Économie

Un projet de masques à Mossoul assure protection et emplois

Khalid al-Taie

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Des femmes de Mossoul cousent des masques dans un atelier de la ville. [Photo extraite de la page web de Yalla]

Un petit projet lancé au départ par une association à but non lucratif de Mossoul apporte aujourd’hui à la ville une aide double : il fabrique des masques pour ralentir la propagation du nouveau coronavirus (COVID-19) et il assure des emplois à près de 45 femmes à faible revenu.

Au complexe immobilier Good Deeds de la ville, un groupe de femmes cousent des masques dans un atelier mis en place par People of Hadbaa Relief and Development, une organisation locale qui vient en aide au segment le plus pauvre de la population.

Safaa al-Obaidi, la volontaire qui supervise cet atelier, a expliqué à Diyaruna que celui-ci apporte « une source principale de revenu à ces femmes pour soutenir leurs familles ».

Ce projet a pour ambition de combattre la pauvreté, tout en fournissant un environnement de travail sûr aux femmes qui ont besoin de soutien, a-t-elle indiqué.

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Des volontaires de l’association People of Hadbaa Relief and Development distribuent des masques gratuits aux familles de déplacés le 8 mai, dans un camp au sud de Mossoul. [Photo extraite de la page web de Yalla]

Face à la forte demande des individus comme des entreprises dans le contexte de crise sanitaire mondiale que nous traversons, « notre atelier fabrique des masques chirurgicaux », a-t-elle ajouté.

« Chaque femme fabrique 200 masques par jour », a-t-elle poursuivi, et l’atelier projette d’élargir sa production à la fabrication de vêtements médicaux de protection.

Cet atelier de couture est l’un des trois que l’association People of Hadbaa Relief and Development a ouverts il y a quelques mois pour fournir des emplois à des femmes, a expliqué la présidente de cette organisation, Ula Laith al-Othman.

« Ce projet a vu le jour avec la propagation du coronavirus », a-t-elle conté à Diyaruna. « Malgré des moyens disponibles limités, j’ai décidé d’ouvrir un petit atelier de couture de masques et d’offrir un travail à un petit nombre de femmes. »

Plans d’extension

Cette initiative a été bien perçue, a expliqué al-Othman, et une fois lancée, « d’autres se sont jointes à moi pour m’aider à étendre ce projet ».

« Nous avions débuté avec seulement quatre ouvrières et rapidement, nous avons ouvert trois ateliers qui emploient aujourd’hui 45 femmes », a-t-elle raconté.

Parmi ces ouvrières se trouvent des veuves et des femmes frappées par la pauvreté, ainsi que d’autres qui ont perdu leurs moyens de subsistance par suite de la pandémie, a poursuivi al-Othman.

« Les ateliers se spécialisent actuellement dans la fabrication de masques médicaux, et produisent près de 10 000 d’entre eux pour couvrir la demande locale », a-t-elle ajouté.

Des plans pour la fabrication de vêtements de protection sont dans les cartons, avec un objectif initial de production de 500 de ces vêtements par jour, a-t-elle ajouté.

« Ces masques sont vendus à des pharmacies et à des centres de vente de fournitures médicales au prix de 250 dinars irakiens (0,25 USD) », a-t-elle précisé.

« Certains des masques médicaux que nous fabriquons sont donnés aux hôpitaux et aux personnes déplacées qui vivent dans les camps, ainsi qu’au personnel de sécurité et aux nécessiteux », a-t-elle continué.

« Nous espérons que le gouvernement et les autorités locales pourront soutenir nos efforts et nous aideront à attirer plus de personnes sans emploi au travers de projets qui leur permettront de gagner de l’argent en utilisant leurs compétences », a-t-elle ajouté.

Prêts aux petites entreprises

La province de Ninive a pour priorité de traiter le problème du chômage et la pauvreté, a expliqué Mohammed Yahya Mohammed, directeur du bureau de Ninive au ministre du Travail et des Affaires sociales.

« Après la libération de notre province en 2017, le ministère a centré ses efforts sur la fourniture d'emplois aux personnes sans emploi par le biais de prêts destinés aux petites entreprises », a-t-il indiqué à Diyaruna.

À ce jour, le ministère a consenti des prêts pouvant atteindre huit millions de dinars irakiens (6 700 USD) à près de 1 100 demandeurs de la province de Ninive, a-t-il continué.

Ces demandeurs, hommes et femmes, sont enregistrés dans la base de données du ministère comme des personnes sans emploi qui espèrent lancer une petite entreprise, a-t-il indiqué.

Le ministère envisage d'étendre ces prêts à un plus grand nombre de demandeurs, notamment à la lumière de l'actuelle crise sanitaire, a-t-il poursuivi.

Il envisage de lancer un nouveau programme de prêt, le « Programme d'incubateur d'entreprises », qui apportera un capital de fonctionnement pouvant atteindre 20 millions de dinars irakiens (16 800 USD) à des entreprises axées sur le développement.

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