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Terrorisme

Mahan Air sert les intérêts mondiaux de l'Iran

Sina Farhadi

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Un avion de la compagnie aérienne Mahan Air sur le tarmac après avoir atterri à l'aéroport international de Sanaa au Yémen, sur cette photo d'archive du 1er mars 2015. [Mohammed Huwais/AFP]

La compagnie iranienne Mahan Air sanctionnée est une nouvelle fois impliquée dans des activités douteuses au nom du régime iranien, avec de multiples vols récents vers le Venezuela participant aux efforts pour soutenir ces deux adversaires des États-Unis, ont déclaré des experts à Diyaruna.

Les efforts de l'Iran pour exporter de l'essence et d'autres produits pétroliers vers le Venezuela ont fait la une des journaux ces dernières semaines, alors que cinq pétroliers iraniens transportant de l'essence et des dérivés de pétrole se sont rendus à la principale raffinerie de pétrole du Venezuela.

Dans le même temps, Mahan Air a transporté de l'équipement vers le Venezuela, qui est sous sanctions américaines et au bord de l'effondrement économique.

Le Venezuela a demandé l'aide de l'Iran pour reconstruire ses installations pétrolières en difficulté, et l'Iran, également sous sanctions américaines, n'est pas en mesure de vendre suffisamment de pétrole contre des espèces et espère compenser cela en recevant un paiement en or du Venezuela.

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Dans un discours prononcé en novembre, le commandant du CGRI, le général de brigade Nusratullah Hosseinipour, a admis que la Force Qods avait utilisé des avions de Mahan Air pour déplacer des troupes. [Photo fournie par 19 Aban]

Mahan Air, qui est sur la liste noire des États-Unis, a été accusé de collaborer avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et sa Force Qods.

Les experts qui se sont entretenu avec Diyaruna ont indiqué penser qu'une enquête sur les activités mondiales de Mahan Air pourrait offrir une image plus claire des activités déstabilisatrices du CGRI dans le monde, et révéler plus en détail sa nature mafieuse.

Coopération militaire avec le CGRI

« Mahan Air est lié à tous les comportements inhabituels du CGRI et à l'expansionnisme de l'Iran dans la région et dans le monde », a déclaré à Diyaruna le militant politique Ahmad Gilani.

La coopération militaire de la compagnie aérienne avec le CGRI a d'abord été signalée par les États-Unis, mais les responsables iraniens ont nié l'existence d'une telle coopération, a fait savoir Gilani.

Cependant, dans un discours prononcé en novembre, le général de brigade Nusratullah Hosseinipour, commandant du CGRI, a admis que la Force Qods avait utilisé des avions de Mahan Air pour transporter des soldats.

Il semble maintenant que le régime iranien rende public le rôle de la compagnie aérienne, a indiqué Gilani, notant que « du Yémen jusqu'à la Syrie et la Chine, et maintenant au Venezuela, Mahan Air est partout ».

Les avions de Mahan Air ont transporté du matériel militaire vers le Yémen à plusieurs reprises, a-t-il déclaré, « et ils ont presque atterri une fois à l'aéroport de Sanaa malgré les menaces des forces saoudiennes », avant d'être finalement obligés de faire demi-tour.

Les actions de la compagnie suggèrent qu'elle « n'est pas une compagnie aérienne ordinaire et fait en fait partie d'une entité militaire qui utilise les passagers comme boucliers humains à des fins militaires », a-t-il ajouté.

Et comme le font tous les groupes mafieux, Mahan Air ne prend pas de risques sans profit, a précisé Gilani.

« Exemple concret : une ligne de Mahan Air entre Téhéran et Caracas devait être lancée pendant le règne de [l'ancien président iranien Mahmoud] Ahmadinejad, qui pensait que les vols vers Caracas permettraient d'accéder à "l'arrière-cour des États-Unis"", a-t-il déclaré.

Mais Mahan Air n'accepterait de desservir cette ligne que si elle pouvait obtenir des autorisations de vol vers la Chine et le Liban, et après un seul vol, « tous les vols vers Caracas ont été suspendus suite à un différend financier avec le ministère de l'Industrie ».

Mahan Air ne prendra aucun risque tant que ses factures, aux montants de plusieurs fois le taux normal, ne seront pas payées, a déclaré Gilani, notant que « le paiement de ces factures ira dans les poches des commandants du CGRI ».

L'Iran en grave difficulté financière

Le fait que Mahan Air organise des vols vers le Venezuela pour apporter de l'or en Iran prouve que le projet de l'Iran de contourner les sanctions américaines en Asie est en grave difficulté, a déclaré l'expert économique Behzad Gonabadi à Diyaruna.

Cela montre que Téhéran ne peut pas recevoir d'argent liquide, même de la part de pays asiatiques, à cause des sanctions actuelles, a-t-il poursuivi.

Gonabadi a déclaré que la raison pour laquelle Mahan Air a repris ses vols vers le Venezuela n'est pas évidente, alors qu'il n'y a pas assez de passagers pour qu'elle soit rentable, mais il a suggéré que cela pourrait être dû à son grand besoin d'argent.

De même, « le besoin profond d'argent de l'Iran est la raison principale pour laquelle le régime prend un tel risque », a-t-il expliqué.

Ces vols font partie d'une opération de la Force Qods du CGRI pour contourner les sanctions, a ajouté Gonabadi, notant qu'il n'y a « aucune différence entre ces vols et ce qui s'est passé auparavant en Syrie et au Yémen, ou même en Chine ».

« Derrière tout cela se cache une dangereuse mafia de milices terroristes qui tirent d'énormes profits de l'insécurité et de l'instabilité dans le monde », a-t-il affirmé.

Les sanctions américaines ont mené à une baisse rapide des ressources en espèces du gouvernement iranien, a-t-il ajouté, alors le régime « utilise de l'or pour qu'il n'y ait aucune trace de flux de trésorerie laissée par la Force Qods ».

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