Sécurité

La pression sécuritaire de plus en plus forte restreint l’activité transfrontalière de l’EIIS

Khalid al-Taie

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Le général de brigade Jihad Ahmed Bardi, commandant de la deuxième région des gardes-frontières, supervise les mesures de sécurisation de la bande frontalière avec la Syrie dans un centre d’observation et d’imagerie par satellite, le 9 juillet. [Photo fournie par le commandement des gardes-frontières de la 2e région militaire]

Malgré une activité persistante de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) dans la région frontalière de l’Irak, les opérations militaires ont fortement réduit les tentatives d’infiltration du groupe, ont expliqué des spécialistes et des responsables à Diyaruna.

Le renforcement des opérations de sécurité par les forces irakiennes et la coalition internationale ont certes permis d’arrêter de nombreux militants et de limiter la capacité à infiltrer la frontière, mais elles n’ont pas totalement mis un terme aux opérations de contrebande de l’EIIS.

Le 16 juin, le Centre pour la politique mondiale a rapporté que des réseaux de résidus de l’EIIS étaient toujours en mesure de faire passer illégalement des marchandises, des individus, du pétrole, des armes et des narcotiques par la frontière avec la Syrie et d’engranger plus de 100 000 dollars par jour de recettes.

Selon les confessions de membres de l’EIIS capturés, cet argent faciliterait les infiltrations par cette frontière irako-syrienne.

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Le 14 juillet, plusieurs commandants de l’armée irakienne ont visité les postes de contrôle de la province de Ninive proches de la frontière avec la Syrie. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Cette activité se concentre dans la région frontalière irako-turco-syrienne, a expliqué à Diyaruna le spécialiste de la sécurité Sarmad al-Bayati.

Les résidus de l’EIIS utilisent des chemins de terre peu contrôlés pour se livrer à leurs opérations de contrebande de pétrole, d’armes, de produits agricoles, de bétail et de narcotiques, a-t-il expliqué.

Mais il n’agit cependant pas d’opérations de grande envergure générant des revenus importants pour les extrémistes comme par le passé, lorsque les éléments de l’EIIS pouvaient traverser la frontière sans entrave et contrôlaient les ressources des villes sur lesquelles ils régnaient alors, a précisé al-Bayati.

Contrôler la frontière nécessite de plus grandes mesures de sécurité et le déploiement d’équipements de surveillance et de contrôle, a-t-il ajouté, ainsi que la disparition des lacunes de sécurité et la fortification des postes-frontière avec des fils barbelés et des barrières.

« Ces dernières années, nous avons réalisé des progrès importants, mais nous devons encore être en mesure de contrôler entièrement toute la frontière », a-t-il ajouté.

Soutien de la population locale

L’EIIS a perdu le soutien des communautés locales des régions frontalières, ce qui a poussé ses éléments à être plus prudents dans leurs déplacements par crainte de dévoiler les réseaux de contrebande qu’ils utilisent et finalement de perdre ce qu’il leur reste de sources de financement.

Les éléments de l’EIIS sont pris entre la crainte des forces de sécurité et la vigilance des habitants locaux qui les signalent, a expliqué le député Badr al-Ziyadi, membre de la commission parlementaire pour la défense et la sécurité.

Grâce au soutien de la population locale, « nos forces peuvent maintenant traquer toute activité sur la bande frontalière avec la Syrie », a-t-il déclaré à Diyaruna.

Bien que les opérations de contrebande n’aient pas été totalement éradiquées, a-t-il poursuivi, elles ont fortement baissé et les résidus de l’EIIS ne sont aujourd’hui plus en mesure de conduire leurs activités illicites.

Ils sont visés par des opérations militaires éclairs et des bombardements intensifs contre leurs repaires et leurs tunnels proches de la frontière, a-t-il continué.

« La coalition internationale et tous ses partenaires continuent de partager des renseignements et nous aident à cibler les lignes d’approvisionnement de l’EIIS et à restreindre ses sources de financement », a-t-il expliqué.

L’Irak utilise maintenant un système de surveillance intelligent pour sécuriser la plus grande partie de sa frontière avec la Syrie, qui comprend des tours d’observation, des postes de contrôle équipés de caméras et des drones.

La collaboration militaire est totale pour contrôler la zone frontalière et priver l’EIIS de ses ressources, a précisé al-Ziyadi, appelant à un renforcement de la coopération avec les forces kurdes des Peshmergas dans ce domaine.

Perte de revenus

Les opérations préemptives lancées par les forces de sécurité irakiennes et la coalition internationale bloquent les tentatives de l’EIIS d’optimiser les revenus des opérations de contrebande par-delà la frontière, a expliqué Mohammed Razzaq al-Rubaie, spécialiste de la sécurité.

Les sources de revenus des extrémistes se sont taries et ne peuvent plus générer des millions comme elles le faisaient avant la chute de leur soi-disant « califat ».

Les résidus de l’EIIS profitaient de certaines lacunes de sécurité le long de la frontière avec la Syrie pour entrer illégalement en Irak et se cacher dans son désert occidental avec le soutien de cellules dormantes, a poursuivi al-Rubaie.

Il a toutefois souligné « qu’elles sont affaiblies et facilement arrêtées et anéanties ».

Il est important d’exercer une pression toujours plus forte sur les formations terroristes qui se cachent le long de la frontière occidentale afin de les priver d’un refuge, a-t-il conclu.

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Dieu seul sait ce qui se passe en Irak.

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