Politique

Les attaques des milices en Irak prouvent la nécessité de sanctions contre l'Iran

Hassan al-Obeidi

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Une photo prise le 13 mars montre les dégâts contre l'aéroport irakien de Kerbala, l'une des zones visées par les frappes aériennes américaines contre la Kataeb Hezbollah soutenue par l'Iran, suite à la mort de deux Américains et d'une Britannique. [Mohammed Sawaf/AFP]

Les attaques récurrentes par les milices fidèles au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) contre la Zone verte de Bagdad ne servent qu'à valider la campagne de pression maximale que les Etats-Unis mènent contre le régime iranien, ont affirmé des experts.

Depuis début août, une quarantaine d'attaques à la roquette ont visé les intérêts américains en Irak. Le 30 septembre, six roquettes ont été tirées depuis la province de Ninive contre l'aéroport d'Erbil, où sont basées des troupes américaines, a indiqué la division antiterroriste de la région kurde.

La division antiterroriste a accusé les Forces de mobilisation populaire (FMP), un réseau paramilitaire dominé par des factions alignées sur l'Iran, d'en être responsables.

Le 28 septembre, des roquettes ont frappé un village près de l'aéroport de Bagdad, où les troupes américaines sont stationnées, tuant cinq enfants et deux femmes de la même famille.

Le département d'État américain a désigné les milices soutenues par l'Iran qui agissent en Irak, déclarant qu'elles « représentent un danger inacceptable ».

Les attaques aux missiles contre l'aéroport de Bagdad et la Zone verte, où sont basées les missions européennes, américaines, britanniques et onusiennes, n'ont pu être ordonnées que par le CGRI, a déclaré à Diyaruna l'expert en politique et sécurité Ahmed al-Hamdani.

Les milices soutenues par le CGRI en Irak comprennent la Kataeb Hezbollah, Harakat al-Nujaba et Asaib Ahl al-Haq.

Ces attaques confirment aux Irakiens qu'ils sont confrontés à une menace due à la volonté du CGRI de « faire de leur pays l'arène d'un conflit par procuration », a déclaré al-Hamdani.

Ils affirment à la communauté internationale la validité de la campagne de pression maximale des États-Unis, qui vise à « persuader le régime iranien de changer ses pratiques et de mettre fin à ses ingérences en Irak, en Syrie, au Yémen et au Liban », a-t-il ajouté.

Le timing des attaques et leur nature synchronisée « confirment qu'il ne s'agit pas d'actes aléatoires des milices, mais d'une action systématique planifiée par le CGRI », a-t-il déclaré.

Pas d'alternative à l'État de droit

Le politologue irakien Mohammad al-Tamimi a déclaré à Diyaruna que ce serait une énorme perte pour les Irakiens si les États-Unis donnaient suite à leur menace de fermer leur ambassade à Bagdad à cause des attaques sur la Zone verte.

Cela isolerait l'Irak, a-t-il expliqué, ajoutant que les Irakiens perdraient des possibilités de soutien humanitaire, culturel, éducatif et économique.

« Plus important encore, ils perdraient un allié qui était l'une des principales raisons pour lesquelles ils sont débarrassés de 'l'État islamique en Irak et en Syrie' (EIIS) », a-t-il ajouté, tout cela à cause des milices soutenues par l'Iran.

Les forces irakiennes continuent de poursuivre les auteurs d'attaques menées avec des roquettes Katioucha et des engins explosifs improvisés (EEI), a fait savoir à Diyaruna le major général Tahseen al-Khafaji, porte-parole du commandement des opérations conjointes.

« Il n'y a pas d'alternative à la sécurité, à l'ordre et à l'État de droit », a-t-il affirmé.

Le Moyen-Orient est confronté à un nouvel état de chaos provoqué par le régime iranien et ses intermédiaires, a indiqué à Diyaruna Mohammed al-Araji, professeur de relations internationales à l'Université Salahaddine.

Les sanctions américaines contre le régime iranien ont considérablement réduit son ingérence dans les affaires des pays voisins, a-t-il déclaré, bien que le peuple iranien paie un lourd tribut aux actions du CGRI, sans le mériter.

« Il joue avec la vie des Iraniens »

« Le peuple iranien se demande maintenant combien de temps les gens auront faim à cause des rêves et des ambitions du régime dans d'autres pays », a rapporté à Diyaruna Mousa Afshar, dissident et militant politique iranien.

Le CGRI joue avec le sort de dizaines de millions d'Iraniens, qui souffrent de la forte dévaluation de la devise nationale et de la baisse de leur niveau de vie, ce qui se traduit par une augmentation record du taux de pauvreté, a-t-il déclaré.

Le nombre de chômeurs en Iran a atteint 30 millions, et environ 40 millions d'Iraniens vivent maintenant en dessous du seuil de pauvreté, a-t-il précisé.

Certaines familles vivent avec moins de 50 dollars par mois, et la malnutrition infantile est courante, a déploré Afshar.

Cela amène les gens à s'interroger sur « les montants dépensés pour les missiles et les milices » et à se demander pourquoi ces fonds ne sont pas dirigés vers le peuple iranien.

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