Économie

L’Irak développe la raffinerie de pétrole de Haditha après son arrêt forcé par l’EIIS

Khalid al-Taie

image

Le ministre irakien du Pétrole Ihsan Abdoul Jabbar Ismail lors de la cérémonie de lancement d’un nouveau projet de développement de la raffinerie de pétrole de Haditha, le 3 octobre. [Photo fournie par le ministère irakien du Pétrole]

Après des années de guerre contre le terrorisme, la province de l’Anbar s’efforce actuellement de développer son industrie pétrolière et compte utiliser ses ressources naturelles pour renforcer ses progrès et desservir l’économie nationale.

Les responsables irakiens ont annoncé le 8 octobre le lancement d’un nouveau projet de développement de l’une des plus anciennes et plus importantes raffineries de pétrole brut du pays, la raffinerie de Haditha, dans l’ouest de l’Anbar.

Cette raffinerie avait ouvert en 1949 avec une unité de production qui assurait une capacité de production de 6 000 barils par jour. Une seconde unité lui avait été adjointe en 1982, portant cette capacité de production à 10 000 barils par jour.

Après la chute de l’Anbar aux mains de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) en 2015, la raffinerie avait été contrainte d’arrêter sa production.

image

Des techniciens travaillent dans la raffinerie de pétrole de Haditha en octobre. [Photo fournie par la North Refineries Company]

Une raffinerie 100 % opérationnelle

Un responsable irakien qui a souhaité conserver l’anonymat a expliqué à Diyaruna que la raffinerie avait repris ses opérations en 2018, augmentant graduellement sa capacité de production.

La région entourant la raffinerie étant désormais débarrassée des éléments de l’EIIS et les principales routes y conduisant ayant rouvert, elle fonctionne maintenant à pleine capacité, a-t-il expliqué.

Le pétrole brut est extrait des champs de la province de Kirkouk et transporté à la raffinerie.

Ce responsable a ajouté que l’initiative visant à rétablir la capacité de fonctionnement totale de la raffinerie de Haditha est la troisième de ce type depuis des dizaines d’années. La société d’ingénierie locale a lancé les travaux de construction de deux unités supplémentaires pour une capacité de 10 000 barils par jour chacune, ce qui portera la capacité de production totale à 36 000 barils par jour.

Maintenant que la région a retrouvé la sécurité et la stabilité, a-t-il poursuivi, le ministère du Pétrole est impatient de développer le secteur pétrolier de l’Anbar.

Autosuffisance

L'économiste et spécialiste du pétrole Hamza al-Jawahiri a expliqué à Diyaruna que la province de l’Anbar possède de vastes ressources minérales et dispose du potentiel pour développer des sources d’énergies renouvelables.

Ces ressources naturelles sont notamment le phosphate et des sables de haute pureté utilisés dans la production de silicium et de conducteurs électroniques, a-t-il ajouté.

Toutefois, a-t-il ajouté, l’Anbar ne dispose pas encore de projets pétroliers à grande échelle car ses énormes réserves de gaz ne sont pas correctement exploitées.

Le secteur du raffinage pétrolier dans la province doit être développé pour être capable de produire plusieurs types de pétrole, a-t-il ajouté. La production de pétrole doit être encore renforcée pour atteindre un niveau plus élevé à même de subvenir à la demande de la province.

Le maire de Haditha, Mabrouk Hamid, a expliqué que les autorités espèrent que le développement de la raffinerie de Haditha renforcera l’image de la province de l’Anbar comme l’un des principaux producteurs de pétrole du pays.

Lorsque les deux nouvelles unités seront construites, la production escomptée de pétrole de cette raffinerie permettra de nouveaux développements, a-t-il poursuivi, soulignant que les autorités s'attendent à ce que la production journalière de la raffinerie dépasse 70 000 barils, ce qui permettra de couvrir la demande locale en carburant et possiblement plus.

Cette raffinerie est également concernée par d’autres projets pétroliers dans les provinces du nord, du centre et du sud, a-t-il continué.

« Chaque développement sera bénéfique au secteur pétrolier national », a-t-il expliqué à Diyaruna. « De plus, la proximité de la raffinerie avec les frontières de l'ouest du pays lui offre un potentiel à l’exportation. »

En outre, « nous disposons de réserves de gaz colossales dans le champ d’Oukaz, dans la province d’al-Qaim, proche de la frontière avec la Syrie, et des efforts sont en cours pour y investir », a-t-il conclu.

Aimez-vous cet article?

0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 / 1500