NOUVELLES D’IRAK
Politique

Kawtharani « indésirable » en Irak, déclarent des militants

Hassan al-Obeidi

image

Une image non datée prise lors d'une réunion montre Muhammad Kawtharani, courtier du Hezbollah, dans les locaux du conseil politique du parti dans la banlieue sud de Beyrouth. [AFP]

Les Irakiens, irrités par l'influence de l'Iran dans leur pays, sont de plus en plus agités par la présence de Muhammad Kawtharani, courtier du Hezbollah, largement perçu comme un remplacement du général iranien décédé Qassem Soleimani.

Doté de la double nationalité libanaise et irakienne, Kawtharani est devenu l'homme fort de l'Iran en Irak après que Soleimani, qui commandait la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (FQ-CGRI), ait été tué en janvier.

La transition a eu lieu lors de bouleversements et de manifestations qui ont débuté en octobre, et au cours desquelles des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour dénoncer l'ingérence de l'Iran en Irak, la corruption du gouvernement et l'état du pays.

Les États-Unis ont annoncé le 19 avril une récompense de 10 millions de dollars pour « toute information sur les déplacements, les réseaux et les partenaires de Kawtharani ».

Des militants irakiens ont récemment diffuser sur internet des photos montrant Kawtharani avec Shibel al-Zaidi, leader de la milice des Brigades Imam Ali soutenue par l'Iran, dans la cour d'une maison du quartier d'al-Jadriya à Bagdad.

Ils ont déclaré que la présence de Kawtharani dans leur pays était indésirable et ont dénoncé son implication avec les chefs de milices.

Le Premier ministre Moustafa Kadhemi a interdit l'entrée de tout non-Irakien dans le pays sans visa officiel, selon un responsable du gouvernement irakien qui a demandé à rester anonyme.

« Cela s'applique à Kawtharani et aux autres personnes qui sont entrées en Irak [sans visa] », a précisé le responsable à Diyaruna.

Les activités de Kawtharani en Irak impliquent une coordination avec le CGRI et ses milices intermédiaires pour le soutien au régime syrien. Il est également impliqué dans des activités financières, auxquelles le gouvernement veut mettre fin, a indiqué le responsable.

Le gouvernement de Kadhemi a reçu « un héritage très lourd », a expliqué le responsable, et cherche maintenant à démanteler les milices soutenues par l'Iran avec le soutien du peuple irakien, qui a rejeté l'ingérence de l'Iran dans son pays.

« Offensive contre les Irakiens »

Beaucoup d'Irakiens remettent en question le but des visites de Kawtharani en Irak et pensent que ses actions « ne sont absolument pas dans l'intérêt de l'Irak ou du peuple irakien, mais servent plutôt l'Iran », a rapporté Ghaith al-Tamimi, militant politique et chef du parti al-Muwatana.

Ali al-Saadi, membre du Mouvement civique irakien qui participe à la coordination des manifestations sur la place Tahrir à Bagdad, a déclaré à Diyaruna que la présence de Kawtharani en Irak « n'est plus acceptable ».

« La seule explication est que [Kawtharani] agit pour recruter des jeunes pour combattre en Syrie, voler de l'argent en Irak, s'engager dans des activités illégales dans le pays ou menacer les forces de la coalition internationale dirigée par les États-Unis », a-t-il déclaré.

Toutes ces actions n'apportent rien d'autre que l'instabilité et la ruine, a-t-il ajouté, notant que Kawtharani ne devrait pas rester en Irak.

La présence de Kawtharani à Bagdad et son engagement auprès des politiciens sont « offensants pour les Irakiens », car il agit avec le soutien de l'Iran pour violer la souveraineté de l'Irak, a déclaré un militant de Bassorah qui a demandé à rester anonyme.

Le militant a accusé Kawtharani de jouer un rôle dans la répression des manifestations qui ont eu lieu alors que le gouvernement de l'ancien Premier ministre Adel Abdoul-Mahdi était au pouvoir, car il avait supervisé les milices soutenues par l'Iran à la place de Soleimani.

Engagement politique accru

Les Irakiens s'intéressent de près à la présence et aux activités de Kawtharani, ce qui révèle un « renouveau majeur de la société irakienne », a affirmé à Diyaruna l'expert en affaires irakiennes Abdoullah al-Rikabi.

« Auparavant, les gens pensaient que leurs opinions n'étaient pas importantes, mais cela a beaucoup changé après les manifestations », a-t-il déclaré.

Aujourd'hui, les Irakiens rejettent Kawtharani et lui donnent des surnoms péjoratifs comme « le visage du mal », « le hibou » et « le gardien des portes », en référence à son rôle d'homme fort dans l'ère post-Soleimani.

Il est particulièrement significatif que la colère contre Soleimani vienne de villes du sud comme al-Najaf et Kerbala, un signe que les chiites irakiens « rejettent l'exploitation de la religion au service des objectifs du régime iranien », a déclaré al-Rikani.

Aimez-vous cet article?

6 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 / 1500

Tout notre amour et notre appréciation aux hommes de la résistance qui sont l’espoir de cette nation pour restaurer sa fierté et sa dignité. Ils sont la force frappante et une épine aux yeux des arrogants et des oppresseurs et ces sionistes arabes qui ont vendu leur terre et honneur avec leur normalisation qui a porté préjudice à la nation musulmane et arabe. Honte et disgrâce à eux. Les hommes de la résistance sont une couronne sur les têtes des arabes qui doivent être fiers d'eux.

Répondre

Cet article est le résultat de l'imagination de Gaith al-Tamimi et ses semblables qui vivent de l'incitation à la sédition.

Répondre

Ceci est rejeté. Al-Kawtharani est un personnage fictif qui a été créé par l'Amérique, son Facebook et les activistes des réseaux sociaux. C'est un moudjahid qui coordonne entre le Hezbollah et l'Iran et les factions de la résistance. Ses chaussures sont plus honorables que vous et les agents de la normalisation.

Répondre

Vos paroles sont fausses. Nous confrontons la présence américaine pour qu’elle ne domine pas la région et ne contrôle pas ses ressources. Quant à vous, en tant que ses adorateurs, vous défendrez toujours l’Amérique parce que vous n’avez ni honneur ni religion à respecter, qui est la religion de Mohammed (PSL). La question abandonnée que tout le monde craint de se poser est: comment appelle-t-on la guerre américano-irakienne en 2003, qui s'est terminée par la chute de Saddam Hussein? Était-ce une occupation ou une guerre de libération? Comment devrions-nous appeler cette guerre? C'est une question fondamentale et importante qui résoudrait bon nombre de problèmes. Le concept d'occupation a changé pour nous et a été remplacé par le concept de libération. Qui a dit que c'était une guerre de libération? Les Irakiens ont-ils dit cela? L'ONU elle-même l'appelle occupation, pourquoi alors insistez-vous pour l'appeler libération? C'est un lavage de cerveau professionnel. Saddam était un criminel et un dictateur. Nous sommes tous d'accord là-dessus. Cependant, cela ne doit pas nous amener à éviter les termes d'origine et à utiliser de nouvelles choses. Saddam était un criminel et l'Amérique est un occupant. Que l’injustice de Saddam ne vous pousse pas à vous faire une injustice et à mutiler l’esprit des nouvelles générations. Ce qui s'est passé en 2003 était une occupation, pas une libération.

Répondre

En tant qu’Irakien, je suis honoré d’avoir al-Kawtharani en Iraq. Il s'agit de trouver un équilibre avec l'influence américaine qui s'efforce très fort de normaliser les relations avec l'entité sioniste. Sa présence en Irak prouve que l'Irak fait partie de l'axe de résistance qui fait taire tous les sales sionistes.

Répondre

Bien dit ! Pour savoir si vous êtes sous l'influence des médias dirigés ou vous suiviez votre propre avis, pour savoir si vos positions sont le résultat de pressions accumulées des médias de principes fermes, vous devez juste voir vos réactions aux interventions de la Turquie, par exemple, et voir si elles sont similaires à vos réactions aux interventions de l'Arabie saoudite et des États-Unis. Est-ce qu'elles sont semblables à vos réactions aux interventions de l'Iran, par exemple? Si oui, cela est très bien. Cependant, vous vous focalisez seulement sur l'Iran et l'Amérique, critiquant ou défendant l'un d'eux, ou quoique se soit votre position, et après vous évitez la Turquie et l'État ottoman; vous êtes malheureusement sous l'influence de l'orientation des médias.

Répondre