Économie

Téhéran et ses intermédiaires épuisent les ressources de la région pour financer le terrorisme

Faris al-Omran

image

Le Guide suprême iranien Ali Khamenei et le président Hassan Rouhani rencontrent d’autres dirigeants, le 24 mai 2018. [Médias publics iraniens]

Le soutien permanent apporté par l’Iran aux activités terroristes dans la région se fait au détriment des intérêts économiques du peuple iranien et des peuples des pays dans lesquels les intermédiaires de l’Iran sèment le chaos et propagent la violence, expliquent les analystes.

« Les dirigeants irakiens ne pensent qu’à leur projet terroriste, qui est d’affaiblir les pays de la région et d’y asseoir leur influence », a expliqué à Diyaruna le politologue bahreïnien Abdoullah al-Junaid.

« C’est une priorité essentielle » pour Téhéran, et le régime agit en conséquence pour « exploiter toutes les ressources économiques et sociales [de l’Iran] pour servir ce projet, qui est également appuyé par ses intermédiaires », a-t-il expliqué.

Ceux-ci, à l’instar du Hezbollah libanais, des Houthis du Yémen et des milices pro-iraniennes en Irak, « assèchent à leur tour les ressources dans leur propre pays et appauvrissent leur propre peuple au bénéfice des dirigeants iraniens », a ajouté al-Junaid.

image

Des Irakiens manifestent sur la place al-Nosour à Bagdad, le 27 octobre 2019, pour protester contre l’ingérence iranienne dans leur pays. [Diyaruna]

De ce fait, le Liban croule sous une dette qui avoisine les 92 milliards de dollars, l’équivalent de près de 170 % de son produit intérieur brut (PIB), selon l’agence de notation Standard and Poor, ce qui est l’un des ratios de la dette les plus élevés au monde.

La livre libanaise a pour sa part perdu plus de la moitié de sa valeur, entraînant une chute de plus de la moitié de la valeur réelle des salaires pour ceux qui sont payés en livres, réduisant ainsi leur pouvoir d’achat dans un contexte de hausse des prix.

Al-Junaid a expliqué qu’une grande partie de la richesse des pays dans lesquels l’Iran compte des alliés s’était évaporée par suite des opérations de blanchiment d’argent dans toute la région et de la corruption financière pour aider le régime iranien à assurer la pérennité de son projet.

Ainsi, les revenus tirés de la vente de la contrebande de pétrole irakien, estimés à 14 milliards de dollars pour la seule période comprise entre 2006 et 2010, ont fini dans les poches du régime iranien,par l’intermédiaire de ses intermédiaires irakiens, a précisé al-Junaid.

Manifestations en Irak, en Syrie et au Liban

En Irak, les milices pro-iraniennes font que la situation économique continue de se détériorer dans un contexte d’effondrement mondial des prix du pétrole, la principale source de devises fortes de l’État, ont indiqué les observateurs.

« L’Iran considère l’Irak comme son poumon économique », a expliqué le spécialiste en stratégie militaire Hatem al-Falahi. « Il vend encore l’électricité et le gaz irakiens utilisés pour faire fonctionner ses centrales électriques à des prix supérieurs à leur prix effectif sur les marchés mondiaux.»

« Par le biais de ses intermédiaires, l’Iran exerce des pressions pour bloquer tout rapprochement de l’Irak avec d’autres pays de la région, comme l’Arabie saoudite, qui avait par le passé proposé d’aider Bagdad à surmonter ses pénuries d’électricité », a-t-il rappelé.

Les alliés de l’Iran en Irak cherchent à « perturber la production nationale et mettre à mal ses secteurs économiques, en particulier l’agriculture, pour ouvrir ces marchés aux marchandises iraniennes » pour atténuer l'impact des sanctions sur le régime, a-t-il expliqué à Diyaruna.

La corruption que pratiquent et encouragent les milices exacerbe les problèmes du chômage, de la pauvreté et de la fourniture des services publics, a ajouté al-Falahi.

Cela provoque la colère des Irakiens, qui ont organisé des manifestations pendant sept mois condamnant les actions de ces agents et les ingérences de l’Iran dans leurs affaires.

Ces manifestations en Irak, au Liban et en Syrie sont l’expression manifeste du mécontentement relatif aux activités du régime iranien et de ses alliés, a expliqué le journaliste syrien Ziyad al-Munjid.

Les alliés de l’Iran continueront à piller les ressources nationales de leurs pays pour financer leurs activités et soutenir les programmes de Téhéran, a-t-il déclaré à Diyaruna.

« Le peuple libanais traverse de graves difficultés financières et économiques en raison de l’implication du Hezbollah dans des activités qui détruisent l’économie locale, notamment en privant le pays de ses devises fortes en les achetant en livres libanaises et syriennes », a-t-il continué.

« Les milices irakiennes jouent un rôle similaire et sont un obstacle au redressement irakien et à l’utilisation de ses richesses pour se reconstruire, et il en va de même des groupes iraniens en Syrie et au Yémen », a déclaré al-Munjid.

L’économie iranienne s’effondre

Quant à l’Iran, son économie se détériore de jour en jour, ce qui a un impact majeur sur la vie quotidienne et pousse de plus en plus d’Iraniens à reprocher à leurs dirigeants leurs mauvaises conditions de vie.

Au milieu de nombreuses crises internes, la devise iranienne continue de se déprécier et a atteint ce mois-ci un record historiquement bas.

Le 20 mai, le taux de change avec le dollar s’établissait à près de 180 000 rials, signant une chute de 11 % au cours des deux derniers mois, a rapporté Radio Farda.

De plus, entre 2,8 millions et 6,4 millions de personnes devraient « s’ajouter périodiquement à la population au chômage » par suite de la pandémie de coronavirus, des mesures de quarantaine et de la politique du gouvernement, a indiqué récemment le Centre de recherche du parlement iranien.

Selon Mahmoud Jamsaz, un économiste proche du régime iranien, au moins 75 % des quelque 80 millions d’Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté, a rapporté Al-Arabiya le 30 avril.

« Le régime iranien semble indifférent à l’ampleur de la catastrophe qu’il impose à son peuple, et il continue avec ses partenaires à piller ses richesses pour faire fonctionner sa machine terroriste », a conclu al-Munjid.

Aimez-vous cet article?
0
0 COMMENTAIRE (S)
Politique Commentaire * INDIQUE CHAMP NÉCESSAIRE 1500 caractères restants (1500 MAX)