Sécurité

Des détenus syriens seront libérés du camp d’al-Hol

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Cette photo prise le 25 août montre des personnes passant devant des tentes dans le camp d’al-Hol, à al-Hasakeh. Des milliers de Syriens seront autorisés à quitter ce camp, a indiqué le 5 octobre un haut responsable kurde. [Delil Souleiman/AFP]

L’Administration autonome du nord-est de la Syrie a annoncé lundi 5 octobre son intention de vider le camp d’al-Hol, situé dans la province d’al-Hasakeh, de ses ressortissants syriens, après avoir reçu des garanties des leaders tribaux.

Cette mesure sera saluée par les communautés de ceux qui seront libérés, a indiqué à Diyaruna Farhad Khoja, officier dans les Forces démocratiques syriennes (FDS).

Les Syriens constituent la grande majorité de la population dans ce camp dans le désert, qui abrite des dizaines de milliers de détenus de différentes nationalités, notamment des familles et des femmes avec des enfants, a ajouté Khoja.

Selon l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), al-Hol abrite plus de 60 000 personnes, dont 24 300 Syriens qui avaient été soit capturés, soit déplacés par les combats, a rapporté l’AFP.

Les Irakiens représentent l’essentiel des étrangers à al-Hol.

L’Administration autonome avait déjà relâché des dizaines de familles après avoir reçu des garanties de la part des leaders tribaux, a ajouté Khoja.

Ces garants avaient confirmé le lieu de résidence de toutes les personnes libérées, et s’étaient engagés à ce que toutes les personnes libérées sous leur garantie ne commettent aucun délit lié à la sécurité, a-t-il poursuivi.

« La libération prochaine des Syriens détenus dans ce camp sera similaire aux libérations antérieures, mais elle se fera plus rapidement et à plus grande échelle », a-t-il noté.

L’administration étudie encore ce qu’il adviendra des détenus qui souhaitent quitter les zones contrôlées par Tahrir al-Sham et par d’autres groupes extrémistes, a-t-il ajouté, dans la mesure où ces détenus n’ont encore aucun garant à ce jour.

Khoja a indiqué qu’il s’attendait à ce que leur libération prenne plus de temps, jusqu’à ce qu’une solution acceptable soit trouvée. Il a expliqué que les garanties servent à s’assurer que les individus relâchés rejetteront l’idéologie extrémiste et s’abstiendront de reprendre contact avec des éléments extrémistes.

Soulager la pression dans al-Hol

Permettre aux ressortissants syriens de quitter al-Hol devrait soulager la pression sécuritaire dans le camp et améliorer la fourniture des services humanitaires à ceux qui restent, a ajouté Khoja.

Le surpeuplement a créé de nombreux problèmes et des agitations dans le camp, à cause de litiges personnels ou de cas dans lesquels des femmes extrémistes de l’EIIS ont battu, violenté, voire assassiné celles qui n’étaient pas d’accord avec elles.

Selon Khoja, le retour de milliers de détenus dans leurs familles aura un effet positif en termes d’instauration du calme et de la sécurité dans les zones de Deir Ezzor contrôlées par les FDS.

Il a souligné que certaines femmes syriennes avaient été trompées par l’idéologie du groupe, tandis que d’autres avaient accepté de facto la situation et s’étaient mariées ou l’avaient été à des membres de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

Beaucoup ne représentent aucun danger, a-t-il indiqué, ajoutant que cette initiative réduira les tentatives d’évasion qui échouent pour la plupart et mettent en danger la vie de celles qui tentent de s’échapper.

Autre conséquence de cette décision,a-t-il poursuivi, les trafiquants qui cherchent à profiter de l’aide apportée aux personnes pour tenter de s’échapper du camp perdront leur source de revenus.

Affrontements entre l’EIIS et le régime

Par ailleurs, des affrontements dans le désert syrien (Badiya) entre les forces pro-régime, appuyées par des frappes aériennes russes, et les bastions de l’EIIS ont fait au moins 90 morts dans les rangs des combattants ce mois-ci, a rapporté l’AFP ce mercredi.

Ces affrontements ont éclaté dans deux régions distinctes du vaste désert qui sépare la vallée de l’Orontes à l’ouest de la vallée de l’Euphrate à l’est.

Dans les rangs du régime, 41 combattants ont été tués, tandis que 49 extrémistes ont perdu la vie, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

Au moins dix combattants du régime et treize éléments de l’EIIS ont été tués durant les seules dernières 24 heures, a précisé le directeur de cet observatoire Rami Abdoul Rahman.

« L’EIIS tente de démontrer qu’il est encore fort », a-t-il ajouté.

Des unités mobiles de l’EIIS sont toujours actives dans le désert syrien, depuis que le groupe extrémiste a perdu le dernier lambeau de terrain qu’il contrôlait en mars de l’année dernière.

Les affrontements de septembre ont fait treize victimes parmi les combattants du régime et quinze extrémistes, tandis que début juillet, vingt combattants proches du régime avaient perdu la vie en deux jours.

En août, l’EIIS avait revendiqué un attentat, apparemment monté depuis le désert, qui avait coûté la vie à un général russe non loin de la ville de Deir Ezzor.

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