Droits de l'Homme

Les frappes aériennes russes ruinent les civils syriens

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des membres des Casques blancs sur les décombres d’une maison d’Idlib détruite par une frappe aérienne russe. [Photo fournie par la défense civile syrienne]

Les frappes aériennes russes dans le nord-ouest de la province d’Idlib et ses environs ont causé d’importants dégâts, détruisant la production agricole et les commerces, et privant les enfants de tout enseignement, ont expliqué des activistes à Diyaruna.

Ces frappes ont entraîné des vagues de déplacement et certains Syriens estiment que la Russie cherche à provoquer un changement démographique dans la région en veillant à ce qu’ils ne reviennent pas.

Mahmoud Ismail, un agriculteur d’Idlib, a déclaré à Diyaruna que les frappes russes visant la province et ses limites avaient conduit à un arrêt presque total des opérations agricoles, car les agriculteurs craignent d’être pris pour cibles.

Les nombreuses récoltes qui ont fait la réputation d’Idlib ont été endommagées, a-t-il poursuivi, soulignant que la province est le plus important producteur d’olives et d’huile d’olives du pays.

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Une frappe aérienne russe a détruit cette école dans la campagne d’Idlib. [Photo fournie par la défense civile syrienne]

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Les Casques blancs éteignent un incendie apparemment provoqué par une frappe russe sur une zone boisée près d’Idlib. [Photo fournie par la défense civile syrienne]

Ces attaques russes causent également du tort à d’autres entreprises, comme les propriétaires et les marchands de tracteurs, dont les activités ont été totalement interrompues, a expliqué Ismail.

Cela a contraint les propriétaires de commerces à importer des marchandises autrefois produites localement depuis l’extérieur de la région, poussant les prix des produits alimentaires essentiels à la hausse.

Par ailleurs, les frappes aériennes russes ont déclenché des incendies qui ont détruit des milliers d’hectares de terrains agricoles et de zones forestières, a-t-il ajouté, soulignant que ces frappes avaient même touché des zones où ne se trouvait aucun combattant.

Les Casques blancs ont lutté durement pour contenir ces incendies, a-t-il ajouté.

« Il semble que l’intention ait été de faire de ces zones des terres brûlées totalement inhabitables », a ajouté Ismaël, ajoutant que des milliers de maisons avaient été détruites par des bombardements quasi quotidiens.

Des écoles ravagées

Les régions agricoles d’Idlib sont visées par les frappes russes et et les bombardements du régime syrien, a rapporté à Diyaruna Khaled al-Khatib, un membre des Casques blancs.

À cela viennent s’ajouter les mines posées sans discrimination et les munitions non explosées, notamment des bombes thermobariques et à fragmentation larguées par les avions russes, qui ont tué ou blessé de nombreux agriculteurs, a-t-il ajouté.

« Nombre de localités et de villages ont été totalement rasés de manière systématique et délibérée », a-t-il indiqué, ajoutant qu’il semblerait que la Russie souhaite mettre en œuvre un changement démographique en « repoussant les habitants de cette région vers son pourtour ».

Le déplacement forcé de tant de civils, ainsi que la destruction et les dégâts occasionnés à des dizaines d’écoles, a sévèrement perturbé l’éducation des enfants, a poursuivi al-Khatib.

Cela signifie « qu'une génération entière d’enfants d’Idlib et de ses environs est effectivement privée d’enseignement, sauf le très faible pourcentage d’enfants qui sont restés dans la ville d’Idlib », a-t-il ajouté.

Même ces enfants ne fréquentent toutefois pas l’école de manière régulière, parce qu’ils cherchent à se mettre à l’abri dès qu’ils entendent le bruit des avions, a-t-il poursuivi.

Localités et villages vidés

Hani al-Numan, un activiste d’al-Numan actuellement déplacé dans la région frontalière, a expliqué à Diyaruna que les frappes aériennes russes avaient déclenché une vague de déplacements massive de centaines de milliers de civils.

Des dizaines de localités et de villages ont été vidés de leurs habitants, tout travail y a été arrêté et des milliers de magasins ont été fermés, a-t-il expliqué.

Cela a laissé des milliers de commerçants et de salariés sans emploi, « car il est impossible de tenir un commerce dans les camps », a expliqué al-Numan.

Il n’y a aucune possibilité de travail dans les camps, a-t-il ajouté, et la plupart de leurs habitants comptent sur l’aide fournie par les organisations humanitaires qui opèrent encore dans la région.

Même les commerces qui fonctionnent encore dans la ville d’Idlib éprouvent des difficultés en raison du faible pouvoir d’achat des habitants dans un contexte de détérioration de l’économie, a-t-il ajouté.

Les plupart des commerçants déplacés ont vu leurs économies fondre durant cette période de déplacement, a-t-il conclu, et ils sont en général dans l’impossibilité de faire repartir leur activité, même s’ils reviennent dans leur région.

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