Droits de l'Homme

L’Irak alloue des fonds pour l’aide aux pauvres et aux déplacés

Khalid al-Taie

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Des Irakiens déplacés reçoivent des rations alimentaires du ministère des Migrations et des Déplacements le 17 avril. [Photo fournie par le ministère des Migrations et des Déplacements]

Le gouvernement irakien a alloué ce mois-ci des fonds pour améliorer les conditions de vie des déplacés internes (DI) et des pauvres du pays, qui sont confrontés à des difficultés supplémentaires dans le contexte de la pandémie de nouveau coronavirus (COVID-19).

L’allocation de 262 millions de dollars ira aux entreprises qui soutiennent les DI qui habitent encore dans les camps et sera utilisée pour améliorer les services fournis aux résidents des camps et soutenir les projets d’infrastructure dans les communautés appauvries.

Ces allocations financières sont arrivées alors que de nouvelles statistiques montrent que la pauvreté est passée de 20 % en 2018 à 31,7 % jusqu’à présent cette année, a fait savoir à Diyaruna Abdoul Zahra al-Hindawi, responsable des médias au ministère du Plan.

Cela signifie que 11,4 millions d’Irakiens vivent dans la pauvreté, sur une population de plus de 39 millions, a déclaré al-Hindawi.

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Un responsable irakien dirige des camions transportant des Irakiens déplacés du camp d’al-Khazir, dans le sud-est de Mossoul, lors de leur retour chez eux dans la province de Ninive le 30 juin. [Photo fournie par le ministère des Migrations et des Déplacements]

Il a expliqué que cette récente augmentation « est le résultat de la pandémie de COVID-19, qui a considérablement affecté les pauvres et ceux qui perçoivent un maigre salaire journalier, car les emplois ont partiellement ou complètement disparu ».

« C’est ce que nous appelons la pauvreté transitoire, qui survient lors d’une crise », a-t-il ajouté, notant que les répercussions de cette crise toucheront les membres les plus vulnérables de la société.

Le ministère du Plan a ajusté son plan stratégique afin de réduire la pauvreté en fonction des nouvelles circonstances sociétales, a indiqué al-Hindawi.

Le financement supplémentaire a pour but principal d’étendre l’aide et le soutien d’urgence aux DI, de garantir leur retour et leur permettre de se réinstaller dans leur foyer, ainsi que d’accroître les services publics et les possibilités d’emploi dans les zones à faibles revenus, a-t-il déclaré.

Al-Hindawi a noté que, sur la base des dernières statistiques sur la pauvreté, le ministère a recommandé que les autorités fédérales et locales travaillent ensemble pour faire face aux effets de la crise du coronavirus et prennent des mesures urgentes pour y répondre.

« Nous avons suggéré de débloquer de nouveaux fonds pour les pauvres et d’augmenter leurs rations alimentaires et de secours, les services de santé et d’éducation et le développement des compétences », a-t-il rapporté.

Aide à la population déplacée

Mohammed al-Obaidi, qui habite dans le camp de Madina al-Siyahiya dans l’Anbar, a déclaré à Diyaruna qu’il espérait que l’accent serait davantage mis sur les familles déplacées et leurs besoins.

« La vie dans les camps reste difficile, même s’il y a de la nourriture et de l’aide », a-t-il fait savoir. « Maintenant, avec la pandémie, les conditions de vie sont encore plus difficiles ».

« De nombreux petits emplois que nous exercions et dont nous tirions quelques maigres revenus ont disparu à cause de la pandémie », a-t-il déclaré.

Pour sa part, le ministère des Migrations et des Déplacements compte venir en aide à tous les DI en apportant les fournitures nécessaires aux camps, a déclaré Ali Jahankir, directeur général de la Direction des affaires de branche au ministère.

« Au cours des six derniers mois, et en collaboration avec les forces de sécurité, nos équipes ont réussi à distribuer 1,8 million de rations aux familles déplacées, qui comprennent de la nourriture et des produits de santé », a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Nos efforts se poursuivent et nous cherchons à faire face aux effets de la pandémie sur les conditions de vie des DI et des rapatriés », a déclaré Jahankir.

Un effort conjoint est nécessaire pour répondre à la crise de la pauvreté dans cette couche de la population, a-t-il affirmé, et le ministère continue à fournir de la nourriture et des services de secours, « et nous suivons un plan bien réfléchi pour fermer tous les camps ».

Il y a actuellement 47 camps, contre 174 précédemment, a-t-il indiqué, et le ministère espère pouvoir en fermer encore plus cette année, conformément aux orientations ministérielles qui soutiennent une politique de retour volontaire.

Les retours sont facilités en collaboration avec les organisations internationales de secours et les agences des Nations unies.

À Mossoul, par exemple, l’Organisation internationale pour les migrations prévoit de construire près de 150 maisons au cours des prochains mois pour reloger la population déplacée et rétablir une vie normale dans la ville, a conclu Jahankir.

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