Transports

L’Irak envisage de rouvrir les aéroports dans les villes libérées de l’EIIS

Khalid al-Taie

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Les travaux de construction de l’Aéroport international de Kirkouk, vu sur cette photo postée le 1er octobre 2019, sont presque terminés, ont annoncé les autorités provinciales le 17 mai 2020. [Aéroport de Kirkouk]

Les autorités dans les villes irakiennes libérées de la tyrannie de « l’État islamique en Irak et en Syrie » (EIIS) travaillent à rouvrir les aéroports qui avaient été endommagés par la guerre ou à en construire de nouveaux.

Dans la province de l’Anbar, les autorités locales ont confirmé qu’elles en étaient au stade de l’ouverture des candidatures pour la construction de l’Aéroport international de l’Anbar.

La Commission d’investissement de l’Anbar a finalisé toutes les exigences nécessaires pour la construction de l’aéroport, qui sera situé dans la zone Kilo 35 dans l’ouest de Ramadi, a indiqué Mahdi Saleh al-Noman, le président de cette commission.

« Une superficie de 1300 hectares a été réservée pour la construction de l’aéroport », a-t-il précisé à Diyaruna le 17 mai. « Nous avons soigneusement choisi cet emplacement parce qu’il est proche de l’autoroute internationale et des lignes ferroviaires. »

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Les autorités locales de la province de l’Anbar discutent des mécanismes de lancement des travaux de construction de l’Aéroport international de l’Anbar sur cette photo publiée le 28 janvier 2020. [Photo fournie par le bureau de presse de la province de l’Anbar]

Au cours des 18 mois écoulés, la commission a surmonté tous les obstacles à la construction de cet aéroport, dont le plus important a été l’obtention des autorisations officielles auprès des autorités concernées et l’affectation et la réception du lot pour la construction, a-t-il expliqué.

« Après avoir surmonté les divers obstacles, nous avons donné le feu vert aux agences de consultants pour qu’elles formulent un plan initial et définissent l’étendue des travaux pour ce projet », a ajouté al-Noman. « Nous espérons que cette phase s’achèvera rapidement afin que nous puissions lancer le projet comme une opportunité d’investissement. »

Al-Noman s’attend à ce que la construction de l’aéroport débute d’ici la fin de l’année.

Cet aéroport sera utilisé pour les services de fret ainsi que pour les vols commerciaux, a-t-il poursuivi.

Une fois les travaux achevés, ce sera le premier aéroport de la province de l’Anbar, a continué al-Noman, précisant qu’il contribuera à favoriser le développement et à réduire le chômage.

Il présentera également l’avantage d'attirer les entreprises et les capitaux internationaux pour qu’ils investissent dans l’Anbar, au vu notamment de l’abondance des ressources naturelles comme le gaz naturel et les phosphates.

L’Anbar possède aussi un riche tissu industriel, notamment des cimenteries et des verreries, qui peut être développé, a ajouté al-Noman.

Décollage prochain pour l’aéroport de Mossoul

Dans la province de Ninive, les autorités locales ont confirmé que la reconstruction de l’aéroport de Mossoul, préalablement débarrassé de tous les explosifs grâce à un effort collaboratif entre des entreprises irakiennes et américaines, démarrera bientôt.

Cet aéroport avait été sérieusement endommagé durant la période où l’EIIS contrôlait Mossoul et lors des combats pour libérer la ville, a expliqué à Diyaruna Noureddine Qablan, directeur de l’Autorité d’investissement de Ninive.

Les terroristes avaient quitté l’aéroport non sans l’avoir truffé de mines et d’explosifs, a-t-il ajouté.

« Après les opérations de déminage, les autorités locales ont officiellement pris le contrôle de cet aéroport, et désormais, nous collaborons avec le gouvernement fédéral pour lancer les travaux de réhabilitation », a continué Qablan.

« Nous avons reçu deux offres de reconstruction qui ont été annoncées l’année dernière », a-t-il précisé. « La première par un consortium d'entreprises françaises qui prévoit d’accorder un prêt bonifié à l’Irak, la seconde de sociétés turques basée sur un investissement dans l’aéroport et l’exploitation de celui-ci. »

Bien que les autorités provinciales aient annoncé en juillet dernier qu’elles attribueraient ce contrat au consortium français, Qablan a précisé que « la décision n’est pas définitive » car elle requiert encore l’accord final du gouvernement central.

« En notre qualité d’autorité chargée de l’investissement, nous avons terminé l’ensemble des préparatifs techniques et logistiques pour lancer ce projet dès que possible et nous espérons qu’il favorisera le développement de notre province et fera oublier les effets du terrorisme », a-t-il indiqué.

Dernières phases de la construction de l’aéroport de Kirkouk

Pour leur part, les plans de construction de l’aéroport de Kirkouk « sont entrés dans leur dernière phase avec un taux d’achèvement de 98 % », selon Marwan al-Ani, directeur de l’office de presse de Kirkouk.

« Il ne reste plus que des travaux mineurs avant que l’aéroport puisse de nouveau fonctionner », a-t-il expliqué à Diyaruna le 17 mai.

En septembre 2018, les autorités irakiennes avaient dévoilé un plan destiné à transformer l’aéroport militaire de Kirkouk en un aéroport civil en lui ajoutant de nouvelles installations qui permettraient les opérations d’aviation commerciale et de fret aérien.

« L’ouverture de l’aéroport offrira un transport aérien à près de deux millions de personnes originaires de Kirkouk et à un nombre similaire venu des provinces voisines », a ajouté al-Ani.

Il a souligné en conclusion l’importance de ce projet pour l’amélioration des perspectives économiques et d’investissement dans la province de Kirkouk et l’aide au développement des zones affectées par le terrorisme.

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