Terrorisme

Les opérations des renseignements irakiens exercent une pression énorme sur l’EIIS

Khalid al-Taie

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Les services du contre-terrorisme irakien ont arrêté deux agents de terrain de l’EIIS à la mi-juillet. [Photo fournie par les services antiterroristes irakiens]

Les forces irakiennes de sécurité ont arrêté des centaines de membres opérationnels de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) ces trois derniers mois, lors d’opérations basées sur des renseignements destinées à exercer une pression accrue sur le groupe terroriste.

En mai et en juin, les forces de sécurité ont ainsi arrêté 419 membres de l’EIIS recherchés pour des crimes terroristes, selon Abou Ali al-Basri, directeur de l’unité de renseignement Al-Suqour du ministère de l’Intérieur.

Ces arrestations ont eu lieu à la suite d’une série d’opérations de haut niveau menée par des unités des renseignements et du contre-terrorisme, en collaboration avec le commandement des opérations conjointes du ministère de la Défense dans sept provinces, dont l’Anbar, Ninive, Kirkouk et Bagdad.

L’EIIS avait envisagé de construire des caches d’armes et des repaires pour ses membres, pour tenter de les protéger contre les opérations de surveillance et de traque par les renseignements irakiens, a expliqué al-Basri le 22 juillet selon des rapports parus dans les médias locaux.

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Les renseignements militaires irakiens ont découvert des armes et des explosifs dans un repaire de l’EIIS à Kanaan, dans la province de Diyala, à la mi-juillet. [Photo fournie par la Direction des renseignements militaires]

« Il les a toutefois tous perdus grâce aux opérations de haut niveau qui ont affaibli les capacités logistiques et de fabrication d’EEI », a-t-il indiqué.

Des cellules de l’EIIS démantelées

Ces opérations des renseignements et de l’antiterrorisme se sont poursuivies en juillet en août, et 28 terroristes supplémentaires ont été arrêtés entre le 1er et le 24 juillet dans l’Anbar, Mossoul et Salaheddine, selon la Direction des renseignements militaires.

Un spécialiste du creusement de tunnels de l’EIIS et un agent spécialisé dans la fourniture de « parrainages de l’EIIS » (salaires et aide financière aux membres de l’EIIS et à leurs familles) comptaient parmi les personnes arrêtées, a précisé la Direction.

Les Services du contre-terrorisme irakien (CTS) ont lancé deux opérations de grande ampleur les 21 et 23 juillet, a expliqué le spécialiste de la sécurité irakien Haitham al-Khazaali à Diyaruna.

La première a conduit à l’arrestation d’une dangereuse cellule de trois membres, dont les mouvements avaient été suivis dans les provinces de Kirkouk et de Salaheddine, a-t-il ajouté.

La seconde a permis l’arrestation de deux agents de terrain, dont l’un était impliqué dans le massacre en 2014 de Camp Speicher (Académie de l’air de Tikrit).

Lundi 3 août, les forces irakiennes ont également arrêté sept éléments recherchés de l’EIIS dans la province de Ninive, a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

Ces efforts de renseignements progressent en partie du fait que les forces de sécurité se basent sur des sources fiables et sur les confessions de terroristes détenus, a poursuivi al-Khazaali.

Les forces irakiennes « ont acquis une grande expertise sécuritaire concernant les plans de l’ennemi et le déploiement de ses membres opérationnels », a-t-il ajouté.

Ces opérations de sécurité ont permis de démanteler plusieurs cellules dormantes ou actives de l’EIIS dans les zones rurales dans les régions septentrionales et orientales du pays ainsi que dans le désert occidental, et de détruire les infrastructures du groupe et bloqué ses lignes d’approvisionnement, a précisé al-Khazaali.

Parmi les détenus arrêtés en juillet se trouve un terroriste appelé « Abou Aisha » spécialiste des explosifs et des voitures piégées, ainsi que deux de ses comparses, a-t-il précisé.

L’EIIS sous une pression énorme

Les députés irakiens sont en contact permanent avec les commandants de l’armée, de la police et des renseignements pour analyser les opérations de sécurité en cours, a expliqué le député irakien Katah Najman al-Rikabi, membre de la commission parlementaire pour la défense et la sécurité.

Grâce à leur suivi permanent des efforts de sécurité, ils ont commencé à remarquer ces derniers mois un net renforcement militaire destiné à resserrer l’étau sur les cellules de l’EIIS, a-t-il indiqué à Diyaruna.

Ce qui distingue l’actuelle opération de sécurité est le fait qu’elle comporte deux volets, a-t-il précisé. D’une part, elle est destinée à mettre en œuvre des opérations de grande envergure, comme l’opération militaire « Heroes of Iraq », pour nettoyer de vastes régions de terrain accidenté regorgeant de grottes naturelles.

D’autre part, elle implique des opérations de sécurité rapides basées en grande partie sur des renseignements collectés à partir de cibles récemment identifiées.

« Cette pression affaiblit les terroristes et il leur est désormais impossible de prendre le contrôle d’un quelconque territoire ou de représenter une menace », a expliqué al-Rikabi. « Leur unique tactique consiste en des opérations de guérilla. »

« Pour que le groupe reste fragmenté, les attaques visant ses cellules et ses incubateurs doivent être sans répit, et nous devons demander aux populations locales de continuer à soutenir les forces de sécurité, car elles sont un facteur essentiel dans l’équation du maintien de la stabilité », a-t-il ajouté.

Abdoul Khaliq al-Azzaoui, lui aussi membre de la commission parlementaire pour la défense et la sécurité, a également souligné l’importance des renseignements dans la lutte contre les terroristes.

« Pour tenter de préserver les acquis réalisés lors des combats, il nous faut maintenir la confiance entre la population locale et les forces qui la protègent », a-t-il indiqué à Diyaruna.

« [Nous devons] ramener la population déplacée dans ses villages et reconstruire les villages désertés... qui pourraient servir de refuges aux terroristes », a poursuivi al-Azzawi.

Pour préserver la confiance des gens envers les forces de sécurité, les renseignements doivent être exhaustifs et ne pas conduire à l’arrestation de personnes innocentes, a-t-il conclu.

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