Religion

Aïd inhabituel à Idlib sur fond d’inquiétudes de sécurité et de santé

Waleed Abou al-Khair au Caire

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Une place publique dans la ville d’Idlib est remplie de gens ne respectant pas les directives de distanciation sociale destinées à empêcher la propagation du coronavirus pendant la fête de l’Aïd el-Fitr. [Photo fournie par le centre de presse d’Idlib]

Cette année, l’Aïd el-Fitr a été inhabituel dans la région d’Idlib, alors que la fête a coïncidé avec une situation sécuritaire incertaine, une vague massive de déplacements et une crise sanitaire, avec les restrictions qui en découlent, a déclaré un militant local.

Des milliers de déplacés internes (DI) ont participé à de grandes manifestations dans les premiers jours de la fête pour réclamer le droit de retourner dans les zones récemment reprises par le régime syrien, a déclaré le militant d’Idlib Mousab Assaf.

Les manifestants ont également réitéré leurs demandes initiales pour des réformes démocratiques, de plus grandes libertés et la fin de la corruption gouvernementale, qu’ils réclament depuis le soulèvement civil qui a marqué le conflit syrien, a-t-il rapporté à Diyaruna.

Les parcs d’attraction et les marchés ont ouvert leurs portes et ont été bondés, malgré les préoccupations dominantes concernant la pandémie du nouveau coronavirus (COVID-19) et les violations répétées du cessez-le-feu.

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Des enfants dans un parc d’attractions mobile à Idlib dans le cadre des célébrations de l’Aïd el-Fitr. [Photo fournie par le centre de presse d’Idlib]

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Les enfants d’un camp de déplacés à Idlib participent à une activité organisée par une organisation humanitaire pendant les vacances de l’Aïd el-Fitr. [Photo fournie par Violet Organisation]

« C’était une scène étrange, a raconté Assaf, surtout compte tenu de la crise du coronavirus et des mesures promues pour enrayer sa propagation, notamment l’interdiction des rassemblements et la fermeture des mosquées, des parcs et des restaurants. »

Bien que certaines organisations médicales et de secours opérant dans la région aient tenté de les en dissuader, a fait savoir Assaf, les gens ont afflué vers ces lieux.

Cela a fait craindre que le virus se répande plus largement dans la région pendant la période des vacances en raison de cette mixité sociale, a-t-il ajouté, et les travailleurs sanitaires ont mis en garde contre une possible détérioration des conditions sanitaires.

À cela s’ajoute le manque général de préparation pour lutter contre toute apparition du virus, a-t-il indiqué, notant que Tahrir al-Sham est pleinement responsable de cette situation puisqu’il contrôle la région et n’a pris aucune mesure de précaution.

Par ailleurs, dans les camps de déplacés proches de la ville d’Idlib, « des milliers de familles n’ont pas ressenti l’ambiance de fête à cause des conditions tragiques dans lesquelles elles vivent », a déclaré Assaf.

Pas de signes de festivité ou de joie sur les visages des enfants, a-t-il rapporté pour conclure, malgré les modestes tentatives de certaines familles et de certaines organisations pour créer une atmosphère de fête d’une manière ou d’une autre.

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