et transparente les circonstances de cette attaque à l'arme chimique » sur le territoire russe.

L'OIAC compte 193 États membres et a remporté le prix Nobel de la paix en 2013 pour son travail de destruction des stocks mondiaux d'armes chimiques.

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