Terrorisme

Les FDS remettent les restes des soldats tués par l’EIIS au régime syrien

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Une ambulance militaire du régime syrien transporte les restes de soldats exhumés de deux nouveaux charniers récemment découverts dans al-Raqqa. [Capture d’écran d’une vidéo via l’agence de presse Hawar]

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont remis au régime les restes de soldats syriens assassinés par « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) en 2014, a indiqué un responsable local à Diyaruna.

Ces restes avaient été enterrés dans deux charniers qui ont été récemment mis à jour dans la province d’al-Raqqa.

Les forces de sécurité intérieure kurdes (Asayesh) avaient découvert ces charniers avec l’aide des habitants du village de Farhaniya dans le district d’Aïn Issa, dans le nord d’al-Raqqa, a expliqué à Diyaruna Hamad al-Matar, volontaire auprès des Casques blancs.

Ils ont exhumé à ce jour plus de trente corps de ces deux charniers, a-t-il ajouté.

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Des membres de l’équipe de premiers secours du conseil civil d’al-Raqqa fouillent le site de charniers où des soldats syriens abattus par l’EIIS avaient été enterrés en 2014. [Capture d’écran d’une vidéo via l’agence de presse Hawar]

Des soldats syriens de la 93e brigade avaient été exécutés au quartier général de la 17e division dans la région, a-t-il poursuivi, alors même qu’ils s’étaient rendus à l’EIIS à l’issue d’un long siège.

Des civils de la région avaient enterré les corps par respect pour le caractère sacré des morts, a-t-il indiqué. Ils l’avaient fait hors de la vue des éléments de l’EIIS pour éviter d’être punis.

Dès le début du processus d’exhumation, le Bureau des relations publiques des FDS a contacté les forces du régime stationnées non loin d’Aïn Issa pour organiser la remise de ces restes.

Les Asayesh et les FDS ont récemment renforcé leurs efforts pour traquer les cellules dormantes de l’EIIS, supprimer toutes les traces des destructions survenues durant les combats contre le groupe, et chercher des charniers.

Plus important encore, ils organisent des activités sociales pour les habitants de la région, pour leur permettre de se remettre des effets psychologiques et sociaux du joug de l’EIIS, a ajouté al-Matar, notamment parce qu’al-Raqqa était le principal bastion du groupe lorsque celui-ci était au sommet de sa puissance.

Les habitants rejettent les pratiques de l’EIIS

Ammar Saleh, un activiste sur les réseaux sociaux et dans les médias, a expliqué à Diyaruna que les nouveaux charniers récemment découverts sont une nouvelle preuve du caractère criminel de l’idéologie de l’EIIS, « car ces soldats avaient été assassinés non armés après que tout contact avec leur commandement fut interrompu et que les officiers qui les accompagnaient eurent fui ».

À cette époque, les relations entre les habitants d’al-Raqqa et les soldats du régime étaient teintes d’hostilité, « mais les habitants avaient néanmoins enterré les corps [des soldats exécutés] malgré les risques qu’ils encourraient », a-t-il indiqué, signe de leur rejet des pratiques de l’EIIS.

Ils continuent à rejeter le groupe, a-t-il ajouté, comme en témoigne leur coopération étroite avec les FDS pour mettre à jour les cellules dormantes et les collaborateurs de l’EIIS.

Avec ces deux nouvelles découvertes, le nombre de charniers mis à jour aujourd’hui s’établit à 29, a indiqué le journaliste syrien Mouhammad al-Abdoullah à Diyaruna.

L'on estime qu’ils refermaient au total au moins 6040 corps, a-t-il ajouté.

Il est très difficile d’identifier ces corps, a-t-il poursuivi, soulignant que seulement 700 d’entre eux ont à ce jour pu être identifiés du fait de la difficulté à pratiquer des tests ADN sur les corps et les membres des familles des victimes, a-t-il expliqué.

Révéler les identités des soldats syriens tués pose cependant moins de difficultés, car il peut être procédé à des recoupements avec le registre des soldats du régime syrien portés disparus.

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L'identification de soldats syriens.

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