Terrorisme

Découverte d’un charnier de l’EIIS par les forces irakiennes dans Kirkouk

Khalid al-Taie

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Le 11 décembre 2019, des experts irakiens ouvrent un charnier de victimes de l’EIIS dans la province de Salaheddine. [Photo fournie par le ministère irakien des Charniers]

Mardi 20 octobre, les forces irakiennes ont découvert un nouveau charnier contenant les restes de personnes assassinées par « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) dans Kirkouk durant la période où le groupe contrôlait la province.

La police fédérale a découvert ce charnier alors qu’elle menait des opérations de sécurité pour rechercher les derniers éléments du groupe dans les villages et les étendues de roseaux de la province, a déclaré dans un communiqué le porte-parole de l’armée irakienne Yahya Rassoul.

Ce charnier contient les restes de plus de cinquante personnes exécutées par l’EIIS entre 2014 et 2017, a-t-il ajouté.

Il est situé dans une zone éloignée, entre les frontières administratives de la ville d’al-Hawijah et le sous-district d’al-Riyadh, a expliqué à Diyaruna Naji Ibrahim al-Hawas, président du conseil local d’al-Hawijah.

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Le 16 mars 2019, des responsables irakiens visitent une exposition de photos consacrée aux charniers de yézidis dans la localité de Sinjar. [Photo fournie par le service irakien de médecine légale]

Les locaux appellent cette zone qui se trouve près du village de Dawood al-Alouka « les bois », a-t-il ajouté.

Les forces de police l’ont découvert « par accident », a-t-il poursuivi, après que les restes des victimes furent apparus en surface parce qu’ils avaient été enterrés à la hâte et exposés aux éléments.

Pour al-Hawas, le site éloigné de ce charnier indique que l’EIIS l’utilisait comme un site de rassemblement et d’exécution en masse de leurs victimes.

Ces victimes étaient probablement d’anciens membres des forces irakiennes de sécurité originaires des villages et des localités d’al-Hawijah , a-t-il précisé, soulignant que les militants avaient sorti ces hommes de chez eux pour aller les exécuter dans des endroits inconnus parce qu’ils craignaient qu’ils ne soient pas fidèles à l’EIIS.

« Il est également possible que parmi ces victimes se trouvent des membres de familles qui avaient fui les zones prises par l’EIIS mais qui n’avaient jamais pu atteindre les zones contrôlées par les forces de sécurité dans la ville de Kirkouk ou dans la province de Salaheddine », a-t-il ajouté.

« Le gouvernement devrait établir des priorités pour l’exhumation des charniers »

Le charnier découvert mardi « est le troisième que l’on découvre dans l’ouest de la province de Kikouk », a souligné al-Hawas.

Les deux autres, découverts il y a trois ans après la fin des combats pour la libération d’al-Hawijah, contenaient les restes d’un grand nombre de victimes, a-t-il poursuivi, ajoutant que les équipes du gouvernement et des Nations unies avaient examiné ces charniers et que les sites avaient été refermés, mais qu’ils devaient maintenant être rouverts pour en extraire les restes qu’ils renferment.

Al-Hawas a demandé au gouvernement d’accorder « la plus haute importance » à l’ouverture des charniers des victimes du terrorisme.

« Les familles de ces victimes nous demandent constamment de découvrir le sort de leurs proches, mais nous ne pouvons rien faire pour elles parce qu’ouvrir des charniers va au-delà de nos compétences », a-t-il expliqué.

Une telle entreprise nécessite des moyens techniques, du temps ainsi qu’un équipement et une expertise pour préserver les restes et procéder aux tests ADN en vue de découvrir l’identité des victimes, a-t-il indiqué.

Depuis 2017, plus de 200 charniers de victimes de l’EIIS ont été découverts, répartis sur les provinces de Ninive, de Salaheddine, de l’Anbar et de Kirkouk.

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