Droits de l'Homme

L’État et les organisations internationales aident les déplacés irakiens à rentrer

Alaa Hussain à Bagdad

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Ifan Faiq, le ministre irakien des Migrations et des Déplacements, lors d’une visite dans les camps de déplacés de l’Anbar. [Photo fournie par le ministère des Migrations et des Déplacements]

Les responsables de la province de l’Anbar se sont engagés à résoudre « très prochainement » la question des déplacés internes (DI) après que vingt des 24 camps restants dans la province ont été définitivement fermés.

Il y a seulement quelques années, la province de l’Anbar comptait quelque 70 camps de déplacés.

Moustafa Hamed, un responsable de l’Anbar au ministère des Migrations et des Déplacements, a indiqué à Diyaruna que les deux seuls camps qui restent ouverts sont ceux d’al-Ameriya et d’al-Madina al-Siyahiya, dans l’est de l’Anbar.

Le ministère « travaille activement » à faciliter les retours

Hamed a indiqué que la fermeture de ces camps avait été rendue possible par la forte diminution du nombre de DI dans l’Anbar.

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Ifan Faiq, le ministre irakien des Migrations et des Déplacements, en visite auprès de familles déplacées vivant encore dans les camps de l’Anbar. [Photo fournie par le ministère des Migrations et des Déplacements]

Actuellement, a-t-il ajouté, l’Anbar compte quelque 1 706 familles déplacées, une baisse significative par rapport aux 70 000 familles recensées pendant la guerre contre « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS).

Ce nombre concerne des familles venues à la fois de l’Anbar et d’autres provinces irakiennes.

Il a indiqué qu’en collaboration avec plusieurs autorités locales, le ministère des Migrations et des Déplacements a l’intention de « résoudre immédiatement et irrémédiablement les difficultés que rencontrent les DI » et s’emploie activement à « répondre aux défis qui pourraient empêcher le retour des familles ».

La plupart des familles restantes refusent de rentrer dans leurs foyers pour une multitude de raisons, au premier rang desquelles les difficultés économiques, a-t-il expliqué, soulignant que la plupart des familles déplacées ne peuvent reconstruire leurs maisons endommagées.

Les autres obstacles, a-t-il poursuivi, sont le conflit tribal et le fait que leurs enfants fréquentent des écoles là où elles résident actuellement, près des camps.

Incitations et résolution des conflits

L’Organisation internationale des Migrations (OIM) travaille avec le ministère irakien des Migrations pour mettre en œuvre un programme d’incitations visant les retours volontaires en fournissant une aide financière aux familles.

Ce programme de l’OIM couvrait initialement 93 familles (560 personnes), pour la plupart originaires du district de Falloudjah dans l’est de la province de l’Anbar.

Hamed a expliqué que l’OIM donnera à ces familles suffisamment d’argent pour couvrir leur loyer pendant six mois afin qu’elles puissent s’installer. L’organisation aidera également ces familles à lancer des petites affaires en fonction de leurs compétences et qualifications.

Par ailleurs,la commission de résolution des conflits du ministère irakien des Migrations s’efforce de prendre contact avec les chefs tribaux pour qu’ils l’aident à résoudre les problèmes en suspens et permettent le retour sûr des DI.

Mesures préventives réussies

Mazen Abou Risha, conseiller auprès des autorités de l’Anbar, a expliqué à Diyaruna que la province avait pris les mesures médicales préventives nécessaires pour assurer la sécurité de la population déplacée dans les camps d’al-Ameriya et d’al-Madina al-Siyahiya, en particulier au vu de la propagation du nouveau coronavirus (COVID-19).

Abou Risha a indiqué que les responsables de la santé avaient fait procéder à des campagnes de routine de fumigation et de stérilisation à l’intérieur des camps et avaient distribué les fournitures sanitaires nécessaires, notamment des désinfectants, parmi les DI.

Jusqu’ici, les camps dans l’Anbar n’ont constaté aucune augmentation des cas de COVID-19, ce qui, selon Abou Risha, est dû aux strictes mesures sanitaires adoptées.

Un recul du coronavirus a été détecté dans un camp de DI près d’Erbil en mai.

Ali Abbas, autre responsable au ministère des Migrations, a expliqué à Diyaruna que le ministère continuait d’aider les familles déplacées dans l’Anbar en leur fournissant de la nourriture et de l’aide.

Il a conclu en disant que début juillet, 5970 paquets d’aide humanitaire avaient été distribués dans les deux camps restants.

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