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Terrorisme

Bassorah secouée par le meurtre d’un militant, les manifestants demandent des comptes

Khalid al-Taie

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Le militant irakien Tahseen Oussama al-Shahmani, photographié ici avec ses quatre enfants, a été tué lors d’un attentat contre son entreprise à Bassorah le 14 août. [Photo diffusée sur les réseaux sociaux]

Après l’assassinat vendredi 14 août d’un important militant dans la ville de Bassorah, la Haute Commission indépendante des droits de l’homme en Irak a appelé le gouvernement à faire respecter la loi et à rendre la justice.

Cet assassinat est l’un des nombreux survenus ces derniers mois, avec notamment Hisham al-Hashimi, expert en extrémisme irakien parmi les personnalités éminentes qui ont été tuées.

La commission a averti que les militants de la société civile continuent d’être pris pour cible.

Tahseen Oussama al-Shahmani, qui était bien connu des manifestants locaux, a été tué de 21 balles vendredi par des agresseurs inconnus qui ont attaqué son entreprise dans la rue al-Bahou, dans le centre de Bassorah.

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Des Irakiens allument des bougies sur la place Tahrir de Bagdad, à la mémoire de Safaa al-Saray, un manifestant et militant tué par des hommes armés en octobre. [Diyaruna]

L’incapacité à identifier les auteurs des précédentes attaques contre des militants et des personnalités irakiens « a encouragé les milices qui cherchent à faire taire les voix et à museler la liberté d’expression à poursuivre leurs crimes », a déclaré la commission.

La commission a souligné que le gouvernement et les agences de sécurité sont « chargées de la protection des citoyens et des militants de la société civile ».

Les manifestants demandent justice

Al-Shahmani avait été actif dans le mouvement de contestation à Bassorah, a fait savoir Mahdi al-Tamimi, directeur du bureau de la commission à Bassorah.

Il avait joué un rôle important dans le soutien aux manifestations pacifiques, a-t-il rapporté à Diyaruna, ajoutant que la police de Bassorah, la Direction des renseignements et la Direction de la sécurité nationale ont ouvert une enquête sur sa mort.

La commission « suit cette enquête de très près et espère que les résultats seront révélés rapidement », a-t-il déclaré, notant que c’est aussi une demande de la population de Bassorah.

Des manifestations ont éclaté dimanche dans le centre de Bassorah, où des gens sont descendus dans la rue pour condamner le meurtre d’al-Shahmani, père de quatre enfants, et demander que les responsables soient punis.

La responsabilité d’appréhender les coupables revient aux services de sécurité, « mais à la commission, nous voulons que le gouvernement fasse respecter la loi et rende la justice », a indiqué al-Tamimi.

La commission appelle également au renforcement des efforts de sécurité et de renseignement et à la protection des citoyens, « et des militants en particulier, car ils sont la voix de la société qui réclame des droits et une vie digne », a-t-il ajouté.

Laisser ces crimes impunis rend la vie en Irak « dangereuse », a-t-il affirmé.

Avant l’assassinat d’al-Shahmani, plusieurs militants et professionnels des médias qui avaient soutenu les manifestations qui ont éclaté en octobre dernier avaient déjà été tués.

Parmi eux se trouvait le correspondant de la chaîne satellitaire Tigris Ahmed Abdoul Samad, et le photographe Safaa Ghali, le militant Hussain Adel et sa femme Sara Taleb, et Jinan Madhi al-Shahmani, manifestant et ambulancier, également connu sous le nom d’Umm Jinat.

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