Sécurité

Pour les Irakiens, les attaques des milices rappellent les groupes terroristes

Hassan al-Obeidi à Bagdad

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Un Irakien porte une banderole sur laquelle on peut lire « assez de tueries » lors d’une manifestation organisée à l’extérieur de la Zone verte à Bagdad, le 12 juillet, pour exiger que soient réprimées les milices et que l’usage des armes soit désormais limité aux forces gouvernementales. [Ahmad al-Rubaye/AFP]

Les attaques des milices visant des convois de camions et les installations diplomatiques et militaires en Irak rappellent celles lancées par al-Qaïda et « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), ont expliqué à Diyaruna des observateurs et des responsables politiques irakiens.

Trois attaques distinctes en 24 heures ont visé des installations militaires ou diplomatiques occidentales, ont indiqué mardi 15 septembre des sources diplomatiques et proches de la sécurité.

Mardi matin, un engin explosif improvisé (EEI) a visé un véhicule de l’ambassade du Royaume-Uni qui revenait de l’aéroport de Bagdad, a rapporté une source diplomatique à l’AFP.

Cette attaque, la première contre un véhicule du gouvernement britannique depuis plus de dix ans, s’est produite juste devant la Zone verte de haute sécurité, a ajouté cette source.

Durant la nuit, deux roquettes Katioucha ont visé l’ambassade des États-Unis, également dans la zone verte, a raconté le même responsable de la sécurité.

Le système de défense anti-roquettes C-RAM de l’ambassade les a abattues toutes les deux. Ce C-RAM, installé en début d’année dans l’ambassade, analyse les projectiles entrants et les fait exploser en l’air en les interceptant avec plusieurs milliers de balles par minute.

Lundi, ce sont deux EEI qui ont visé un convoi de matériel de la coalition internationale, a déclaré l’armée irakienne dans un communiqué.

Des sources proches des renseignements irakiens ont imputé des attaques similaires à un petit groupe de milices pro-iraniennes.

Avant les attaques de cette semaine, les milices appuyées par l’Iran avaient mené onze attaques depuis le mois d’août visant des convois de sociétés de transport qui apportaient des marchandises aux forces de la coalition internationale à Dhi Qar, Babel, Bassorah, Wasit et Bagdad.

L’une de ces attaques, menée à l’aide d’EEI de fabrication locale, a tué un chauffeur de taxi de 28 ans, blessé sept autres personnes et endommagé des biens publics et privés.

Le 21 août, au sud de Bagdad, une milice avait fait exploser un EEI enterré au milieu d’une route très fréquentée, tuant une personne et en blessant deux autres.

Le 2 septembre dans la province de Babel, une attaque avait blessé deux civils tandis qu’une autre qui visait un convoi transportant diverses fournitures vers une base militaire située au nord-ouest de Bagdad avait blessé un policier.

Des attaques qui blessent les civils irakiens

« Les attaques menées par les milices épaulées par l’Iran ne sont pas très différentes de celles menées en Irak par al-Qaïda entre 2003 et 2012 puis plus tard par l’EIIS », a déclaré un responsable du ministère de l’Intérieur à Diyaruna.

Dans les deux cas, a ajouté ce responsable sous couvert d’anonymat, les assaillants avaient affirmé « qu’ils avaient infligé des pertes dans les rangs des forces étrangères, alors qu’en réalité, les seules victimes avaient été des civils irakiens ».

Les milices à l’origine de ces attaques sont la Kataeb Hezbollah, Harakat al-Nujaba, Asaib Ahl al-Haq, Saraya al-Khurasani, la Kataeb de l’Imam Ali et Sayyed al-Shuhada.

De nouvelles milices ont récemment fait leur apparition avec des noms tels que Ashab al-Kahf (Peuple de la grotte) et al-Thaar (Revanche), a ajouté ce responsable, « mais en fait, il ne s’agit que de façades pour les milices mères ».

« Les convois qui sont attaqués n’ont rien à voir avec les forces américaines ou de la coalition internationale », a-t-il ajouté, expliquant qu’il s’agit en réalité de sociétés de transport irakiennes privées qui transportent de la nourriture, des équipements électriques et différentes pièces de rechange.

« Ces convois ne transportent aucun matériel de nature militaire ni de sécurité, mais les milices continuent d’affirmer qu’elles visent des convois de la coalition internationale lors de leurs diverses attaques », a-t-il expliqué. « Ce n’est tout simplement pas vrai. »

Les récentes attaques ont prouvé que les milices n’ont pas la capacité de menacer les forces de la coalition, a précisé à Diyaruna le spécialiste en affaires de sécurité Ahmed al-Hadithi.

Cela est mis en évidence par le fait qu’elles visent des camions conduits par des chauffeurs irakiens et transportant des marchandises civiles ordinaires, a-t-il indiqué.

En utilisant des EEI,ces milices mènent des attaques sous le couvert de l’EIIS, qui monte souvent ce type d’attaques, a poursuivi al-Hadithi, ajoutant que les milices pro-iraniennes représentent aujourd’hui une menace importante pour la sécurité et la stabilité de l’Irak.

« Acte de guerre contre l’Irak »

Pour le député irakien Hamid al-Mutlaq, ces attaques sont un défi à l’État et au droit irakien, soulignant que la coalition internationale est présente à la demande de l’Irak déposée en 2014, et que le gouvernement actuel a réaffirmé le besoin de son soutien.

Cela fait du fait de viser un convoi transportant des matériels à la coalition internationale et de tirer des roquettes contre la Zone verte et les bases qui accueillent ces forces « des actes de guerre dirigés au premier rang contre l’État irakien », a-t-il indiqué à Diyaruna.

Le gouvernement irakien est face au défi de rétablir le respect de la loi et la souveraineté de l’État, de lutter contre les armes non contrôlées, et de juger ces attaques comme une menace aussi grave que celle que représentent les groupes terroristes, a-t-il poursuivi.

L’activiste irakien Ahmed Haqqi a expliqué que les attaques répétées par les milices poussent les Irakiens à toujours plus rejeter et vilipender les milices pro-iraniennes, car ils craignent qu’elles ne les fassent retomber dans le cycle des attentats à la bombe, des barrages routiers et des morts.

« Non seulement ces attaques isolent les membres des milices de la société irakienne, de plus en plus hostile à leur égard », a-t-il précisé à Diyaruna, « mais elles poussent les Irakiens à ne plus vouloir voir une quelconque activité iranienne dans leur pays ».

« Cela est devenu manifeste ces derniers temps aux niveaux économique, commercial et même social », a-t-il conclu, « et il est maintenant clair que les Irakiens ne sont plus disposés à mettre une nouvelle fois en danger leur sécurité, pour quelque raison que ce soit. »

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Qui donne le pouvoir à cette milices pro-iranienne! Après la chute du régime Irakien !
C'est vous les occidentaux

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