Sécurité

L’Irak s’engage à punir les assaillants après les attaques près de l’aéroport de Bagdad

Faris al-Omran

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Le gouvernement irakien a tenu une réunion d’urgence le 6 juin après avoir publié un communiqué condamnant les attaques contre des sites militaires et des missions diplomatiques étrangères dans le pays. [Photo fournie par les services de la Primature]

Mardi 16 juin, le gouvernement irakien a ordonné aux agences de sécurité de traquer et d’arrêter les responsables des attaques contre des aéroports, des sites militaires et des sièges de missions diplomatiques étrangères dans le pays.

Trois roquettes Katioucha sont tombées près de l’aéroport de Bagdad, lundi dans la soirée sans causer de dégâts, la quatrième attaque de ce type en l’espace d’à peine une semaine.

Ces roquettes visaient le Centre de soutien diplomatique de Bagdad, qui accueille des responsables de la coalition internationale.

Les participants à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité nationale dirigée par le Premier ministre Moustafa Kadhemi ont condamné mardi ces attaques, parlant d’une « menace pour la sécurité nationale et pour les intérêts du pays ».

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Les forces irakiennes ont retrouvé un lanceur de roquettes Katiousha le 14 juin dans la région d’al-Rashidiya, au nord-est de Bagdad. [Photo fournie par le ministère irakien de la Défense]

Ils ont appelé à « accentuer les efforts du renseignement et prendre les mesures nécessaires pour traquer les auteurs de ces actes et les tenir pour responsables ».

Les agences de sécurité doivent mettre en place des mesures strictes pour empêcher que de telles attaques puissent se reproduire, ont-ils indiqué.

Ces récentes attaques n’ont pas été revendiquées, mais les observateurs les imputent aux milices pro-iraniennes.

« Démonstration de force »

« Il s’agit d’une tentative faite pour embarrasser le gouvernement de Kadhemi qui a entamé un dialogue stratégique avec les États-Unis selon lequel il s’engage à protéger les missions militaires et diplomatiques internationales [en Irak] », a expliqué Thaer al-Bayati, secrétaire général du Conseil des tribus arabes de Salaheddine.

En échange, les États-Unis conviennent de réduire le format de leurs troupes déployées en Irak, a-t-il indiqué à Diyaruna.

« Le message est clair : les Iraniens et leurs milices intermédiaires cherchent à afficher leur domination et leur influence politique, et montrer qu’ils peuvent quand ils le souhaitent interférer dans la sécurité du pays», a expliqué al-Bayati.

Ils veulent indiquer « qu’ils sont des acteurs essentiels en Irak et disposent des outils pour défendre leur programme et leurs visées terroristes », a-t-il poursuivi.

Les milices pro-iraniennes veulent perturber la sécurité et semer le chaos, car elles sentent désormais une menace sur leur présence après que le nouveau gouvernement a annoncé qu’il comptait limiter la détention d’armes à l’État et qu’il allait s’en prendre à leurs activités, a-t-il poursuivi.

Ces milices entretiennent des relations étroites avec le réseau de politiciens et d’hommes d’affaires corrompus dans le pays, a-t-il indiqué, « et craignent aujourd’hui plus que jamais pour leurs intérêts économiques et sont prêts à faire n’importe quoi pour les protéger ».

Le plan de réforme économique du gouvernement a déclenché la colère de ces milices, qui cherchent à saboter les étapes vers la mise en place des réformes, a continué al-Bayati.

Ces attaques contre les missions militaires et diplomatiques « sont une menace sérieuse à la souveraineté et au prestige [de l’Irak] et aux intérêts et à la sécurité du peuple irakien », a-t-il ajouté.

Et de conclure : « Il est inacceptable que les responsables restent libres et impunis. »

Le gouvernement irakien lutte-t-il efficacement contre le terrorisme ?
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