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Les activistes de Deir Ezzor accusent le régime syrien et le CGRI de la situation difficile

Waleed Abou al-Khair au Caire

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L'Hôpital al-Hana à al-Boukamal a été pris par le CGRI et rebaptisé Hôpital al-Shifa. [Photo via l'Œil de l'Euphrate]

Tandis que les habitants de Deir Ezzor dans les régions contrôlées par le régime doivent faire face à une pénurie critique de centres médicaux, les milices pro-iraniennes ont réquisitionné plusieurs hôpitaux et dispensaires pour leur propre usage, expliquent des activistes à Diyaruna.

Les institutions du régime syrien négligent la santé des habitants et les besoins sanitaires et médicaux des habitants dans certaines parties de Deir Ezzor, en particulier dans la localité frontalière d'al-Boukamal, a expliqué à Diyaruna Ayham al-Ali, activiste dans les médias dans la localité.

Il a précisé que cela se produit en dépit des promesses faites aux civils par le régime du président syrien Bachar el-Assad après que ses forces eurent pris le contrôle de la ville.

Le régime n'a également pas remis en état les hôpitaux qui avaient été endommagés ou détruits lors des combats destinés à chasser « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), a-t-il déclaré.

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L'hôpital de campagne al-Furat de Deir Ezzor vu sur cette photo non datée. [Photo via l'Œil de l'Euphrate]

Pénurie de personnel et de matériel

Al-Ali a précisé qu'un seul hôpital de la ville de Deir Ezzor fonctionnait actuellement, ainsi qu'un petit nombre de cliniques à al-Mayadeen et al-Boukamal, mais qu'ils manquent de matériel médical et de médicaments.

L'Hôpital al-Assad de la ville de Deir Ezzor manque de personnel, a-t-il ajouté, soulignant que les patients, notamment les femmes à la maternité, doivent attendre des heures et parfois des jours pour être vus par un médecin.

De plus, a-t-il ajouté, les forces du régime syrien et les milices alliées « gênent le travail du personnel de l'hôpital et parfois empêchent certains patients de recevoir leur traitement ».

Dans certains cas, des travailleurs civils, y compris des médecins et des infirmières, ont été « battus, violentés et menacés d'arrestation » s'ils refusent d'obéir aux ordres de traitement qui leur sont donnés, a-t-il poursuivi.

L'unique centre médical desservant la ville d'al-Boukamal et ses environs ne fonctionne que pendant les heures de travail (de 8 heures à 16 heures) et manque de personnel médical, d'équipement et de médicaments essentiels, a indiqué al-Ali à Diyaruna.

Ces pénuries de personnel médical, d'installations et d'équipements ont empiré pendant la pandémie de nouveau coronavirus (COVID-19), a-t-il ajouté, soulignant que le manque de respirateurs était particulièrement critique.

Ailleurs, dans certaines parties de la province contrôlées par les Forces démocratiques syriennes dirigées par les États-Unis, la coalition internationale apporte un soutien essentiel au secteur des services, notamment pour le lancement des travaux de remise en état de l'Hôpital de Hajin mi-octobre.

« La faute du régime et des milices »

L'activiste de Ezzor Ammar Saleh a expliqué à Diyaruna que le régime syrien et les milices affiliées au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) sont les grands responsables de la mauvaise situation sanitaire dans cette province de l'est de la Syrie.

Ils se sont emparés de l'hôpital de campagne al-Furat dans la ville de Deir Ezzor, a-t-il continué, ainsi que des hôpitaux al-Qods et al-Hana dans al-Boukamal.

L'hôpital al-Hana a été rebaptisé en al-Shifa, a-t-il poursuivi. L'Hôpital Aïsha, connu maintenant comme l'Hôpital Imam al-Baqer, est contrôlé par le Hezbollah libanais et est fortement gardé.

Saleh a ajouté que de nouveaux hôpitaux ont été mis en place par les milices affiliées à la Russie.

L'un d'eux a été installé à partir de deux maisons reconverties dans la localité de Madan, aux confins extérieurs de la province voisine d'al-Raqqa, a-t-il précisé, l'autre se trouve dans le quartier al-Filan de la ville de Deir Ezzor.

Luay al-Soufi, un habitant d'al-Boukamal, qui travaille dans le secteur de l'alimentaire, a expliqué à Diyaruna que les habitants de sa ville et de la campagne environnante souffrent grandement de la pénurie de services de santé.

Il a indiqué que peu d'hôpitaux traitent les cas d'urgence, ce qui contraint les civils à se rendre à Deir Ezzor ou à Damas pour leur traitement ou leurs médicaments, ce qui leur impose des dépenses supplémentaires qu'ils peuvent à peine se permettre.

De plus, a conclu al-Soufi, voyager non seulement aggrave l'état des patients, mais les expose également à d'autres dangers, comme le risque d'extorsion en chemin ou de corruption des éléments des milices, voire de vol pur et simple.

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