Criminalité et Justice

Une Allemande accusée de crimes contre l'humanité en Syrie

AFP

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Sur cette photo d'archive du 3 août 2018, des Yézidies syriennes défilent avec des photos lors d'une manifestation dans la ville d'Amouda pour commémorer les attaques de l'EIIS dans les montagnes de Sinjar, au cœur du territoire yézidi en Irak. [Delil Souleiman/AFP]

Mercredi 11 novembre, les procureurs fédéraux allemands ont accusé une Allemande de crimes contre l'humanité qui auraient été commis alors qu'elle vivait en Syrie en tant que membre de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

La suspecte, uniquement identifiée sous le nom Nurten J., mère de plusieurs enfants, est accusée de crimes liés à la persécution de la minorité yézidie dans un territoire contrôlé par l'EIIS.

Nurten J. serait la première Européenne accusée de crimes contre l'humanité pour des actes commis en Syrie en tant que membre l'EIIS.

Dans une déclaration, les procureurs ont précisé que cette femme s'était rendue en Syrie en 2015 avec sa fille, alors âgée de trois ans, pour rejoindre l'EIIS et épouser un combattant du groupe, également originaire d'Allemagne, avec qui elle a eu d'autres enfants.

Pendant les années 2016 et 2017, elle a reçu de fréquentes visites d'un ami qui possédait un « esclave » yézidi qui a également été contraint de travailler au domicile du suspect.

Nurten J « suivait l'idéologie de l'EIIS, selon laquelle l'asservissement des Yézidis était justifié », ont déclaré les procureurs de Karlsruhe.

La suspecte est également accusée de crimes de guerre contre des propriétés pour avoir vécu dans une maison prise par l'EIIS à ses occupants légitimes, et pour avoir mis en danger sa fille en l'emmenant dans une zone de guerre.

Elle est également accusée d'avoir enfreint la législation sur les armes.

Après que l'EIIS a perdu ses territoires en Syrie, l'accusée a été retenue en captivité par les Kurdes avant d'être transférée en Turquie puis renvoyée en Allemagne.

Compétence universelle

L'Allemagne a accusé plusieurs ressortissants allemands et étrangers de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis à l'étranger, en utilisant le principe juridique de la compétence universelle.

Celui-ci permet de poursuivre des crimes même s'ils ont été commis dans un pays étranger.

Cependant, peu d'accusations ont jusqu'à présent été portées contre des femmes.

L'année dernière, une Allemande du nom de Jennifer W. a été jugée à Munich pour un crime de guerre : elle avait laissé une fillette yézidie de cinq ans mourir de soif en Irak.

L'enfant et sa mère ont été maintenues captives comme esclaves domestiques par Jennifer W. et son mari membre de l'EIIS, un ressortissant irakien. Il est jugé en Allemagne pour génocide et meurtre.

Le mois dernier, un autre tribunal allemand a condamné l'épouse germano-tunisienne d'un rappeur devenu extrémiste à trois ans et demi de prison pour avoir participé à la rétention en esclavage d'une jeune Yézidie en Syrie.

L'EIIS a commis des atrocités contre les Yézidis en 2014, qui font actuellement l'objet d'une enquête de l'ONU afin de déterminer si elles peuvent être qualifiées de génocide.

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