Sécurité

L'Irak va fermer les passages frontaliers non officiels avec l'Iran et la Syrie

Faris al-Omran

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Lors de sa réunion du 16 novembre, le gouvernement irakien a ordonné aux forces irakiennes de fermer tout passage frontalier non officiel pour freiner les activités de contrebande des milices. [Photo fournie par le bureau du Premier ministre irakien]

Le gouvernement irakien a annoncé cette semaine qu'il fermerait les passages frontaliers non officiels dans le but de lutter contre les activités de contrebande des milices pro-iraniennes et d'autres passeurs, et de couper leurs sources de financement.

Le Premier ministre Mustafa Kadhemi a ordonné lundi 16 novembre aux chefs de l'armée et des gardes-frontières de fermer tous les passages illégaux pour empêcher l'entrée de marchandises de contrebande et protéger les produits nationaux, selon un communiqué du gouvernement.

Deux jours plus tard, le Commandement des opérations conjointes a déclaré qu'il avait préparé un « plan de consultation avec un certain nombre de ministères compétents pour commencer à fermer tout passage non autorisé ».

Kadhemi a accepté de renforcer l'Autorité des ports frontaliers avec du personnel du service national de renseignement, a déclaré l'autorité dans un communiqué.

Bien qu'il n'y ait pas de données sur le nombre exact de passages illégaux parsemant les frontières de l'Irak, ils sont généralement concentrés sur la bande frontalière avec l'Iran et la Syrie.

La nouvelle décision du gouvernement intervient environ quatre mois après avoir décidé de sévir contre les milices et de réduire leur influence et leurs intérêts aux postes frontaliers officiels.

L'armée irakienne a ainsi pu resserrer son contrôle sur 11 ports frontaliers officiels avec les pays voisins, principalement avec l'Iran, en plus de quatre ports maritimes.

Pendant ce temps, l'Irak et l'Arabie saoudite ont rouvert mercredi leur frontière terrestre pour la première fois en 30 ans, les liens commerciaux plus étroits entre les deux pays agaçant les alliés de Téhéran en Irak, a rapporté l'AFP.

Bagdad voit le point de passage d'Arar comme une alternative potentielle à ses passages frontaliers avec l'Iran, par lesquels l'Irak se procure une grande partie de ses importations.

Priver les milices de sources de financement

La décision du gouvernement, bien que tardive, est une étape importante qui aidera à contrôler les frontières et à priver les milices soutenues par l'Iran et les groupes de passeurs de sources de financement qui leur apportent d'énormes revenus financiers, a déclaré vendredi à Diyaruna un économiste qui souhaitait rester anonyme.

Les mesures du gouvernement aideront à freiner l'entrée de drogues, d'armes et de matériaux interdits en Irak, ainsi que de marchandises qui ne sont pas conformes aux spécifications standard et menacent la santé et la sécurité des citoyens, a-t-il indiqué.

La surveillance des frontières et des passages illégaux est une initiative qui favorisera la protection des ressources nationales telles que les antiquités, les produits pétroliers et le bétail contre la contrebande à l'extérieur du pays, a déclaré l'expert.

Cela protégera également les produits et industries nationaux de la concurrence avec les marchandises introduites en contrebande sur le marché local et maximisera les revenus de l'État provenant des ports officiels, qui étaient fortement dominés par les agents iraniens avant la dernière campagne du gouvernement, a-t-il ajouté.

Ces milices coûtent chaque année à l’Irak des milliards de dollars de pertes en raison de leurs activités illégales à l'intérieur de ces ports, notamment le non-paiement des droits de douane ou des taxes, et la manipulation de la classification des produits industriels et leur enregistrement en tant que denrées alimentaires afin d'obtenir des exonérations de droits et de taxes, dit-il.

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