Diplomatie

Les milices soutenues par l'Iran menacent la sécurité et la réputation internationale de l'Irak

Faris al-Omran

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Le président irakien Barham Saleh a tenu une réunion le 27 septembre avec le Premier ministre Moustafa Kadhemi, le président du Parlement irakien Mohammed al-Halbousi et le président du Conseil judiciaire suprême, le juge Faeq Zidan, pour discuter des menaces que les milices soutenues par l'Iran font peser sur la sécurité du pays. [Photo fournie par le bureau de la présidence irakienne]

Les attaques lancées par les milices soutenues par l'Iran contre les sites militaires et diplomatiques américains en Irak menacent la sécurité et les relations étrangères du pays, a indiqué un expert irakien à Diyaruna lundi 28 septembre.

Les États-Unis ont déclaré au gouvernement irakien qu'ils prévoyaient un retrait complet de leur ambassade de Bagdad, à moins que l'Irak ne freine ces attaques.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a appelé le président irakien Barham Saleh la semaine dernière pour lui donner cet ultimatum, ont déclaré à l'AFP des responsables irakiens et étrangers.

« Les Américains ne sont pas juste en colère. Ils sont très, très, très en colère », a fait savoir un responsable irakien.

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Le 5 août, les forces irakiennes ont saisi plusieurs roquettes Katioucha utilisées contre la zone verte de Bagdad, où se situe l'ambassade américaine. [Photo fournie par la cellule de presse de la sécurité]

Un autre a ajouté : « La lune de miel est terminée. »

Les États-Unis ont toujours des centaines de diplomates en mission dans la zone verte de haute sécurité à Bagdad, et environ 3 000 soldats dans trois bases réparties dans le pays.

Depuis 2019, des dizaines de roquettes et d'explosifs improvisés ont visé ces sites, les responsables américains et irakiens accusant les factions soutenues par Téhéran, dont la Kataeb Hezbollah.

Washington a riposté à deux reprises par des frappes contre la Kataeb Hezbollah en Irak et a menacé en début d'année de bombarder plus de 120 autres sites si les attaques à la roquette coûtaient la vie à des Américains, a déclaré à l'AFP un haut responsable irakien.

Consensus croissant contre les milices

Les nouvelles menaces américaines semblent avoir aggravé la fracture grandissante entre les factions loyales à l'Iran et celles qui sont moins disposées à entrer dans une confrontation totale avec les États-Unis.

Après des mois de silence, le responsable religieux irakien populiste Moqtada al-Sadr s'est exprimé sur Twitter la semaine dernière pour demander « la création d'une commission de sécurité, militaire et parlementaire pour enquêter » sur les attaques à la roquette.

Quelques minutes plus tard, le Premier ministre Moustafa Kadhemi et d'autres hauts responsables du gouvernement ont approuvé cette recommandation.

« Il y a un consensus sur la condamnation de ces attaques. La Kataeb Hezbollah et les autres partisans de la ligne dure sont isolés et sans couverture politique », a fait savoir un responsable irakien.

Les milices sont loyales envers l'Iran et son Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et ne tiennent pas compte de l'intérêt national de l'Irak, a expliqué Ghazi Faisal Hussein, conseiller au Centre irakien d'études stratégiques.

Depuis l'annonce américaine, de nombreuses personnalités irakiennes ont publié des déclarations dénonçant les actions irresponsables des milices, condamnant les attaques comme une « atteinte à la souveraineté de l'Irak et à son statut international », a-t-il rapporté à Diyaruna.

Des commandants pro-iraniens des FMP sont limogés

Même les FMP ont qualifié les attaques de roquettes « d'actes militaires illégaux », ont nié toute implication et ont officiellement mis sur la touche deux commandants considérés comme trop favorables à l'Iran.

Hamid al-Jazairy, commandant adjoint de Saraya al-Khorasani, groupe soutenu par l'Iran, a été licencié de son poste de commandant de la 18e brigade des FMP, a indiqué Hussein.

Waad Qado (Abou Jaffar al-Shabaki), commandant de la milice de la 30e Brigade, affiliée à Hashd al-Shabak, groupe soutenu par l'Iran, a également été démis de ses fonctions, a-t-il ajouté.

Mais les partisans de la ligne dure s'organisent eux aussi.

Une demi-douzaine de groupes jusqu'alors inconnus ont revendiqué des attaques à la roquette contre les États-Unis et ont même menacé les Nations unies ces derniers mois.

Les responsables des services de renseignement irakiens et des sources politiques affirment que l'Iran a rassemblé les plus extrémistes de ses alliés irakiens dans ces nouvelles formations, a rapporté l'AFP.

Hussein a appelé à apporter « des changements fondamentaux aux FMP » qui soient conformes à la vision présentée par le grand ayatollah Ali al-Sistani dans sa rencontre récente avec le plus haut représentant des Nations unies en Irak.

Lors de cette réunion du 13 septembre, al-Sistani a appelé à imposer l'autorité de l'État et à empêcher l'éclatement des régions irakiennes en territoires séparés « contrôlés par certains groupes par la force des armes ».

Efforts concertés pour isoler les milices

Les milices soutenues par l'Iran doivent être isolées et empêchées d'utiliser les FMP comme couverture pour leurs activités malveillantes, a déclaré Hussein.

Les actes de violence qu'elles commettent sous le nom de « résistance » ne servent que « la stratégie radicale de l'Iran visant à plonger l'Irak et la région dans des guerres et des crises », a-t-il ajouté.

Ces milices sont dirigées par le CGRI « pour provoquer un conflit avec les États-Unis », qui dispose d'énormes capacités militaires, techniques et économiques, a-t-il poursuivi.

Le président Saleh a rencontré dimanche Kadhemi, le président du Parlement irakien Mohammed al-Halbousi, et le juge Faeq Zidan, président du Conseil judiciaire suprême, et ils ont condamné les actions des milices.

« Les actions de ces groupes illégaux contre la sécurité et la souveraineté du pays vont dans une direction dangereuse qui met réellement en danger la stabilité de l'Irak », ont affirmé ces responsables dans une déclaration à l'issue de la réunion.

Cela nécessite des efforts concertés à tous les niveaux et une position forte et active des différentes forces politiques pour faire face à cette escalade, ont-ils conclu.

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