Terrorisme

Les corps de membres de la tribu al-Shaitat exécutés par l'EIIS retirés d'un charnier

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des volontaires et des habitants locaux sortent les restes de victimes de l'EIIS d'un nouveau charnier découvert dans la province de Deir Ezzor. [Capture d'écran d'une vidéo de North Press]

Les restes de 26 victimes de « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) ont été retirés d'un charnier dans l'est rural de la province de Deir Ezzor.

Ces victimes, qui appartenaient toutes à la tribu al-Shaitat, avaient été tuées lors d'une série de confrontations violentes avec l'EIIS en août 2014.

Elles avaient été enterrées dans une longue tranchée creusée dans le désert, non loin de la localité d'al-Jamma, à proximité du champ de pétrole d'al-Omar, a indiqué à Diyaruna l'activiste dans les médias et membre de la tribu al-Shaitat Sameh al-Akidi.

À l'intérieur de ce charnier se trouvaient les restes d'hommes et de jeunes hommes exécutés par l'EIIS lors des affrontements qui avaient éclaté après que la tribu se fut soulevée contre le groupe pour s'opposer à son régime autoproclamé sur la province de Deir Ezzor.

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Les restes de victimes de l'EIIS sont transférés depuis un charnier jusqu'au cimetière de la tribu al-Shaitat dans la province de Deir Ezzor. [Capture d'écran d'une vidéo de Eye of the Euphrates]

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Des habitants de Deir Ezzor se rassemblent sur le site d'un charnier contenant les restes de membres de leur tribu exécutés par l'EIIS, près du champ pétrolier d'al-Omar. [Photo fournie par Halab Today TV]

L'EIIS avait alors organisé une répression meurtrière, assassinant 700 hommes de la tribu al-Shaitat.

Des dizaines de membres de cette tribu n'ont pas encore été retrouvés et figurent toujours sur les listes des personnes disparues. Ils ont disparu après que l'EIIS eut pris le contrôle de la région, et leurs restes n'ont jamais été retrouvés, a ajouté al-Akidi.

Plusieurs charniers ont été découverts par hasard, a-t-il poursuivi, et les retrouver demandera du temps en raison de l'immensité de la zone où ont eu lieu ces combats.

Après les violences de 2014, les combats entre l'EIIS et les combattants des tribus se sont poursuivis jusqu'en 2015, date à laquelle le groupe publia un décret ordonnant l'exécution de tous les combattants âgés de plus de 14 ans et la confiscation de leurs biens, a-t-il ajouté.

Al-Shaitat est l'une des plus importantes tribus de la région et son rejet précoce de l'EIIS et son soulèvement ont été essentiels dans la prise de conscience de la fin de l'aura d'invincibité du groupe, a-t-il expliqué.

Cela explique la réaction extrêmement violente de celui-ci, qui a fait près de 1 200 victimes entre 2014 et 2015, a-t-il ajouté.

Identification des restes

En collaboration avec l'Association des Martyrs d'al-Shaitat, l'équipe de premiers secours de l'Administration autonome a photographié les restes des victimes, a expliqué à Diyaruna l'activiste dans les médias à Deir Ezzor Jamil al-Abed.

Ils ont également récupéré les effets personnels trouvés en leur possession.

Ils ont ensuite comparé ces restes et ces effets retrouvés sur le site à des photographies prises par des civils peu de temps après que ces victimes eurent été exécutées.

Cela a permis d'identifier avec certitude 25 corps, un seul étant encore non identifié, a expliqué al-Abed.

« Toutes les victimes retrouvées dans ce site étaient des hommes et de jeunes hommes âgés de 18 à 35 ans », a-t-il ajouté, issues des familles al-Ahmad, al-Jirou, al-Raheem, al-Radsa, al-Bahr, al-Habib, al-Balo, al-Hanoush, al-Soufi, al-Owaid et al-Mahmoud.

Après cette identification l'Association des Martyrs s'est mise en rapport avec les familles des victimes pour transférer les corps dans les différentes tombes préparées par ces familles dans le cimetière d'al-Shaitat, a-t-il poursuivi.

Les habitants ont risqué leur vie

Selon Moataz al-Akidi, un habitant de la campagne de Deir Ezzor, ce charnier n'avait pas été creusé par les éléments de l'EIIS, mais par les habitants des villages voisins.

Il a indiqué qu'ils avaient attendu que les éléments de l'EIIS se soient éloignés après ces exécutions, puis avaient pris des photos de toutes victimes avant de les enterrer, dans l'intention de les identifier par la suite sur la base de ces photos.

« Ils l'ont fait au péril de leur propre sécurité », a expliqué al-Akidi, soulignant les conséquences qu'ils auraient encourues si l'EIIS s'en était rendu compte.

Les restants des vêtements retrouvés sur place furent comparés aux vêtements que les victimes portaient au moment de leur exécution, ce qui a facilité leur identification, a-t-il ajouté.

Après que ce charnier eut été identifié le 26 octobre, le processus d'identification des victimes a été achevé en l'espace de quelques jours, a-t-il ajouté, ce qui a économisé beaucoup de temps et d'efforts et a épargné le besoin de pratiquer des tests ADN.

Malgré le fait qu'apprendre que leurs fils avaient été exécutés a été très douloureux pour les familles, cela leur a également permis de faire leur deuil, a-t-il conclu.

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