Politique

Des tensions éclatent à un centre iranien à Deir Ezzor

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Le centre culturel iranien d'Albou Kamal, ville frontalière à Deir Ezzor, organise une cérémonie religieuse. [Photo fournie par Nedaa al-Furat]

Des membres d'une milice pro-régime dans la province syrienne de Deir Ezzor ont affronté mardi 14 juillet dans la soirée des miliciens fidèles au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) dans la ville d'al-Mayadeen, a rapporté un militant.

L'incident a commencé lorsque des travailleurs du centre culturel iranien d'al-Mayadeen ont bloqué la route près du centre ville afin d'organiser un festival religieux et culturel, a rapporté à Diyaruna le militant de Deir Ezzor Jamil al-Abed.

Des membres de la milice pro-régime des Forces de défense nationale (FDN), qui a un quartier général dans les environs, se sont opposés au blocage de la route, a fait savoir al-Abed.

Des miliciens affiliés au CGRI qui étaient stationnés dans le désert à proximité sont arrivés pour protéger le personnel du centre culturel, et une échauffourée a éclaté entre les deux camps, qui a dégénéré en bagarres et en coups de feu, a-t-il raconté.

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Un panneau d'affichage érigé par le centre culturel iranien dans la ville d'Albou Kamal à Deir Ezzor montre le président syrien Bachar el-Assad embrassant Ali Khamenei, leader suprême de l'Iran. [Photo fournie par Sada al-Sharqieh]

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Des enfants dans la campagne de Deir Ezzor assistent à une fête organisée par le centre culturel iranien, avec le soutien des institutions du régime syrien. [Photo fournie par l'ONG Bassmeh]

Les miliciens fidèles au CGRI, parmi lesquels des membres de la Brigade Fatemiyoun, composée de combattants afghans, ont chassé les miliciens des FDN de la zone et encerclé leur quartier général près de la municipalité.

Face à cette menace, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme, le commandant local des FDN a présenté ses excuses pour l'incident et a juré de tenir les instigateurs responsables de leurs actes.

Dans le même temps, les miliciens du CGRI ont menacé de tuer tout milicien des FDN qui déclencherait de tels incidents à l'avenir, a indiqué l'observatoire.

Programme élargi au centre culturel

Al-Abed a déclaré que le festival religieux et culturel est l'une des nouvelles activités approuvées par le centre, conformément à un programme développé par al-Hajj Hussein, le nouveau responsable des centres culturels iraniens à Deir Ezzor.

Hussein, qui dirige toutes les branches du centre culturel de la province, a récemment pris la relève d'al-Hajj Sadiq, un Iranien qui a été transféré à Damas pour occuper le poste le plus élevé au centre culturel iranien de cette ville.

Selon al-Abed, al-Hajj Hussein a rencontré il y a quelques jours les responsables des centres culturels de Deir Ezzor et quelques personnalités locales qui collaborent avec le CGRI.

La réunion s'est concentrée sur l'élargissement des centres culturels pour inclure les enfants et les jeunes, a-t-il fait savoir, en les incitant à participer aux activités religieuses et culturelles des centres avec des cadeaux ou de l'argent.

Une fois que ces jeunes sont pleinement engagés dans les centres, a-t-il poursuivi, certains d'entre eux sont sélectionnés pour participer à ses activités de scoutisme, qui sont à leur tour un processus les préparant à rejoindre les milices fidèles à l'Iran.

Après qu'Hussein ait pris son nouveau rôle, a déclaré al-Abed, les centres culturels de Deir Ezzor ont également annoncé des offres d'emploi, recherchant des gardiens, chauffeurs ou escortes pour des salaires lucratifs, à partir de 60 000 livres syriennes (117 dollars).

Processus de préparation pour les milices fidèles à l'Iran

Selon al-Abed, les centres culturels, en particulier ceux de Deir Ezzor et d'Albou Kamal, une ville frontalière entre l'Irak et la Syrie, ont inscrit des enfants dans les troupes de scouts.

Après cela, a-t-il expliqué, ils sont inscrits à des cours religieux et militaires pour préparer leur affectation dans diverses milices affiliées au CGRI.

Les familles locales sont vulnérables à ce type d'exploitation car elles sont confrontées à des conditions économiques et sociales désastreuses, a-t-il indiqué, notamment des niveaux élevés de chômage et des prix incroyablement élevés.

Les centres culturels profitent de cette vulnérabilité en accordant aux familles qui y envoient leurs enfants des privilèges tels que de la nourriture et une aide financière, a-t-il indiqué, et en offrant aux jeunes une immunité totale contre la conscription par le régime syrien.

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1 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 / 1500

Car cela protège la démocratie et limite le contrôle des milices extrémistes.

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