Société

Mossoul : les bénévoles reconstruisent après l'EIIS

Khalid al-Taie

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Des bénévoles de l’organisation de la société civile Fazaa nettoient un quartier de Mossoul, le 6 avril 2019, dans le cadre des efforts pour réhabiliter la ville après l’EIIS. [Photo fournie par Fazaa]

Mossoul, qui accueille un nombre toujours plus conséquent de bénévoles et d’organisations de la société civile, a été surnommée « la capitale du bénévolat ».

La ville, qui fut autrefois la capitale de facto de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS), résonne aujourd’hui d’une multitude de groupes et d’organisations qui fournissent des services humanitaires à la population et sont des partenaires essentiels du gouvernement.

Depuis sa libération de l’EIIS en juillet 2017, Mossoul compte plus de 270 équipes de bénévoles, dont 64 associées au Réseau des Organisations de la société civile de Ninive, a précisé le responsable médias de ce réseau, Mouhannad al-Awmari.

Après la libération de Mossoul, les jeunes regorgeaient d’un enthousiasme débordant pour tenter de venir en aide à leurs familles et jouer un rôle actif dans la reconstruction de leur ville, a-t-il expliqué à Diyaruna.

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Des bénévoles distribuent des paniers alimentaires aux habitants de Mossoul, le 1er avril. [Photo fournie par l’activiste Mouhannad al-Awmari]

Le travail de ces jeunes est venu en soutien aux efforts du gouvernement, a-t-il ajouté.

Les bénévoles de ce réseau ont participé à l’enlèvement de centaines de tonnes de gravats des rues de Mossoul, contribuant ainsi à la réouverture des rues, des écoles, des commerces et des bâtiments officiels, a-t-il poursuivi.

Ces bénévoles ont également participé au « retrait des corps de sous les gravats des maisons détruites, en collaboration avec la défense civile et les équipes de la municipalité », a-t-il ajouté.

« Nous avons travaillé sur plusieurs projets, notamment des programmes de soutien, des programmes humanitaires et éducatifs en collaboration avec les agences gouvernementales et internationales comme l’UNICEF », a expliqué al-Awmari.

« Nos efforts se poursuivent au même rythme alors que nous travaillons à soutenir les habitants locaux pour reconstruire leurs boutiques et leurs magasins, par des dons et des financements spécifiques aux efforts humanitaires et aux services publics », a-t-il ajouté.

Une priorité, l’aide aux DI

Apporter aide et soutien aux personnes déplacées internes (DI) dans les camps de déplacés est une priorité pour ces équipes de bénévoles, a réaffirmé al-Awmari.

« Nos équipes se rendent régulièrement dans les camps de DI à Mossoul et apportent à leurs habitants des fournitures humanitaires et des articles ménagers », a-t-il indiqué. « Elles organisent également des campagnes de sensibilisation, de réinsertion professionnelle et de nombreuses autres activités. »

Fazaa, l’une des organisations de la société civile qui travaillent à Mossoul depuis le début des combats pour la libération fin 2016, a organisé pas moins de 18 campagnes pour fournir aux camps de DI et aux familles de revenants des milliers de paniers alimentaires, de médicaments et de fournitures de base.

Elle soutient également les revenants par des efforts de reconstruction et aide des dizaines d’entre eux à sécuriser leurs moyens de subsistance, a expliqué Moustafa al-Khatib, le coordinateur général de Fazaa.

Au départ, il n’y avait qu’une poignée de bénévoles, a-t-il précisé à Diyaruna. Depuis, ce nombre est passé à 1500 bénévoles répartis entre divers chapitres locaux dans tout Mossoul.

« Le travail de ces bénévoles ne s’attache pas seulement à une seule zone », a-t-il indiqué, soulignant que ces équipes ont nettoyé et réhabilité des hôpitaux et des dispensaires de santé qui avaient été endommagés par la guerre, et mis en place des aides à la mobilité pour des personnes handicapées.

Mais ce bénévolat n’a toutefois pas été exempt de défis, notamment des risques vitaux, a expliqué al-Khatib.

Fazaa a perdu trois de ses membres et 18 autres ont été blessés par des tirs directs de l’EIIS alors qu’ils portaient secours à des habitants pendant les combats pour la libération de l’est de Mossoul.

Soutien aux femmes

D’autres organisations de la société civile s'attachent à aider les femmes qui ont perdu leur soutien de famille durant la guerre.

Layla al-Barazanchi, directrice de Joud, une organisation humanitaire pour le développement et la reconstruction basée à Mossoul, a expliqué qu'ils avaient pris sur eux de s’occuper des femmes qui avaient été les plus affectées par la guerre.

Les bénévoles de Joud ont assuré une formation pour les veuves, les femmes dont les maris sont portés disparus et d’autres qui doivent subvenir aux besoins de familles importantes.

« Nous les avons inscrites dans des ateliers de formation professionnelle où elles apprennent la couture et la coiffure », a-t-elle continué. « Nous avons également offert des programmes de réinsertion visant non seulement les femmes, mais des centaines de jeunes qui ont bénéficié de nos services et ont pu ensuite ouvrir des ateliers de réparation en plein air de téléphones portables, d’ordinateurs et d’appareils électroménagers. »

Al-Barazanchi a indiqué que son organisation aide actuellement à assurer une source de revenus à près de 150 femmes.

La fermeture des frontières consécutive à la pandémie de coronavirus (COVID-19) et la suspension des importations ont bénéficié à ces femmes, car la demande pour leurs produits a augmenté sur le marché local, a-t-elle souligné.

Al-Barazanchi a appelé le gouvernement à encourager et à protéger la production nationale comme moyen de résorber le chômage et de soutenir l’économie.

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