Économie

Le secteur industriel de Ninive de retour sur les rails

Khalid al-Taie

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Des travailleurs irakiens réparent une installation électrique de la cimenterie de Badoush, le 5 juillet. [Photo fournie par la Coopérative des ciments du Nord]

Le secteur industriel de Ninive, fortement endommagé et vandalisé sous le règne de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), se rétablit progressivement depuis que le groupe a été chassé, ont expliqué des responsables de la province.

Fin août, le gouverneur de Ninive Najim al-Jubouri a annoncé la réouverture de dix usines de produits alimentaires, notamment de sucre; de produits laitiers et d’huiles de cuisson, ainsi que de produits médicaux et pharmaceutiques.

Cela faisait quatre ans que ces usines avaient été fermées, a-t-il ajouté, par suite des dommages causés par l’EIIS et des combats pour chasser le groupe de la province.

Al-Jubouri a indiqué qu’une campagne de reconstruction est en cours, qui comprend des plans de réparation et de remise en état de 26 usines qui avaient été détruites et vidées de leurs machines par des éléments de l'EIIS.

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Le ministre de l’Industrie Manhal Aziz al-Khabbaz et d’autres officiels irakiens visitent Waladi, un fabricant de vêtements réhabilité de Mossoul, le 30 juillet. [Photo fournie par le ministère irakien de l’Industrie]

« De nombreux projets industriels ont été remis en service, d’autres sont en cours de construction ou de réhabilitation », a expliqué à Diyaruna le vice-gouverneur de Ninive .

Les plans de reconstruction des autorités locales ont permis de voir de grandes usines nationales reprendre du service, notamment les usines de ciment, de filature et de tissage, l’usine de prêt-à-porter (Waladi) et l’usine de produits laitiers de Mossoul, a-t-il déclaré.

L’usine de produits pharmaceutiques et de solutions intraveineuses a été remise en service, a-t-il indiqué, ainsi que celle de boissons et d'eaux gazeuses.

Dans les Plaines de Ninive, cinq usines de production de sucre, al-Qayyarah et Hammam al-Alil ont été remises en service, a-t-il expliqué, soulignant qu’elles emploient actuellement quelque 800 salariés.

Accent sur l’industrie

Lors de la récente visite du ministre de l’Industrie Manhal Aziz al-Khabbaz dans Ninive, les autorités locales lui ont demandé d’axer les efforts fédéraux sur la reconstruction et la remise en état de toutes usines détruites dans la province, a indiqué Rozbiani.

Le ministre a fait part de sa disponibilité à travailler à revitaliser le secteur industriel de la province, en fournissant des facilités et un soutien aux campagnes de réhabilitation et en ouvrant la porte aux investisseurs.

Ninive compte près de 2000 projets industriels, dont 200 grandes usines qui autrefois approvisionnaient le marché irakien en produits alimentaires et industriels, a-t-il indiqué.

Mais la plupart de ces projets avaient été totalement ou en partie endommagés par l’EIIS.

Le secteur industriel de Ninive retrouve progressivement ses niveaux de production antérieurs, a expliqué Rozbiani, « mais il reste beaucoup à faire ».

Il a souligné que la province avait accompli « des progrès importants » dans la réhabilitation de l’industrie du ciment, qui avait fait sa renommée.

Il existe six grandes usines de production de ciment dans Ninive, a expliqué Ali Ismat Ali, le directeur des communications extérieures de la Coopérative des cimenteries du Nord au ministère de l’Industrie.

Ces usines avaient toutes cessé de fonctionner après 2014, a-t-il indiqué à Diyaruna.

Les efforts de réhabilitation avaient commencé après que l’EIIS eut été chassé de Ninive fin 2017, a-t-il précisé, soulignant qu’aujourd’hui, les six sites travaillent à pleine capacité, voire dépassent leur capacité de production antérieure.

La cimenterie étendue de Badoush produit par exemple désormais près de 3600 tonnes de ciment par jour, a-t-il indiqué.

Contribuer à la reconstruction

La reprise de ces cimenteries a contribué à répondre aux besoins de Ninive pour ce produit de base, a-t-il poursuivi, et a contribué très fortement aux efforts de reconstruction de l’Irak.

La cimenterie de Hadba occupe à cet égard une place particulière, a-t-il indiqué, qui a fourni au barrage de Mossoul des ciments résistants spéciaux « pour renforcer les fondations du barrage ».

La réouverture de ces usines a également fourni des milliers d’emplois dans la production de ciment, le transport et le traitement de marchandises, a expliqué Ali.

Outre ses énormes ressources agricoles, Ninive était autrefois considérée comme « le cœur de l’industrie nationale irakienne », a expliqué Abdoul Rahman al-Mashhadani, professeur de relations économiques à l’Université irakienne.

Cela est dû au fait que la province abrite de très nombreuses petites, moyennes et grandes entreprises industrielles , a-t-il précisé à Diyaruna.

Ces entreprises étaient d’une grande importance économique, a-t-il ajouté, car elles étaient en mesure de répondre aux besoins en divers biens et produits de base de la population locale et de réduire la dépendance aux importations.

Une renaissance du secteur industriel réduira la crise du chômage, a expliqué al-Mashhadani, indiquant que le taux de chômage avait bondi de 14 % à 36 % ces dernières années par suite de l’impact dévastateur du terrorisme.

« Faire tourner les usines signifie plus d’emplois et de sources de revenus pour les citoyens et améliore de ce fait leurs conditions de vie et leur situation sociale, et réduit les taux de pauvreté et d’analphabétisme », a-t-il conclu.

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