Sécurité

Résistance syrienne aux incursions russes à al-Hasakeh

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Des civils de la localité de Qasr al-Dib bloquent la route à une patrouille russe qui tentait de prendre position dans la bourgade. [Photo fournie par Vedeng]

Les civils syriens dans le nord de la province d’al-Hasakeh résistent aux patrouilles de l’armée russe qui tentent d’entrer dans les localités proches de la frontière entre la Syrie et la Turquie et d’y implanter des postes militaires, a expliqué un activiste local à Diyaruna.

Leurs initiatives sont perçues comme les prémices à la mise en place de bases permanentes dans la région, a poursuivi l’activiste local Ammar Saleh, alors que des médias russes confirment que l’objectif global est d'étendre la présence russe dans la région.

Les forces russes ont tenté de s’attirer les bonnes grâces de la population en offrant de l’aide alimentaire aux habitants locaux, qui a été fermement refusée, a-t-il précisé à Diyaruna.

Dans les circonstances actuelles, les habitants considèrent cela comme « un pot de vin et une insulte », a-t-il précisé.

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Des soldats russes déchargent de l’aide alimentaire qu’ils tentent de distribuer aux habitants de Deir Ghosn, qui refusent de l’accepter. [Photo fournie par Al-Khabour]

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Un poste militaire mis en place par des soldats russes à Deir Ghosn. Les soldats ont fini par se retirer de ce poste sous la pression des habitants. [Photo fournie par Al-Khabour]

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Les habitants de la localité de Qasr al-Dib, dans la campagne d’al-Hasakeh, bloquent les forces russes qui tentaient d’entrer dans leur localité. [Photo fournie par Vedeng]

Les habitants de la localité de Qasr al-Dib, dans la campagne d’al-Hasakeh, ont organisé une manifestation à l’entrée de la localité où une patrouille russe tentait d’entrer, dans le but d’y mettre en place une base permanente, a continué Saleh.

Ils ont bloqué la rue principale pour les véhicules militaires russes, et les soldats ont alors tenté de persuader les habitants de les laisser entrer en ville, mais en vain, a-t-il poursuivi.

Les forces russes se sont finalement retirées, a-t-il indiqué.

Un incident similaire a eu lieu dans le village de Deir Ghosn, dans la région d’al-Malikiyah, dans le nord-est d’al-Hasakeh, a ajouté Saleh.

Dans ce cas, a-t-il précisé, les habitants locaux ont contraint une patrouille russe à se retirer complètement après qu’elle eut tenté de prendre position en liaison avec plusieurs soldats de l’armée du régime syrien.

Les habitants de ce village ont également refusé de recevoir une aide alimentaire de la police militaire russe, a-t-il ajouté, soulignant qu'une telle offre ne faisait qu’attiser un peu plus leur colère.

Colère contre le régime d’el-Assad

Les forces russes avaient déjà tenté auparavant d’entrer dans ces localités, a poursuivi Saleh, la tentative la plus récente ayant eu lieu le 3 juin, lorsqu’une patrouille russe est arrivée de la ville de Qamishli et est restée jusqu’au lendemain, avant d’être contrainte de se retirer.

Les civils d’al-Hasakeh résistent aux tentatives de l’armée russe de se déployer dans la région, « parce qu’ils voient les Russes comme la principale raison de la survie du régime [du président syrien Bashar] el-Assad », a-t-il indiqué.

Mardi, les États-Unis ont mis en garde el-Assad qu’il n’obtiendra jamais une victoire totale et qu’il doit parvenir à un compromis politique, alors qu’ils ont imposé de nouvelles sanctions pénalisantes au régime syrien.

Ces nouvelles sanctions, connues sous le nom de Caesar Act, sont entrées en vigueur mercredi et ont pour but d’empêcher une normalisation d’el-Assad sans le tenir pour responsable des atteintes aux droits de l’homme.

À al-Hasakeh, les civils syriens considèrent dans leur immense majorité que la Russie ne fait qu’agir au nom de ses propres intérêts politiques, économiques et stratégiques, et non dans l’intérêt du peuple syrien, a conclu Saleh.

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