Droits de l'Homme

Les Syriens s'inquiètent des pressions de la Russie pour limiter l'aide transfrontalière

AFP

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Une fillette syrienne déplacée vend du jus de réglisse connu sous le nom de Jallab sur le bord de la route dans un camp de la province d'Idlib près du point de passage de Bab al-Hawa le 26 avril, pendant le Ramadan, pour aider son père blessé à assurer leur subsistance. [Aaref Watad / AFP]

Les Syriens déplacés qui dépendent de l'aide humanitaire ont exprimé leur inquiétude jeudi 9 juillet après que l'allié du régime, la Russie, a tenté de réduire l'aide transfrontalière destinée à des millions dans le nord-ouest du pays.

La motion russe au Conseil de sécurité des Nations Unies a été rejetée, mais une résolution du Conseil autorisant la livraison d'aide par la frontière turque expire vendredi.

Dans un camp de déplacés de la province d'Idlib, le père de quatre enfants, Abou Salem, a déclaré que vivre sans aide était impensable pour beaucoup de ceux qui avaient perdu leur maison pendant la guerre.

"Pourquoi la couperaient-ils?" a déclaré Salem, qui vit dans une tente près de la ville de Maaret Misrin. "Il y a des gens dans le besoin. Ils ont quitté leurs maisons et tout ce qu'ils possèdent pour venir vivre dans une tente en plastique sans même ventilateur."

On estime que 2,8 millions de personnes dépendent de l'aide dans le nord-ouest de la Syrie, selon l'ONU.

Jusqu'à présent, l'aide est livrée à travers deux points de passage à la frontière turque: Bab al-Salam, qui mène à la région d'Alep, et Bab al-Hawa, qui dessert la région d'Idlib.

La Russie et la Chine ont opposé leur veto mardi à une prolongation d'un an des livraisons.

Moscou a plutôt cherché à abolir le premier passage et à fixer un délai de six mois au second, mais cette proposition a été rejetée mercredi.

Ibrahim Husrum, père de deux jeunes garçons, a déclaré qu'il n'était pas surpris par le dernier veto de la Russie après des années que les avions de guerre russes soutiennent le régime.

"Les Russes nous ont déplacés de chez nous, nous ont bombardés et nous ont tués", a-t-il dit. "Maintenant, ils sont passés à l'aide que nous recevons."

Sherine Tadros, d'Amnesty International, a déclaré qu'il était "impossible d'exagérer l'importance de veiller à ce que les points de passage, fournissant une aide vitale, restent ouverts".

"Pour des millions de Syriens, c'est la différence entre avoir à manger et mourir de faim", a-t-elle souligné.

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