Réfugiés

Les milices empêchent les déplacés de revenir dans les provinces irakiennes

Hassan al-Obeidi à Bagdad

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Le ministère irakien des Migrations et des Déplacements a facilité le retour le 13 août de centaines de familles dans la région d'al-Saadiya, dans la province de Diyala. Près de 118 familles ont été empêchées de rentrer par les milices soutenues par l'Iran, bien qu'elles aient été approuvées par les forces de sécurité. [Photo fournie par le ministère des Migrations et des Déplacements]

Les milices irakiennes affiliées au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien font obstruction au retour des familles déplacées dans leurs régions de Diyala et d'autres provinces, ont rapporté des civils et des responsables à Diyaruna.

Le 20 août, des activistes d'Assaib Ahl al-Haq et de Badr ont intercepté six bus gouvernementaux transportant environ 118 familles irakiennes déplacées du camp d'al-Saadiya dans la province de Diyala, où elles vivaient depuis plusieurs années.

Les familles ont été contrôlées par les forces de sécurité, et il a été déterminé qu'elles n'avaient coopéré avec aucun groupe terroriste affilié à « l'État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), et elles ont donc été autorisées à revenir.

Cependant, affirmant que les familles déplacées « constituent une menace pour la sécurité de la région », les activistes ont refusé de les autoriser à retourner chez elles et sur leurs terres dans le district de Kanaan du nord-est de Diyala.

Le retour des familles faisait partie d'un programme de retour volontaire parrainé par le gouvernement pour les déplacés internes (DI) d'Irak, soutenu par la mission des Nations unies à Bagdad.

Ahmed Abbas al-Zaidi, membre du conseil du district de Kanaan, a déclaré que comme les familles, qui comprennent beaucoup de femmes et enfants, étaient restées dans une chaleur extrême pendant des heures, les forces de sécurité les ont escortées jusqu'au camp d'al-Saadiya.

L'espoir est que leur séjour au camp soit temporaire, le temps que les autorités locales fassent ce qu'il faut pour faciliter leur retour, a-t-il déclaré à Diyaruna.

Défi à l'autorité gouvernementale

Al-Zaidi a indiqué que les milices armées défient l'autorité du gouvernement en faisant obstacle au retour des DI dans onze villes et villages de la seule province de Diyala. Les activistes affirment qu'ils seraient confrontés à une vengeance tribale s'ils autorisaient les familles à revenir.

Malgré cette affirmation, a-t-il précisé, les milices soutenues par le CGRI ont en réalité œuvré pour entraver le retour des DI.

Raad al-Dahlaki, député irakien de Diyala et président de la commission parlementaire pour l'immigration et les déplacements, a demandé au Premier ministre Moustafa Kadhemi de débarrasser la province des milices anarchiques qui sèment le trouble à Diyala.

« Les milices cherchent un changement démographique à Diyala », a-t-il affirmé dans un communiqué. « En sa qualité de commandant en chef des forces armées, le Premier ministre doit lancer une opération massive à Diyala pour la débarrasser des armes sans permis, ce qui permettrait le retour des DI ».

« D'abord l'EIIS, et maintenant le CGRI »

Le Centre irakien de documentation sur les crimes de guerre, une organisation non gouvernementale irakienne de défense des droits de l'homme, a également publié une déclaration, notant que ce n'est pas la première fois que les milices empêchent systématiquement les résidents de revenir à Diyala, notamment pour des raisons sectaires.

Ce scénario se répète dans plusieurs régions d'Irak, notamment à Babel, dans l'Anbar et à Salaheddine, a déclaré le député irakien Hamid al-Mutlaq à Diyaruna.

Il a ajouté que le gouvernement fait des efforts pour rendre possible le retour des DI, « mais les milices sont devenues un énorme problème », que le public a commencé à ressentir.

Riyad Jassem al-Zaidi, un DI âgé de 34 ans qui se trouvait dans un des bus en partance pour Diyala, a raconté : « D'abord, nous avons été déplacés par l'EIIS, et maintenant nous sommes déplacés par des milices affiliées au CGRI. Il n'y a pas l'air d'y avoir une grande différence entre les deux. »

« Je suis retourné au camp », a-t-il rapporté à Diyaruna. « Mais certaines personnes qui ont [suffisamment] d'argent ont loué un logement ailleurs, parce que le retour au camp est très déprimant. Tout le monde était heureux de dormir pour la première fois depuis longtemps sous un toit et derrière une porte, et non dans une tente. »

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